Coup de cœur série digitale : vivez une gueule de bois apocalyptique dans Skal

Un very bad trip décalé sur votre smartphone.

La plateforme vidéo Blackpills a lancé son application mobile en Europe courant mai et compte une petite vingtaine de séries à ce jour. Skal, la dernière en date, devrait ravir les fans de Very Bad Trip et The Walking Dead. Coproduite par Rockzeline et Guérilla, la websérie franco-canadienne, sous la direction de Ben Cappelletti, est disponible sur la plateforme depuis peu et nous a déjà conquis avec cette première saison de huit épisodes.

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Le pitch de la série tient sur une note adhésive, mais sa mise en scène vaut le détour. Dans Skal, ("à votre santé", en danois), on suit la folle gueule de bois d’Arthur, un youtubeur à succès, qui vient d’atteindre les 3 millions d’abonnés. Forcément, cette réussite s’arrose et le jeune homme organise une énorme soirée avec ses deux colocs, Emma et Darren. Sauf qu’une panne de courant vient interrompre les festivités et là, c’est la panique pour notre jeune héros, qui va vivre son pire hangover.

Un cocktail réussi avec tous les ingrédients du survival

Arthur et ses potes n’étaient pas prêts à vivre ça, mais ils vont trinquer. Et pas dans le bon sens du terme. Filmée à la manière d’un jeu vidéo, Skal nous plonge dans la vie d’Arthur, une pseudo-star d’Internet qui aime en secret sa coloc, Emma. Sauf qu’elle fricote dans son dos avec son meilleur ami et agent, Darren, accessoirement le troisième colocataire. Ce n’est pas de bol pour cet ancien loser devenu roi du Web, qui nous apprend aussi comment il mène sa vie, à coups de vidéos délurées et de placements de produits, comme la boisson énergisante Skal.

Et si on en sait autant, c’est parce que le jeune youtubeur nous raconte les moindres détails de sa vie face caméra, non sans une teinte d’humour et d’ironie bien placée. Conscient qu’il joue dans une série, Arthur va casser tous les codes en se moquant des clichés du genre, comme lorsqu’il s’en prend aux scénaristes pour une sombre scène de pipi, ou pour l’utilisation abusive de secrets miteux en milieu de saison pour relancer l’intrigue.

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© Blackpills

Dès le premier épisode, la soirée de millennials se termine à l’aube après une panne de courant inopinée. À son réveil, Arthur a une petite fringale et se rend au supermarché du coin. Bien mal lui en a pris, puisque c’est là que les emmerdes commencent, avec un braquage sous haute tension. Intervient alors Frank, un flic à la recherche d’eau potable, qui manque depuis la panne de courant. Sauf que nous n’aurons pas le droit à une fusillade de malade, Arthur nous expliquant que les scénaristes sont en manque de tunes. Il préfère nous lire le script de la scène.

Le plus drôle est quand Arthur imagine le processus d’écriture d’une série et la writer’s room devient, pour lui, une banale conversation Skype avec un brainstorming sous weed de trois jeunes qui n’en ont rien à foutre tant qu’ils sont payés. À mourir de rire. Le monde a donc sombré dans une ambiance apocalyptique avec tempête de sable, mais sans zombies. Arthur va embarquer Frank et tous ses potes dans des péripéties rocambolesques afin de survivre, tout au long de ces huit épisodes où tous les clichés des séries de ce genre sont détournés, apportant un quatrième, voire cinquième degré à Skal.

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Entre relecture du scénario, avance rapide, retour en arrière, références à Massacre à la tronçonneuse et Matrix, Skal se moque des codes en exagérant les plans rapprochés pour les moments dramatiques, la musique digne de Twilight dans les moments romantiques et les ralentis pour les scènes héroïques. Avec de la baston, de la romance, de la tension et des giclées de sang, cette websérie réunit tous les ingrédients qu’il faut pour une bonne série de survival, le tout saupoudré d’un humour qui fait mouche.

Comme dans The Walking Dead, les morts-vivants en moins, notre petit groupe de survivants va en rencontrer d’autres, plus ou moins sympas et plus ou moins cannibales, menés par un vilain borgne. Mention spéciale à Steve, le relou coincé dans l’ascenseur que ce con d’Arthur a oublié. Skal s’ingurgite comme du petit-lait, sans alcool, et on se laisse porter par ce survival humoristique et décalé, rendant la gueule de bois plus épique que d’habitude. À consommer sans modération sur votre smartphone dans les transports en commun.

La websérie Skal est disponible en intégralité sur l’application Blackpills, en téléchargement gratuit sur iOS et Android.

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Par Mégane Choquet, publié le 19/07/2017

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