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Tidelands : de la nudité, des drogues et des sirènes

Pour sa toute première production australienne, Netflix revisite le mythe des femmes-poissons, avec plus ou moins de succès. Attention, spoilers.

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Dans sa perspective de conquête mondiale, ce n’était qu’une question de temps avant que le géant du streaming ne vienne poser ses caméras en Australie. C’est désormais chose faite puisque Netflix vient d’inaugurer Tidelands, sa toute première fiction originale au pays des kangourous, disponible depuis le 14 décembre dernier dans son catalogue. Sauf qu’il n’y est pas question de kangourous, aussi étonnant que ça puisse être, mais bel et bien de sirènes. Ou, si on veut être plus précis, d’êtres hybrides mi-humains mi-sirènes. OK, on rembobine.

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Avec la ville portuaire fictive d’Orphelin Bay pour toile de fond, Tidelands s’intéresse à Cal McTeer, une jeune vingtenaire fraîchement sortie de taule, où elle y a passé une partie de sa jeunesse pour incendie volontaire. Mais ce retour à la liberté ne va durer qu’un temps avant qu’elle ne déchante, apprenant que sa bourgade natale abrite nombre de secrets et autres complots. À commencer par l’existence des Tidelanders, un peuple d’orphelins mi-humains mi-sirènes habitant sur l’île de L’Attente.

Ces derniers mois, les femmes-poissons semblent avoir à nouveau la cote dans la pop culture. La preuve avec Siren, teen show mi-figue mi-raisin, ou encore le long-métrage en live action de La Petite Sirène, dont Netflix a acquis les droits de diffusion dans notre Hexagone. Même la France prévoit de s’y mettre avec la série Une île, en chantier chez Arte. Mais est-ce que Tidelands réussit à réinventer le mythe de la sirène au bout du compte ? Plus ou moins.

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Soyons francs, les véritables sirènes, celles qui ont des queues de poisson et piègent les marins avec leur voix envoûtante, n’apparaissent pas avant le cinquième épisode. Jusque-là, on doit se contenter des fameux Tidelanders, ces êtres qui ont une apparence humaine mais possèdent des aptitudes propres aux sirènes. Ils peuvent ainsi respirer dans les profondeurs de l’océan ou bien contrôler l’eau. En ça, Tidelands s’efforce de renouveler le genre en y apportant son propre twist, façonnant ainsi une mythologie qui lui est propre.

Là où ça devient plus tendu, c’est quand la série explore d’autres genres. Car non, Tidelands n’est pas qu’une histoire fantastique sur des sirènes. Plusieurs intrigues secondaires viennent alors s’entrelacer, mettant en scène un trafic de drogues ou un drame familial. Parfois, ce cocktail détonnant fonctionne. D’autres fois, cela devient plus laborieux, précisément car toutes ces histoires entremêlées ne sont pas équilibrées et ne passionnent pas toutes autant.

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Très souvent, l’image de la sirène est associée à une vision érotique, ce qui est compréhensible étant donné que la créature use de ses charmes pour leurrer ses victimes. Du côté de Tidelands, question nudité, tout le monde, Tidelander ou non, semble s’être passé le mot. Hommes comme femmes, les membres du casting – qui, on ne va pas se mentir, ont tous des abdos bien huilés ou une poitrine avantageuse – enchaînent les scènes avec le minimum de vêtements possible. Au final, on ne sait trop que faire de Tidelands, dont la nudité gratuite est assez déconcertante et ne semble pas servir l’avancement d’un quelconque fil rouge.

En contrepartie, la série australienne se dote de personnages féminins forts, comme pour prouver gentiment qu’elles ne sont pas – ou, du moins, pas que – des morceaux de viande à exhiber. Cal, justement interprétée par Charlotte Best (Puberty Blues), est une héroïne badass pour qui il est facile de ressentir de l’empathie. En face d’elle, Elsa Pataky (Fast and Furious) incarne avec ce qu’il faut de mysticisme la fascinante Adrielle, leadeuse énigmatique des Tidelanders qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds par les hommes de son entourage.

Au bout du compte, il est difficile de déterminer si Tidelands est une bonne série ou non. La photographie balbutiante – des plans médiocres viennent discréditer d’autres autrement plus soignés et esthétiques – et le jeu des comédien·ne·s nous poussent à croire qu’elle n’est pas si excellente que ça. Pour autant, son intrigue et son univers se montrent plus convaincants, avec un côté échiquier impitoyable à la Game of Thrones qui sait comment nous garder en haleine. Le genre de série qu’on aime assez, mais pas de là à le crier sur tous les toits.

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La première saison de Tidelands est disponible dès maintenant sur Netflix.

Par Florian Ques, publié le 17/12/2018

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