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En saison 2, Sabrina Spellman est plus que jamais en lutte contre l’ordre établi

L'apprentie sorcière n'est plus tout à fait la même depuis qu'elle a signé le Livre de la Bête, et ça fait du bien.

L’avantage quand Netflix commande une grosse cargaison d’épisodes d’une série en une seule fois, c’est que l’attente entre deux saisons s’en voit forcément raccourcie. C’est pourquoi on se retrouve, environ six mois après la sortie de sa fournée inaugurale, avec une saison 2 des Nouvelles Aventures de Sabrina à notre disposition. Et si la nouvelle teinte capillaire de Sabrina laissait présager l’arrivée d’une nouvelle ère, force est de constater que c’est bel et bien le cas à travers ces nouveaux épisodes.

Rembobinons jusqu’au dénouement de la première cuvée : notre apprentie sorcière tourmentée se voyait contrainte de signer son nom dans le Livre de la Bête, officialisant ainsi son allégeance à Satan pour le meilleur comme pour le pire. Depuis, Sabrina a délaissé les couloirs de Baxter High pour les décors un peu plus gothiques de l’académie des Arts invisibles.

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Et ça, c’est une excellente décision, puisque Sabrina peut ainsi changer les choses de l’intérieur. En saison 1, on a bien vu que l’Église de la Nuit n’était pas plus féministe que ça (remember le rite cannibale traumatisant lors du chapitre 7, "Feast of Feasts"). Et si l’on repérait une Sabrina Spellman déjà bien remontée contre les traditions familiales et religieuses, ce n’était rien face à sa version ragaillardie et sûre d’elle qu’on découvre lors de cette deuxième saison.

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Le ton est donné dès le premier épisode, intitulé "The Epiphany", où Sabrina apprend l’existence du statut de top boy, soit l’équivalent du représentant de tous les élèves. Un rôle qui, comme son nom le suggère très fortement, est habituellement attribué à un membre de la gent masculine. Mais ça, c’était avant que Sabrina s’en mêle. Dans sa ligne de mire, Père Blackwood et l’organisation patriarcale qu’il incarne depuis trop longtemps.

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Son audace ne s’arrête pas là. Jusqu’ici, Sabrina semblait penser que c’est en refusant de jurer fidélité à Satan qu’elle gagnerait en indépendance. Désormais, elle a des ambitions, comme celle de réclamer le poste du Père Blackwood et devenir ainsi la première Grande Prêtresse. Une aspiration partagée par sa tante Zelda, bien que de manière moins avouée. Cette dernière personnifie la génération précédente, habituée à obéir à l’ordre établi sans le questionner, tout en souhaitant inconsciemment que les choses évoluent.

Ce n’est pas nouveau, la figure de la sorcière est, dans son essence même, féministe. Néanmoins, le sous-texte entre les entreprises progressistes de Sabrina et la lutte des féministes aguerri·e·s contre le patriarcat n’aura jamais été aussi évident. C’est un féminisme "de base", nécessaire, qui se traduit aussi dans cette saison 2 par le rapport que les personnages entretiennent avec leur corps.

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Là où Sabrina refuse de céder sa virginité au nom d’une énième tradition de l’Église de la Nuit (après s’être tout de même interrogée sur ses désirs personnels), Susie affirme désormais sa volonté d’être finalement reconnue comme un garçon. Répondant au nom de Theo, il entreprend, un peu comme Sabrina, de modifier la perception que les autres ont de lui. C’est une évolution émouvante, un tantinet didactique mais primordiale pour toucher une cible peu sensibilisée à ces thèmes-là.

On continuera d’applaudir les relations fortes et inébranlables qui unissent les personnages féminins de la série, consolidées dans cette saison 2. Après sa rupture avec Sabrina, Harvey s’est doucement rapproché de Roz, sa meilleure amie. Dans un teen drama il y a quelques années en arrière, cela aurait été traité de manière bien cliché, les deux filles auraient été en lutte l’une contre l’autre et se seraient disputé l’affection du jeune homme. Ici, rien de tout ça. Roz parle calmement de sa relation florissante avec Harvey, ce à quoi Sabrina réagit avec beaucoup de bienveillance et de maturité. Le féminisme, en 2019, c’est aussi ça.

S’il y a bien quelque chose qu’on puisse reprocher aux Nouvelles Aventures de Sabrina, c’est tout de même son obscurité omniprésente, qui nécessite souvent de plisser les paupières pour entrevoir les détails d’une scène. Outre cette réalisation parfois handicapante (Roberto Aguirre-Sacasa, si tu nous lis), cette deuxième saison est aussi stellaire et convaincante que la première, voire un peu plus folle, nous offrant quelques séquences (littéralement) glaçantes. La suite, et vite.

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L’intégrale des Nouvelles Aventures de Sabrina est disponible dès maintenant sur Netflix.

Par Florian Ques, publié le 08/04/2019

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