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Humour barré et loseuses attachantes : Florida Girls est la relève de Broad City

Si le tandem Abbi/Ilana vous manque, donnez peut-être une chance à ce quatuor de nanas en galère made in Florida.

Si elles étaient pratiquement inexistantes le siècle dernier, les comédies créées par des femmes se démocratisent enfin depuis quelques années. Mieux vaut tard que jamais, on a envie de dire. Car si l’humour masculin semble avoir montré bon nombre de ses facettes, de la plus efficace (Michael Schur avec Parks and Recreation) à la plus crasse (South Park, exemple incontournable), son pendant féminin peine encore à avoir autant de succès auprès du grand public. Dieu merci, de franches réussites comme la récente Florida Girls contribuent à changer la donne.

Créée par Laura Chinn (ex-scénariste de The Mick, une comédie injustement boudée), Florida Girls trouve aisément sa place au rayon des "comédies de loseuses". Mais si, vous savez, ces séries comiques qui dépeignent des femmes en galère à bien des égards, un peu comme dans Girls de HBO ou encore la méconnue Mary + Jane produite par MTV. Ici, on suit quatre potes de longue date qui, après le déménagement d’une copine d’enfance tout juste diplômée, sont contraintes de revoir leur quotidien.

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Pour faire un topo assez rapide, la leadeuse du groupe semble être Shelby (incarnée par la créatrice de la série en personne), une jeune femme un peu influençable aspirant à une vie rangée mais qui se laisse un peu trop facilement entraîner par ses potes délurées. À ses côtés, on retrouve Kaitlin, qui cache pas mal de complexes derrière sa grande gueule, mais aussi Jayla, sugar baby en puissance, et enfin Erica, une cleptomane affirmée qui atterrit souvent dans des situations improbables. 

Diffusée à raison de deux épisodes par semaine tout au long de l’été, Florida Girls fait instantanément penser à une autre comédie qui s’est retirée de l’antenne il y a peu : Broad City. Les personnages féminins et l’amitié inébranlable qui les lie nous poussent à faire la comparaison. Mais dans un second temps, on prend conscience que le parallèle va encore plus loin.

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Comme dans Broad City, le quotidien de ces nanas est rythmé par des tribulations WTF résultant de l’envie de profiter de l’instant présent. Le message dans les deux séries est peu ou prou similaire : fume avant que la vie ne te fume. Et idéalement, fume de la bonne ganja, car Florida Girls, comme son aînée, est très drug friendly. Exemple ? Le deuxième épisode, où les meufs essayent d’aller dans un parc aquatique après avoir gobé un petit peu trop d’ecstasy.

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Comme la majorité des comédies de sa génération, Florida Girls a aussi des choses à dire sur la société états-unienne, et plus particulièrement à propos de la situation économique du pays. Bien qu’elles se complaisent en partie dans leur galère (l’idée de déterminisme social est tout de même bien présente en filigrane), les quatre potes ont des rêves – comme celui d’obtenir une bonne assurance maladie par exemple, qui se présente comme une douce critique du système en place.

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Mais la série ne se contente pas d’explorer le sujet de la pauvreté, puisqu’elle se frotte occasionnellement à d’autres thématiques, comme le sexisme ou la religion. Mais en plus de son propos et son humour gratiné (qui repose en grande partie sur des concours de circonstances), elle n’oublie pas de prendre son temps pour offrir un peu d’épaisseur à ses héroïnes. Le fin mot de l’histoire ? Broad City, c’était de la bonne came à laquelle on goûterait bien à nouveau, et Florida Girls a tout l’air d’un bon substitut qu’il faut tester illico.

La première saison de Florida Girls est diffusée sur la chaîne Pop TV aux États-Unis depuis le 10 juillet, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 16/07/2019

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