Les 10 plus beaux génériques de séries en 2017

Drôle, élégant, sublime, mystique… Les séries redoublent d’originalité pour nous immerger dans leur univers dès les premières secondes d’un épisode à travers leur générique.

American Gods

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Contrairement aux usages récents qui placent le générique une dizaine de minutes après le début de l’épisode, celui-ci est la première chose que l’on voit en lançant American Gods. Ce point d’entrée dans cet univers si particulier se distingue par sa symbolique chargée, empilant les représentations de déités ancestrales et les effigies des nouvelles idoles qui les phagocytent. Sous les lumières néon et la musique électrique de Brian Reitzell, l’ascension de ce totem est un délicieux trip sous acides.

Big Little Lies

David E. Kelley ne pouvait trouver meilleure introduction à son bébé que ce générique atmosphérique et cinématographique. Les images envoûtantes nous transportent dès les premières notes de "Cold Little Heart" dans la Californie grisâtre de Big Little Lies. La caméra plonge dans l’intimité et l’innocence des habitants de Monterey, symbolisées par les grimaces des enfants, au cœur de l’intrigue.

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La tranquillité illusoire de ce générique ne fait que renforcer le malaise et la gravité des événements qui suivront dans la série, soulignés par les images subliminales qui traversent l’écran. Et bien évidemment, les femmes de Big Little Lies s’emparent de la conclusion, sublimes, gracieuses et surtout indépendantes, comme un avant-goût du final libérateur de la série.

Missions

Si la première saison de Missions n’est pas exempte de défauts, son générique, lui, est tout ce qu’il y a de plus stellaire. Plongés dans l’obscurité angoissante du vide intersidéral, nous partageons le temps d’une petite minute l’environnement des personnages de cette production bleu-blanc-rouge. Sur un tempo légèrement oppressant qui monte en crescendo, on part à la découverte de la planète rouge, ici merveilleusement bien représentée.

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Pour nous guider à travers ce périple interstellaire visuellement plaisant, un astronaute flotte dans cette vacuité générale avec une grâce qui nous pousse à ne pas détourner le regard. L’instant le plus esthétique de ce générique demeure tout de même les effets accordés au personnage, qui semble progressivement se décomposer en une infinité d’étoiles scintillantes. Brillant, dans tous les sens du terme.

Dark

Ce générique énigmatique capture à la perfection l’esprit torturé de cette série allemande, qui mélange adroitement les genres du thriller et du drama familial avec celui de la SF. Sur le son aussi fascinant qu’inquiétant d’Apparat, "Goodbye", défilent des plans dédoublés symétriquement, pour un effet miroir saisissant.

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Une forêt inquiétante, une trappe, des pigeons morts, un dispositif temporel complexe, des yeux d’enfants, des mains… Les motifs récurrents du show se succèdent dans une esthétique qui s’inspire du fameux test psychologique de Rorschach. Ce superbe générique symbolise le postulat de départ de la série : le temps n’est pas découpé de façon linéaire en passé, présent, futur. Tout est relié et peut se rejoindre. Il faudra pour cela trouver le passage.

Philip K. Dick’s Electric Dreams

Voilà un générique qui fait honneur à l’imaginaire fertile de Philip K. Dick, le légendaire auteur de science-fiction dont cette anthologie s’est inspirée. Chaque plan est aussi doux qu’angoissant. On y voit des créatures tapies dans l’ombre des ruelles de villes aseptisées, où des technologies futuristes se mêlent aux rêveries.

À la fin, on ne sait pas trop bien à quoi on vient d’assister, mais une chose est sûre, c’est que notre curiosité est piquée sans, pour autant, qu’on n’ait eu le moindre indice sur ce que contiennent les épisodes. Un parti pris risqué, mais payant.

Godless

Une locomotive à vapeur, un cobra, des colts, les Buffalo Soldiers… Le générique de Godless ne se trompe pas dans son message : bienvenue dans un western américain où les hors-la-loi sèment la terreur. Cette séquence d’une minute composée d’images granuleuses et ensanglantées souligne la violence de la série. Elle met aussi en exergue la place prépondérante des femmes de La Belle, bien décidées à se défendre contre les troupes de Frank Griffin sans un soutien masculin – et donc en brisant les clichés du genre.

