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Big Mouth, la série d’animation trash et déglinguée qui donne vie à la puberté

Et si nos hormones étaient en réalité de gros monstres poilus avec des cornes ? Voilà le pitch improbable de Big Mouth.

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L’entrée dans l’adolescence n’est facile pour personne. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’on appelle cette période l’âge ingrat. Les premiers émois amoureux, ces petits picotements qu’on ressent à la vue de notre crush, ne sont que la face visible de l’iceberg. Derrière tout ça, plus tabous, se cachent les premières érections impromptues, les premières masturbations, les premières règles… En somme, beaucoup de premières fois, qui font de la puberté une étape de transition pas toujours agréable. Big Mouth, la dernière production made in Netflix, se donne pour mission d’illustrer cette période de la façon la plus décalée, et étrangement éducative, qui soit.

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Après s’être lancée dans le business des séries d’animation avec la méconnue F is for Family en 2015, la plateforme états-unienne continue en mettant au monde cette petite nouvelle, d’emblée moins oubliable. Si l’on jurerait que le show est une énième fiction estampillée Seth MacFarlane (American Dad, Les Griffin), Big Mouth est pourtant le fruit d’une collaboration entre quatre scénaristes. Parmi ces derniers se trouve Nick Kroll, figure montante de la comédie US, injustement inconnu par chez nous. C’est d’ailleurs ses anecdotes et sa propre adolescence dans la banlieue new-yorkaise qui servent de source d’inspiration à la série.

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En une dizaine d’épisodes, Big Mouth s’éclate à dépeindre les moments gênants qui accompagnent la puberté à travers le quotidien de Nick et Andrew. Ces deux-là sont des meilleurs amis un peu loser sur les bords qui commencent à prendre conscience de leur sexualité. Le détail hilarant qui fait le charme de la série, c’est que leurs hormones en pleine ébullition sont personnifiées par des créatures cornues couvertes de fourrure. Au-delà de ça, ces bêtes de sexe (littéralement) adorent utiliser un vocabulaire bien fleuri et balancer des grossièretés à tout-va.

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Si les personnages principaux sont des garçons, la gent féminine n’est pas en reste dans Big Mouth. Nick et Andrew côtoient régulièrement leurs camarades de classe, Jessi et Missy, lesquelles subissent elles aussi les changements inévitables liés à leur âge. Tandis que les mecs sont constamment influencés par Maurice, "the Hormone Monster" au pénis flaccide en guise de nez, les filles doivent, elles, suivre les conseils (pas toujours) avisés de Connie, "the Hormone Monstress". Les deux créatures entretiennent d’ailleurs une relation aussi désopilante que complexe, sous-entendant le lien étroit entre les sexualités masculine et féminine.

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Indubitablement ancrée en 2017, la série de Netflix ne lésine pas sur les références à la pop culture parsemées ingénieusement. D’une citation de Taylor Swift sortie de son contexte jusqu’à insinuer que Marnie était le pire personnage de Girls, le show y va fort. En prime, Big Mouth se fait plaisir en incluant les fantômes de personnalités décédées. C’est donc l’occasion de voir Whitney Houston faire des vocalises pas très catholiques, Prince donner des conseils en matière de sexe, ou encore apprendre par Pablo Picasso himself que son phallus a une forme triangulaire. Au cas où ça vous aurait échappé, oui, Big Mouth est très très perchée.

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En plus de ça, le show parvient à surprendre à maintes reprises, brisant le quatrième mur pour montrer que Big Mouth a pleinement conscience d’être une fiction. Dans un des premiers épisodes, "the Hormone Monster" nous demande carrément si l’on est en train de binge-watcher la série, avant de se remettre à balancer des obscénités. Cependant, sous un amas considérable de blagues de cul et autres vulgarités à faire pâlir l’Amérique puritaine, Big Mouth fascine par sa faculté à se montrer pédagogique. Mention spéciale au cinquième chapitre, où Jessi discute avec son vagin, qui lui explique comment son anatomie est organisée. Jamais une série n’aura autant répété "mont du pubis" en un seul épisode. Si vous ne savez pas ce qu’est le mont du pubis, il ne vous reste plus qu’à mater Big Mouth. Ou checker sur Wikipédia. Au choix.

L’intégralité de Big Mouth est disponible dès maintenant sur Netflix.

Par Florian Ques, publié le 02/10/2017

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