American Horror Story, saison quatre : un retour foudroyant

Le premier épisode de l'horrifique série American Horror Story opère un retour aux sources de l'étrange. Sur le petit écran.

American Horror Story

La femme à deux têtes, personnage central du premier épisode de la nouvelle saison d'American Horror Story (Crédit Image : FX)

La première séquence est matinale. Nous sommes au début des années 50 en Floride, près de la petite ville côtière de Jupiter. Un laitier arrête sa voiture devant une maison d'époque. Voyant que les bouteilles qu'il avait placées la veille attendent toujours devant la porte, il entre dans la maison, à la recherche d'une réponse. Un violon strident, un piano qui grince, la suite est du American Horror Story tout craché, soit un mélange entre horreur et histoires fantastiques, cris d'effroi et sang.

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Après trois saisons qui ont entrainé le spectateur d'une maison hantée à un couvent de sorcières à la Nouvelle-Orléans en passant par un asile, il semblerait que la chaîne FX ait enfin trouvé un lieu propice à à développer son goût pour l'étrangeté, celui qui verra ses protagonistes récurrents poser enfin leurs bagages.

Nomades au cours des trois premières saisons, Jessica Lange et sa troupe ont mis la main sur un nouveau terrain appelé freak show. Il y a la femme à barbe, la plus petite femme au monde, un homme aux doigts étrangement configurés, un autre aux bras en forme de nageoires et cette femme à deux têtes, deux coeurs, trois reins, deux pensées, quatre poumons avec un système circulatoire commun.

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Des freak qui inspirent

Si l'on connaissait la série pour sa propension à figurer l'horreur totale, le freak show vient ici rendre hommage, dans toute sa splendeur et sa décadence, à ceux qui ne rentrent pas dans la normalité.

Il n'en fallait pas plus pour les créateurs de mélanger avec doigté horreur et sentiments, appelant autant le Zodiac de David Fincher (la déjà fameuse scène du clown qui s'en prend à un couple pique-niquant) que les notes parfaites de David Bowie de "Life on Mars ?" chantées par une Jessica Lange illuminée par ses "monstres". Comme si Glee s'était transformé le temps d'Halloween.

Le premier épisode nous happe dans un monde dont l'intérêt même est d'être étrange. On est en symbiose avec les pensées de la femme à deux têtes :

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Je savais que j'allais entrer en enfer. Mais telle l'inamovible gravité terrestre, il n'y avait rien que je puisse.

Et si les créateurs d'American Horror Story avaient enfin réussi leur pari d'insérer avec brio les fantômes, psychopathes, timbrés, marginaux, possédés, rêveurs et handicapés sur le petit écran ? Près de dix ans après la géniale série HBO La Caravane de l'étrange (2003-2005), on est à deux doigts (palmés) de le croire. Ah oui, dernière chose : on vous conseille de poser votre valise. American Horror Story vient tout juste d'être renouvelé pour une cinquième saison.

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Par Louis Lepron, publié le 14/10/2014

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