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Aussi cheap que son aînée, le spin-off de Pretty Little Liars est là

Il ne faudra pas miser sur The Perfectionists pour relever le niveau de la franchise PLL. What a surprise.

À tout·e·s celles et ceux qui pensaient que Pretty Little Liars avait enfin poussé son dernier soupir, c’était mal connaître l’industrie hollywoodienne. C’est bien connu, lorsqu’une œuvre cartonne, impossible de la laisser reposer en paix trop longtemps avant qu’elle ne soit rebootée ou déclinée en franchise. Constat avéré avec l’arrivée de The Perfectionists sur les ondes de Freeform aux États-Unis. Et, oui, rassurez-vous, la qualité scénaristique défaillante de PLL est bien au rendez-vous.

Zappez Rosewood et ses maisons à la Desperate Housewives, on est ici à Beacon Heights, plus précisément sur un campus universitaire huppé. C’est là que notre chère et tendre Alison DiLaurentis élit domicile, embauchée pour devenir professeure de littérature. Parce que pourquoi pas, après tout. Là, elle retrouve Mona, bossant elle aussi pour la fac locale.

En parallèle, cet épisode inaugural de The Perfectionists fait les présentations avec trois étudiant·e·s qu’Ali a tout de suite dans le viseur : Ava, une styliste en herbe très active sur YouTube, Dylan, un violoncelliste talentueux et ouvertement gay, et enfin Caitlin, dont on ne sait au final pas grand-chose après 40 minutes de visionnage terriblement laborieux.

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Ces trois-là ne sont pas potes mais s’avèrent lié·e·s par une seule et même personne, en l’occurrence Nolan Hotchkiss, le fils de la directrice de l’établissement. Nolan est riche, pas répugnant à regarder et a la confiance en lui que seul un mec hétéro blanc pété de thunes peut avoir. On doit de facto le détester (mission réussie sur ce point) mais tout de même s’inquiéter lorsque son corps est retrouvé empalé sur une grille du campus. Qui l’a tué ? Pourquoi ? Qu’a Ali à voir dans l’histoire ? Tant de questions dont on n’aura les réponses qu’après sept saisons, si l’on en croit la tradition établie par PLL. Triste vie.

Dès les origines du projet sur le papier, ça fleurait bon le pitch bancal au possible. Car The Perfectionists essaie d’être deux choses à la fois : une série dérivée de PLL centrée sur deux personnages appréciés des fans (Alison et Mona, au cas où ce ne serait pas évident) ainsi qu’une adaptation du roman éponyme de Sara Shepard, l’autrice à qui l’on doit les nombreux opus de Pretty Little Liars. Ce sont donc deux univers qui convergent ici, pour une fusion assez douteuse.

D’une part, il est assez frustrant de voir ce que The Perfectionists fait d’Ali et Mona. L’une était censée avoir droit à son happy end, occupée à filer le parfait amour avec Emily et leurs jumelles, tandis que l’autre résidait dans notre chère ville lumière, s’octroyant un nouveau départ. Qu’en est-il ici ? Absolument rien. Le spin-off de PLL nie presque les derniers événements de la série, sans doute car I. Marlene King, showrunneuse des deux shows, tient davantage au cachet de Freeform qu’à offrir une certaine cohérence narrative aux personnages qu’elle a créés.

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Mais bon, de toute façon, si Pretty Little Liars était une franchise avec une certaine intégrité et une réelle direction scénaristique, ça se saurait. En réalité, à bien d’autres égards, The Perfectionists fait honneur à son aînée, notamment avec une intrigue fil rouge d’ores et déjà capillotractée qui implique le retour d’un personnage d’entre les morts. Il y a aussi une trame de société secrète hyperconnectée qui épie les moindres recoins du campus. Autrement dit, c’est PLL sous stéroïdes qu’on tente de nous vendre. Quant à savoir si c’est une bonne ou mauvaise chose, libre à tout un chacun de décider.

Mais dans l’ensemble, The Perfectionists est assez médiocre. Le mystère a beau être implanté en un temps record, le fait est qu’on s’en contrefiche. La faute à des comédien·ne·s qui font le minimum syndical – ou qui sont tout simplement mal dirigé·e·s –, avec une mention spéciale pour Sofia Carson, aperçue dans les films The Descendants estampillés Disney Channel, qui brille par son habileté déconcertante à surjouer l’intégralité de ses scènes. Et elles sont tristement nombreuses.

Si l’on veut relativiser, on peut toujours se dire que The Perfectionists ne peut pas être pire que Ravenswood, l’autre spin-off pseudo-fantastique que la chaîne Freeform avait essayé de lancer en 2013, en vain. Néanmoins, la série reste un parfait désastre, en reprenant les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de Pretty Little Liars sans le charme de ses personnages centraux. C’est forcé, mal réalisé et bourré d’incohérences : en d’autres termes, celles et ceux qui ont défendu PLL bec et ongles pendant de trop longues années devraient être comblé·e·s.

The Perfectionists est diffusée depuis le 20 mars 2019 sur Freeform aux US, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 26/03/2019