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Curfew : Sean Bean s’embarque dans une Death Race en pleine apocalypse zombies

Quand Fast and Furious rencontre The Purge dans une course mortelle reliant Londres à l'Écosse.

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Sauf grande surprise ou caméo imprévu, Sean Bean ne reviendra pas dans la dernière saison de Game of Thrones. Pour autant, l’interprète de Ned Stark n’est pas du genre à chômer quand il s’agit d’enchaîner les projets sur le petit écran. Depuis son départ du blockbuster de HBO, l’acteur britannique est apparu dans les séries Missing, Legends, Wasted, Broken, The Frankenstein Chronicles, Les Médicis : Maîtres de Florence ou encore The Oath, la dernière production musclée signée 50 Cent.

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En 2019, Sean Bean restera fidèle au petit écran puisqu’on le retrouve ce mois-ci dans Curfew, une œuvre étrange entre dystopie totalitaire et course de survie sur grosses cylindrées. Dans cette série écrite par Matthew Read (Peaky Blinders), John Jackson (Trust) et Ben Hervey (Taboo), le gouvernement britannique est passé sous un régime autoritaire pour des raisons mystérieuses. Tous les soirs à la tombée de la nuit, des sirènes résonnent dans les rues londoniennes pour annoncer un couvre-feu obligatoire, signe annonciateur d’un danger proche qui va doucement mais sûrement dévoiler ses enjeux au cours du pilote.

Face à la répression violente instaurée par la police politique, qui n’hésite pas à tirer dans le tas quitte à blesser des civils plutôt qu’appréhender les criminels, de nombreux citoyens cherchent un moyen de s’évader, certains littéralement. Pour ce faire, une seule fenêtre de tir à ne pas rater : une course à la vie à la mort entre la capitale anglaise et l’Écosse, où seuls les plus rapides pourront survivre et espérer fonder une nouvelle vie loin des monstres qui rôdent et de ce gouvernement totalitaire.

English Nightmare

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Curfew est une bizarrerie visuelle qui fait dans le mélange des genres. Éclairages sombres et photo granuleuse, panoplie de gadgets futuristes, décors froids et industriels qui évoquent le Troisième Reich, scènes d’action intenses et sanglantes… L’univers de la série enferme le spectateur dans une bulle dystopique et lui fait éprouver deux sentiments très paradoxaux, entre une sensation d’ambitions inachevées dues à un budget restreint et l’impression d’être projeté dans un huis clos étouffant et vrombissant.

Heureusement, les scénaristes sont assez malins pour ne pas démarrer la course sur les chapeaux de roue. Ils préfèrent prendre leur temps pour poser les bases de leur univers tout en présentant une vaste palette de personnages et leurs enjeux : un mécano crapuleux bientôt père (Bean), une ambulancière qui décide de tout plaquer du jour au lendemain pour se faire la malle (Phoebe Fox), un paraplégique qui retrouve miraculeusement l’usage de ses jambes (Malachi Kirby) et un père de famille bien décidé à sauver ses enfants (Adrian Lester).

Plutôt bien écrits, ces derniers souffrent malheureusement de partitions inégales de la part de leurs interprètes et n’échappent pas à quelques gros clichés, dont une virilité exacerbée et des personnages féminins masculinisés. Reste que les amateurs de films de braquage et de voitures de course modifiées y trouveront leur compte, sachant qu’un soin particulier a été accordé à la sensation de vitesse dans les scènes d’action pied au plancher.

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Ce pitch à la croisée de Fast and Furious, Death Race et American Nightmare à la sauce british nous évoque l’une des meilleures pépites de 2017, la trop vite et injustement annulée Blood Drive de James Roland. Sauf que Curfew n’a pas le charme pulp et post-apocalyptique tarantinesque de celle-ci. Cela dit, la série de Sky One part dans une direction similaire, promettant de révéler sa mythologie futuriste intrigante (une île utopique, l’origine d’un virus ultracontagieux, des communautés de parias avec un pète au casque) au fur et à mesure des épisodes.

Car oui, en plus d’être une course contre la montre en pleine dystopie, Curfew est aussi une série pré-apocalyptique sur la naissance de… zombies ! Si on passe outre ce joyeux bordel des genres, il est possible de se prendre d’affection pour ce petit ovni qui va potentiellement se révéler décomplexé dans sa narration, son traitement de l’antihéros et ses séquences de bagnoles, complètement irréalistes mais assez jouissives à en croire le pilote.

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Si on arrive à faire fi de l’horrible générique d’introduction rétro, qui nous ramène aux pires heures des années 2000 et "Windows Movie Maker", la course de Curfew vaudra peut-être le détour. La fin du pilote place les conducteurs (et les spectateurs) dans les starting-blocks pour une envolée intense et sans concession de sept épisodes, qui peut très bien se prendre un mur dès le deuxième ou alors passer la ligne d’arrivée avec une fanfare d’applaudissements.

En France, les deux premiers épisodes de Curfew seront présentés au festival Séries Mania de Lille en mars prochain, dans le cadre des projections du Panorama International.

Par Adrien Delage, publié le 25/02/2019

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