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Sam est en route vers l'indépendance dans la saison 3, si douce, d'Atypical

Plus attachante que jamais, la famille Gardner fait face à de nouveaux défis.

À l’image des manchots pour lesquels il se passionne, il est temps pour Sam, joué par Keir Gilchrist, de quitter le nid. Direction la fac, ses dortoirs, ses inconnu·e·s qui se pressent dans les couloirs, et ses règles bien plus souples qu’au lycée où chaque début et fin de cours était signalé par une sonnerie furibarde. Pour n’importe qui, ce changement de vie est un bouleversement aussi excitant que stressant, mais ça l’est encore plus pour Sam, pour qui les angoisses sont amplifiées et les challenges se logent dans les détails.

Il doit tantôt s’adapter à son environnement, tantôt c’est l’environnement qui essaye de s’adapter aux besoins spécifiques de Sam. On voit bien la détresse dans laquelle le place une salle de classe pleine de gens bruyants, qui se coupent la parole, tandis que la prof débite, vitesse grand V, des concepts d’éthique et de philosophie réclamant un certain degré de concentration. Bien sûr, il trouve des allié·e·s sur son chemin, comme le prof de dessin incarné par Eric McCormack.

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Ce dernier lui enseignera une leçon de taille : qu’est-ce qui fait l’essence d’un être vivant ? Sam se creusera longtemps la tête avec ce curieux concept. Il le transpose sur ce qu’il connaît le mieux : la vie des manchots. Tout ce cheminement intellectuel – qui le conduira à la conclusion que l’essence de ces animaux des contrées arides et glaciales tient à leur résilience face aux éléments – est passionnant à suivre. Des découvertes, il en fera plein durant cette saison 3 d’Atypical : sur sa relation à distance avec Paige – aussi excentrique qu’adorable, avec sa manière si dramatique de jouer avec son look –, ou son amitié avec Zahid, réduit à son rôle de "sidekick" un peu irritant, ou encore son désir de faire "comme tout le monde". 

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Mais le plus beau des apprentissages, et la plus touchante des storylines de cette saison, c’est à sa sœur Casey qu’on la doit. Voilà un personnage complexe, à la fois familier et unique, qui n’a pas fini de dévoiler ses aspérités et ses contradictions, et incarné par une Brigette Lundy-Paine qui volait déjà la vedette à tout le monde dès la saison 1. L’indomptable frangine a le boyfriend parfait en la personne d’Evan. Leur complicité crève l’écran. Mais Casey commence à éprouver des choses pour Izzie, son ancienne rivale, qui le lui rend bien. Des sentiments qui bourgeonnaient déjà en saison 2.

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La série ne prendra pas le chemin le plus convenu : plutôt que de servir purement l’intrigue, ce sont les personnages qui respirent et vivent cette relation qui vont faire de ce récit une belle épopée de la découverte de soi. Pour Casey, ce n’est pas tant sa sexualité qu’elle questionne, mais l’affection, différente mais pas moins forte, qu’elle porte à Izzie et à Evan. Elle aussi va apprendre à grandir, à moins ruer dans les brancards, et à exprimer clairement ce qu’elle ressent, surtout quand elle est blessée.

Si Atypical avait été critiquée, en saison 1, pour avoir donné le rôle d’un garçon autiste à un acteur neurotypique, et glisser parfois dans une représentation un poil clichée, force est de constater qu’elle a affiné son approche dans les deux saisons qui suivent. La troisième, dans la continuité de la précédente, reste douce, légère, drôle, hyper réconfortante, tout en montrant les challenges de la nouvelle vie de Sam.

Il m’a en tout cas semblé, de mon point de vue de non-concernée, que la série atteignait un niveau de justesse et de fait, une certaine sérénité relativement inédite face au sujet. Atypical existe aussi (surtout ?) grâce à tout le "support system" qui entoure son héros et dont l’intérêt s’étend bien au-delà de leur qualité d’aidants : ses parents, sa psy, et sa sœur, Casey, véritable diamant brut de la série.

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Les trois saisons d’Atypical sont disponibles sur Netflix.

Par Delphine Rivet, publié le 06/11/2019

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