5 séries digitales qui nous ont fait craquer pendant le festival Séries Mania

Des mineurs en cavale, une famille australienne complètement dysfonctionnelle et un chauffeur Uber au bout de sa vie : retour sur ces formats courts à ne pas rater.

À chaque nouvelle édition, Séries Mania nous prend de court (littéralement, pour le coup) avec des séries digitales jamais très longues mais toujours étonnantes. Le cru 2018 ne déroge pas à la règle, avec pas moins de 17 fictions à découvrir dans le cadre du festival, dont la moitié en compétition dans l’espoir de décrocher une récompense. Parce que vous n’avez peut-être pas de temps à perdre, on a pris la liberté de concocter une sélection concise mais efficace de nos coups de cœur.

First Love (France-USA)

© Blackpills/CG Cinema

Publicité

Prochainement dispo sur l’application gratuite Blackpills, First Love est une fiction qui n’a pas froid aux yeux, saisissant à bras-le-corps l’un des plus grands tabous de notre société occidentale : non pas l’inceste, mais la pédophilie, et ce en prenant le parti de la dépeindre dans ses prémices. Dans la bourgade californienne d’Ashfield, une idylle secrète éclôt entre Zach, 17 ans, qui a donc atteint la majorité sexuelle, et Mercedes, tout juste 12 ans. Avec une intrigue segmentée en deux temps, alternant entre la naissance de leur relation et des scènes au tribunal, cette série digitale franco-américaine a tout d’un sans-faute. Délicate et complexe, soignée et vertigineuse, First Love est, pour nous, le must-see de cette compétition.

Oslo Zoo (Norvège)

© NRK

Assurément surdiplômé pour son domaine professionnel, Amir, la trentaine, galère à se dégoter un job où il peut faire usage de son expertise. Avec un compte en banque à sec, cumulant les dettes auprès de sa petite amie qui en a ras le bol de sa situation précaire, il se retrouve face au mur. En mentant à son entourage, Amir est contraint de devenir chauffeur Uber pour se faire des thunes. Tout droit venue de Scandinavie, Oslo Zoo possède ce petit côté intimiste qu’on a pu jusqu’ici découvrir dans des dramédies à la Master of None. Les tribulations d’Amir, douces-amères et parfois absurdes, donnent envie d’en voir davantage.

Publicité

Fucking Adelaide (Australie)

© Closer Productions

Les familles un peu déglinguées qui ont des soucis pour communiquer, on connaît, surtout grâce aux productions américaines. Cette fois-ci, on se tourne vers le pays des kangourous avec Fucking Adelaide, un drame qui tend surtout vers la comédie loufoque. Éparpillés sur le continent australien, les membres d’une fratrie sont forcés de revenir au bercail lorsque leur mère annonce sa volonté de vendre la baraque dans laquelle ils ont grandi. Racontée à travers les différents points de vue de cette famille dysfonctionnelle, Fucking Adelaide a ce grain de folie qui fait son petit effet dès les premières minutes.

Red Creek (France)

© Studio+

Publicité

Héroïne tourmentée et marginale comme on les aime, Marlène a délaissé sa France natale pour la froideur du territoire canadien. Sa carrière dans les rangs de la police derrière elle, cette jeune femme indéchiffrable se fascine d’un fait divers local : Elise Coxx, lycéenne, est portée disparue. Très vite, Marlène décide de mener sa propre investigation. De prime abord un thriller classique à souhait, Red Creek prend rapidement de sacrés virages, variant les genres et les plaisirs. Évoquant tantôt Twin Peaks par son côté ésotérique, tantôt Fargo pour son intrigue enneigée, cette série de Studio+ est une bonne surprise.

Hit and Run (Allemagne)

© Lüthje Schneider Hörl Film

Ivres et défoncés à la weed, Zoe et ses potes attendent le train qui les conduira jusqu’à une grosse fête pour clubber toute la nuit. Comprenant que les transports sont bloqués, Zoe décide d’emprunter la voiture de son daron pour se rendre à bon port, sans se soucier du fait qu’elle n’a pas de permis de conduire. L’inévitable advient : ils ont un accident de la route qui défonce le véhicule, et leur amitié par la même occasion. Filmée de façon intimiste, Hit and Run met en lumière la fragilité des relations et dépeint l’âge ingrat dans toute sa non-splendeur. Troublante et réaliste, cette série allemande nous a mis l’eau à la bouche.

Publicité

Par Florian Ques, publié le 04/05/2018

Copié

Pour vous :