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En écoute : la bande-son éclectique et dépaysante de Skam

Alliant des morceaux cultes des décennies révolues à des titres plus contemporains, le teen show nordique est parvenu à se forger sa propre identité musicale.

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Avec ses quatre saisons au compteur (et pas une de plus), Skam est sans aucun doute la série pour ados la plus crédible du moment, mais aussi la plus bouleversante. Il y a de grandes chances pour que chaque nouvel épisode nous fasse esquisser un sourire béat, voire nous amène à glousser comme une pucelle en mal d’amour. Les vrais savent. Des personnages creusés, des intrigues vraisemblables et une esthétique apaisante ont permis à la série scandinave de générer un tel impact. Mais pas que.

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Les saisons de Skam sont magnifiées grâce à une bande originale judicieusement pensée, chaque morceau incorporé contribuant à l’atmosphère si spéciale du show. Concrètement, la série est parvenue à se façonner une véritable personnalité musicale en relevant le défi d’allier tous les genres possibles. En effet, sa bande-son est aussi éclectique que les tempéraments des lycéens de Hartvig Nissen. On peut y retrouver aussi bien du Lil Wayne que du Skrillex en passant par du Fergie.

Skam sait varier les genres et les époques, capable d’associer dans un seul et même épisode le classique "Blue Monday" de New Order avec un titre assurément pop d’Adele. La bande originale du show franchit même les frontières géographiques, n’hésitant pas à venir dans notre Hexagone pour emprunter le très kitsch "Je veux te voir" de Yelle. Chaque chanson présente semble triée sur le volet et colle à l’ambiance générale de l’œuvre : qu’on se le dise, le premier date de Noora et William n’aurait pas eu la même saveur sans la voix languissante de The Weeknd pour "The Hills" en fond sonore.

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Rappelons le modèle de diffusion de Skam une minute. Tout au long d’une semaine, des clips vidéo de durée variable sont mis en ligne sur le site de la chaîne NRK3. Chacun de ces extraits correspond à des moments dans la vie des personnages et est diffusé en temps réel, comme pour donner l’illusion que ce qui arrive à Noora, Sana et les autres n’est pas fictif. Le choix des musiques de la série est en totale adéquation avec cette volonté d’ancrer Skam dans la réalité. En mobilisant des morceaux plus mainstream ou des artistes en vogue lors de la sortie de l’épisode, le show prolonge cette idée d’hyperréalisme, brouillant la limite avec la fiction.

Au-delà de tout ça, la série joue la carte du patriotisme en proposant des titres made in Norvège, faisant ainsi découvrir à sa fanbase internationale des artistes locaux. Probablement par dépaysement, ces morceaux en norvégien sont encore plus marquants dans le sens où nous ne les avons jamais entendus ailleurs et il est ainsi possible de les rattacher à des moments clés du programme. On pense alors inévitablement à "5 Fine Frøkner" lors du rapprochement pesant entre Even et Isak dans la cuisine de ce dernier. Un passage mémorable, qu’on identifie forcément à la chanson de Gabrielle.

Pour son clap de fin, l’import nordique nous régale avec des titres méconnus pour ses fans éparpillés aux quatre coins du globe. On a tout d’abord eu droit au rythmé "Fy Faen" du duo Hkeem et Temur avant de se laisser emporter par le reposant et mélancolique "Håper du har plass" signé Cezinando. Somme toute, en plus de nous happer avec des protagonistes attachants, chaque épisode de Skam permet de s’ouvrir à une culture musicale différente, aux sonorités tout de même occidentales (avouons-le). Pour les puristes des tubes anglophones, il y en a pour tous les goûts avec du Massive Attack, du Childish Gambino ou encore du London Grammar. Chez Skam, tout le monde peut trouver son compte.

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Skam devrait boucler son ultime saison le 23 juin prochain dans son pays d’origine.

Par Florian Ques, publié le 08/06/2017

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