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On a parlé de 13 Reasons Why avec Jay Asher, auteur du roman qui a inspiré la série

C’était l’occasion de parler d’Hannah Baker, de l’implication de Selena Gomez mais aussi de son nouveau bouquin, What Light.

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Le 31 mars 2017, Netflix se propulsait dans le game des teen dramas avec la très remarquée 13 Reasons Why. La série raconte l’histoire d’Hanna Baker, une adolescente qui met fin à ses jours après avoir fait parvenir des cassettes audio à treize personnes l’ayant poussée, chacune à un degré différent, à commettre l’irréparable. Dès sa sortie, le show a engendré un sacré ramdam médiatique, faisant parler d’elle en bien comme en mal, mais embarquant tout le monde dans son sillage. Le temps d’un café, nous avons pu échanger quelques mots avec Jay Asher, l’auteur du roman qui a inspiré le carton de la plateforme de streaming. Retour sur un succès aussi retentissant qu’inattendu.

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Biiinge | 13 Reasons Why a été un véritable hit. Vous vous y attendiez ?

Jay Asher | Non, vraiment pas. C’est marrant parce que quand j’ai trouvé l’idée pour le bouquin, je me suis dit que ça allait rester un livre parmi tant d’autres. Honnêtement, je ne pensais pas que les gens allaient s’y attacher donc c’était une grosse surprise quand ça a décollé. Mais c’est un peu doux-amer parce qu’en tant qu’auteur, vous avez envie que beaucoup de gens lisent vos écrits. Cela dit, je pense que, si tant de personnes ont accroché avec mon roman, c’est parce qu’il traitait de sujets qu’on a habituellement du mal à aborder. Si le monde faisait un meilleur boulot à ce niveau-là, mon livre n’aurait plus d’utilité.

Pour la série, comment tout s’est déroulé ? Netflix vous a démarché ?

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Il y a sept ans environ, je crois, Selena Gomez m’a contacté. J’avais déjà eu beaucoup d’intérêt de la part d’autres producteurs à Hollywood et je les rencontrais. C’était toujours excitant et tentant de leur dire oui, mais c’était une histoire tellement personnelle pour moi que je ne voulais pas la confier à n’importe qui. Selena l’a bien compris, donc je lui ai dit oui. On l’a d’abord vendu comme un film et un scénario a été écrit. Il était bien mais c’était si compliqué de condenser treize histoires en seulement deux heures. Au final, ça n’a pas abouti. Avec Netflix, c’était comme une évidence.

Il y a beaucoup de différences entre le livre et la série. Dans le roman, on ne suit pas les gens mentionnés dans les cassettes. On ne sait rien de leur vie privée.

Oui, j’ai trouvé ça excitant parce que c’est exactement ce que j’avais en tête et c’est ce que je voulais faire à la base dans le livre. L’histoire aurait dû se dérouler pendant plusieurs jours afin qu’on ait davantage d’interactions entre Clay et les autres personnages. J’ai finalement décidé pour le bouquin que je voulais que ça soit plus intime. Vous avez ses mots à elle et ses pensées à lui. Quand j’ai appris qu’ils comptaient étendre l’univers dans la série, j’étais enthousiaste car c’était l’autre manière de raconter cette histoire et j’y avais pensé.

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Ça permet d’approfondir les personnages.

Je pense que ça souligne ce que je disais dans l’histoire, soit le fait qu’on ne sait jamais vraiment ce qu’une autre personne traverse. Hannah partage son point de vue en faisant remarquer à tout le monde tout ce qui se passait autour d’elle. Dans la série, on peut se rendre compte que les autres personnages doivent gérer plusieurs choses de leur côté et ça nous aide à comprendre pourquoi ils ont pu agir comme ça avec elle.

Beaucoup de gens ont été frustrés par Clay, car il n’écoutait pas les cassettes assez rapidement.

