American Horror Story : les secrets de fabrication de l'Hôtel Cortez

Véritable personnage à part entière, l'Hôtel Cortez intrigue, éblouit et glace le sang : le production designer Mark Worthington nous fait le tour du propriétaire.

À chaque nouvelle saison, American Horror Story transcende le lieu de l'intrigue en lui donnant une âme. Qu'il soit une majestueuse maison, un asile, une demeure de sorcières, un cirque itinérant ou un hôtel, le décor est un personnage à part entière de l'univers de la série signée Ryan Murphy et Brad Falchuck. Mettre un pied dans l'Hotel Cortez, c'est entrer dans le ventre de la bête.

Mark Worthington, production designer qui travaille sur American Horror Story depuis le début, a accordé une visite privilégiée au site Vulture.

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La façade

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À chaque nouveau chapitre d'American Horror Story, Ryan Murphy lui expose la direction générale de l'intrigue et le style visuel recherché. Pour cette saison 5, le showrunner voulait un hôtel qui a connu son heure de gloire dans les années 20, mais qui est peu à peu tombé en disgrâce. Worthington a immédiatement pensé au courant Art Déco, aussi beau qu'inquiétant.

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Si l'intrigue s'est inspirée du Cecil Hotel, un établissement à la réputation plutôt glauque, la façade est celle de l'Oviatt Building situé à Los Angeles.

Un espace hors du temps

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AMERICAN HORROR STORY -- Pictured: Hotel Set. CR: Ellen J. Brill/FX

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Le style Art Déco n'est pas le seul à perturber nos sens. On la ressent l'intemporalité du lieu dès l'entrée, dans le lobby. "C'est un espace hors du temps. C'est encore relativement intact et pourtant, vous avez l'impression d'un saut dans le passé" raconte Mark Worthington. L'absence de fenêtre contribue à cette perte de repères.

La grille ornée en arrière-plan représente Hernan Cortès, le conquistador qui a donné son nom à l'hôtel. "Le soleil se lève au-dessus de lui et les rais de lumière s'étendent jusqu'au plafond", témoignage de la civilisation aztèque et de ses sacrifices humains.

La Comtesse et son domaine

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Si l'hôtel tout entier est le terrain de jeu de la Comtesse, incarnée par Lady Gaga, le penthouse est son boudoir. Un refuge que Ryan Murphy a rebaptisé la "sex room". Tout en conservant une unité de style avec l'Art Déco, Worthington a souhaité injecter des touches de modernité dans cette antre de la débauche.

"On ne voulait pas qu'elle soit figée dans le temps, comme peut l'être l'hôtel". Plus dépouillés que le reste des pièces, les appartements de la Comtesse jouent avec les surfaces miroitantes. Paradoxe pour cette reine des ténèbres qui vit la nuit, Worthington a voulu apporter une certaine clarté à l'ensemble.

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La pièce maîtresse de la chambre est bien sûr le lit, de forme ronde. Le reste de l'hôtel s'illustre par des formes angulaires, mais la Comtesse a inspiré à Worthington des éléments plus en rondeur.

The Tetris Room of Death

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Dans cette saison d'American Horror Story, la Comtesse enlève des enfants pour créer sa réserve de sang neuf. Les bambins, que l'on croirait tout droit sortis du Village des Damnés, ont même leur propre salle de jeux, éclairée aux néons. Officiellement, il s'agit d'une nurserie.

"Elle a été pensée à mi-chemin entre Willy Wonka et Orange Mécanique" explique Worthington. Là encore, les tonalités sont très différentes du reste de l'hôtel, même si les jeux vidéos, devenus des œuvres d'art accrochées aux murs, sont tout à fait vintage.

Le dédale de couloirs

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Si le lobby est le ventre de la bête, les couloirs en constituent ses artères. Un labyrinthe de portes où le visiteur se perd, sans espoir de trouver un jour la sortie. Pour filmer ces pauvres âmes en peine qui tentent d'échapper à leur sort, et donner l'impression d'un dédale sans fin, Mark Worthington a fait construire un couloir, non pas en cercle, mais en rectangle.

Le résultat maintient l'illusion que l'on peut y courir encore et encore. Le production designer avoue, non sans une certaine satisfaction, que même Ryan Murphy peine à trouver la sortie quand il visite le plateau.

Crédits photo et croquis : ©Mark Worthington / Vulture / FX

Par Delphine Rivet, publié le 11/11/2015

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