Pour accentuer la narration en slow burner du show, le compositeur Carlos Rafael Rivera (Balades entre les tombes) a opté pour des cordes lancinantes qui évoquent irrémédiablement le grand Ouest américain. Elles s’emballent petit à petit comme pour souligner le danger qui se rapproche de La Belle, où Frank Griffin et Roy Goode devront définitivement régler leurs comptes.

Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire

Il répond parfaitement à tous les critères d’un bon générique, avec une once de malice en plus. L’entrée en matière des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire est un condensé de ce qui nous attend dans la saison et évolue même au fil des épisodes.

Il retrace point par point les machinations imaginées par l’affreux comte Olaf et les déconvenues rencontrées par ces pauvres enfants, dans un style rétro savamment dosé. Pour couronner le tout, on vous met au défi de ne pas fredonner, tout le reste de la journée, l’entêtante chanson qui l’accompagne, interprétée par Neil Patrick Harris !

Marvel’s Runaways

Marvel's Runaways Main Title from Imaginary Forces on Vimeo.

Tranquillement débarquée il y a plusieurs semaines outre-Atlantique, Marvel’s Runaways met toutes les chances de son côté pour donner du fil à retordre aux justiciers de l’écurie Marvel chez Netflix. La concurrence est rude, à commencer d’entrée de jeu par ce générique hypersoigné et captivant. Celui-ci est composé de plans successifs représentant la tant idéalisée côte californienne, comme le prouve la présence de palmiers et des collines qui cernent la Cité des anges.

Sans pour autant inclure les faciès de ses personnages principaux, ces crédits d’ouverture suggèrent efficacement leur environnement grâce à quelques éléments lourds de sens disséminés çà et là, de la bouée gonflable en forme de dinosaure à l’ombre d’un sceptre projetée sur un mur de crépi. Le tout est rendu particulièrement esthétique avec un filtre Instagram omniprésent et des bokeh venant squatter l’écran à de multiples reprises.

Taboo

Taboo s’ouvre comme un conte noir et tragique qu’aurait pu écrire Charles Dickens, contrasté par les douces notes de la boîte à musique. Pourtant, tout ce qui se passe à l’écran est glauque au possible. Des cadavres flottent dans une eau goudronneuse à peine éclairée qui englobe tout l’écran. Une immersion qui représente à merveille la Londres boueuse et crasseuse du milieu du XIXe siècle, dans laquelle James Delaney met au point son plan pour préserver l’héritage de son père.

Le générique de la série est une sorte de valse funèbre, prémices de la bestialité et de la cruauté dont fait preuve l’antihéros campé par Tom Hardy. Il apporte également un aspect esthétique et mystique à l’œuvre, qui oscille entre incantations vaudoues, pulsions humaines transgressées et annihilation de toute forme d’espoir.

The Son

Si le western The Son n’a pas l’esthétique et le récit épique de Godless, son générique vaut le coup d’œil. La nouvelle série d’AMC portée par Pierce Brosnan raconte l’histoire d’un magnat du pétrole sur deux temporalités différentes. C’est pour cette raison que l’introduction consiste en une grande fresque pastorale déroulée sans interruption, qui retrace la vie du personnage principal, Eli McCullough.

De son enlèvement par les Comanches jusqu’à sa première exploitation pétrolière, le cow-boy nous présente en quelques secondes son parcours hors du commun et mouvementé. Derrière l’apparente réussite de sa carrière, le ciel est pourtant assombri, comme si une tempête se préparait à frapper. Son passé et son présent entrent en collision pour mieux souligner la rythmique narrative du récit, symbole de l’histoire tragique de la dynastie des McCullough.

Un article coécrit par Adrien Delage, Delphine Rivet, Florian Ques et Marion Olité.

Par Adrien Delage, publié le 14/12/2017

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