C’est drôle parce que dans le bouquin, il écoute les cassettes en une soirée. Et sur Netflix, là où tout le monde fait du binge-watching, il ne binge pas les cassettes. [Rires.] Il veut écouter mais il a quand même peur de ce qu’il va entendre. Ça peut se comprendre. Quand j’avais pensé au bouquin à la base, ça allait être la raison derrière sa lenteur. Si j’étais à sa place en tout cas, je ne pourrais pas m’empêcher de tout écouter d’une traite.

À quel point avez-vous été impliqué dans le casting ?

Pas tant que ça, puisque je ne voulais pas vraiment être impliqué. Ils m’ont proposé et ça avait l’air très fun. Je savais que si je me rendais aux auditions, j’allais forcément avoir un avis à donner. Mais ce n’est pas mon job, je n’ai jamais fait ça. Et si je me plantais totalement ? Je ne voulais vraiment pas me tromper. Ce qui est intéressant par contre, c’est qu’ils ont choisi Dylan Minnette pour incarner Clay et c’était aussi mon premier choix. Je l’avais déjà vu dans d’autres trucs et je n’arrivais pas à envisager qui que ce soit d’autre pour le rôle. Je ne leur ai rien dit, et ils l’ont quand même casté. C’était bon signe, ça montrait qu’on était sur la même longueur d’onde.

Vous êtes satisfait de tous les acteurs qui ont été choisis ?

Oui, absolument. Quand j’écris, et vous pouvez le remarquer dans le bouquin, je ne décris jamais l’apparence physique des personnages. Donc dans ma tête, je n’avais pas vraiment d’idée préconçue de ce à quoi ils devaient ressembler. C’était quand même bizarre la première fois que je les ai tous rencontrés parce qu’ils se sont présentés avec leur nom ainsi que celui de leur personnage.

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Plusieurs écoles voulaient encourager leurs élèves à ne pas regarder la série parce qu’elle abordait des sujets sensibles. Qu’en pensez-vous ?

J’avais déjà eu ce genre de retours avec le bouquin. Aucune des réactions qu’on a eues avec la série, qu’elles soient positives ou négatives, ne m’a surpris parce que j’ai déjà vécu ça avec le livre. J’entends beaucoup de la bouche de lecteurs potentiels qu’ils veulent lire 13 Reasons Why mais ne savent pas s’ils sont prêts pour des raisons personnelles. Et je pense que c’est une bonne décision. Ne me lisez pas ou ne regardez pas la série si vous ne pensez pas être prêts. Les gens ont, en général, un bon sens de l’autocensure. J’ai aussi eu des retours incroyables de personnes suicidaires, donc ça me frustre de voir que certains veulent leur enlever ça.

Certaines personnes n’ont pas été très heureuses d’apprendre qu’il y allait avoir une saison 2, principalement parce que l’histoire d’Hannah était enfin bouclée.

J’ai aussi entendu ça, oui, mais je ne l’ai jamais vu de cette façon. Je pense qu’on peut explorer d’autres histoires sans pour autant discréditer celle d’Hannah. Et parce qu’elle est toujours aussi présente en saison 2, on se souviendra toujours que tout a commencé avec son histoire.

Vous avez un nouveau bouquin, What Light, avec le même thème récurrent des rumeurs et de la réputation. Pourquoi ces thèmes-là en particulier ?

C’est marrant parce que j’ai eu l’idée pour What Light longtemps avant 13 Reasons Why, mais je voulais que ce soit plus qu’une simple histoire d’amour traditionnelle sans pouvoir trouver ce qui ferait la différence. Je prends souvent la parole dans des écoles à propos de 13 Reasons Why et bon nombre d’élèves me parlent des rumeurs, de leur réputation. J’ai parlé à tellement d’ados qui me disent comment ils étaient par le passé et à quel point ils sont heureux d’avoir changé. J’ai entendu ça tant de fois que c’était naturel de l’incorporer dans le roman.

Si vous pouviez adapter votre nouveau roman en film ou en série, vous seriez partant ?

On planche actuellement sur une adaptation en film, mais c’est vraiment au tout début. Je ne pense pas qu’il y ait suffisamment de matière pour en faire une série.

Par Florian Ques, publié le 11/12/2017

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