Containment : va-t-on attraper le virus de cette nouvelle série ?

Série "évènement" - comprendre "mini-série" - concoctée par la CW et diffusée ce mardi aux États-Unis, Containment connaît un démarrage plutôt timide et pas franchement original.

À Atlanta, une mystérieuse épidémie décime les porteurs d'un virus à vitesse grand V. Cette grippe ultravirulente, déclarée dans un hôpital et qui semble être dérivée du H1N1, va rapidement diviser la ville en deux : les contaminés, et les autres.

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On aime l'idée...

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Adaptée d'une série belge intitulée Cordon et développée par Julie Plec (The Vampire Diaries) et David Nutter, Containment a donc pour ambition de nous faire vivre, en treize épisodes d'une saison bouclée, une situation de crise de l'intérieur et de l'extérieur de la zone de quarantaine.

Un concept pas franchement nouveau, mais pas dénué d'intérêt pour autant. Ce qui est plus problématique, en revanche, c'est l'arrimage de la série à ses personnages, auxquels elle s'accroche beaucoup trop pour son propre bien. Des protagonistes sans substance sur lesquels le pilote croit bon de forcer la connivence avec le spectateur.

Tristement contemporaine, la menace du terrorisme biologique plane sur nos sociétés occidentales. À chaque génération, ses peurs, son épée de Damoclès. Les séries se font l'écho de ces inquiétudes, que ce soit à travers des séries d'espionnage comme Homeland ou des invasions pas si fantasmées de morts-vivants ou d'aliens.

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Notons d'ailleurs qu'après The Walking Dead et son apocalypse zombie, Atlanta est décidément une destination à éviter...

Containment 1

Ici, le patient zéro est Syrien. Celui qui est soupçonné d'avoir mis à genoux une mégalopole en moins de deux semaines est un migrant, dont le pays d'origine est constamment associé à la guerre et au terrorisme dans les médias.

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Partant de là, Containment ne s'attarde pas davantage sur ce qu'une telle découverte pourrait engendrer comme conséquences sur la défense nationale, les affaires étrangères ou la xénophobie. Le pilote préfère se concentrer sur la politique locale, la gestion de crise et l'instauration de ce cordon sanitaire qui va séparer la ville en deux.

Containment choisit de débuter son histoire en plongeant le téléspectateur au cœur du chaos, treize jours après le début de l'épidémie, dans une zone de quarantaine à feu et à sang. Titillant notre curiosité avec cette impressionnante scène d'introduction, le pilote opère alors un flashback, aux sources de cette contamination.

... l'exécution, nettement moins

Containment 2

Et le développement sera lent, très lent, trop lent, pour nous amener du point A au point B, que l'on a vu en introduction. On a hélas cette désagréable impression que la série se trompe de combat en se concentrant sur les anonymes.

Ces personnages, qui vont se retrouver d'un côté ou de l'autre du cordon sanitaire, personnifié par une palissade électrifiée, ne présentent, à ce stade, pas le moindre intérêt. Pire, Containment se prend les pieds dans le tapis en arrosant son récit d'éléments soapesques à base d'amoureux séparés par le destin, de grands monologues héroïques, et de love interest franchement forcés. Peut-être gagneront-ils en épaisseur au fil du temps. C'est tout ce qu'on leur souhaite. