Billions : Damian Lewis et Paul Giamatti jouent au Loup de Wall Street

Showtime a lancé dimanche Billions, une toute nouvelle série qui se confronte au monde de la finance, avec Damian Lewis et Paul Giamatti en têtes d'affiche. 

Elle faisait partie de nos séries les plus attendues de 2016. Son sujet et son casting nous alléchait. Imaginez plutôt : une plongée dans le monde cynique de la finance, avec en ligne de mire un duel d'acteurs prestigieux, Damian Lewis (Brody dans Homeland) en PDG cool et milliardaire, et Paul Giamatti en procureur new-yorkais prêt à lui chercher des noises.

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C'était à la fois tentant et évident. Le pilote de Billions reflète exactement cet état de fait. On découvre donc Chuck et Bobby, et surtout leurs egos respectifs. L'un incarne la réussite américaine avec ce côté cool à la Mark Zuckerberg, et proche de ses employés façon Leo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street. Dans l'une des séquences de ce pilote, Bobby Axelrod (Lewis) se fend d'un discours populiste qui joue sur la corde de l'émotion et n'est pas sans rappeler la géniale comédie cynique de Martin Scorsese. Moins le ton mordant.

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©Showtime

L'autre (Giamatti) représente l'homme de la haute société par excellence, qui évolue dans la sphère de la justice de père en fils. Dominé dans sa vie sexuelle, il incarne dans sa vie pro l'intransigeance de la justice, et ne fond sur sa proie que s'il est sûr de la mettre à l'ombre. La dichotomie entre les deux personnages a tout du cliché.

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Heureusement, Billions est sauvée par son excellent duo d'acteurs : Lewis reste toujours aussi impressionnant quand il s'agit d'incarner l'ambiguïté et Giamatti était né pour jouer les procureurs boderline.

Le pouvoir de l'argent

L'intrigue - un jeune loup de la finance fait joujou avec les "hedge funds" pour gagner plein d'argent et attire l'attention de la justice par son succès insolent - s'avère somme toute très classique pour le genre du thriller financier. Elle est en fait très documentée, écrite par le journaliste du New-York Times Andrew Ross Sorkin, auteur du best-seller Too Big to Fail, avec les scénaristes Brian Koppelman et David Levien.

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©Showtime

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Le show se distingue en se plaçant du côté de l'intime et de la psychologie des personnages, des éléments apportés notamment par la présence de l'excellente Maggie Siff (Sons Of Anarchy, Mad Men) en psy de la firme Axelrod, également femme du procureur.

Ses méthodes professionnelles - la séquence de reboost d'ego d'un employé en plein doute a des faux airs du fameux humming de Matthew McConaughey dans Le Loup de Wall Street -  et sa vie intime peu conventionnelle avec Chuck offrent les meilleurs moments du pilote. Où l'on comprend toute l'importance du pouvoir de persuasion et de domination dans cet univers grisant, où la valeur d'un homme se mesure aux bénéfices qu'il a apporté à sa firme.

Billions fait partie de ses séries pour lesquelles il faudra voir plus d'un épisode avant de réellement se forger un avis définitif. Parfois étonnant, parfois prévisible, ce pilote laisse une impression de déjà-vu, mais donne aussi envie de plonger davantage dans le monde impitoyable de la haute finance new-yorkaise et dans l'esprit tordu de ses protagonistes bigger than life.

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Note : 3/5

Par Marion Olité, publié le 18/01/2016

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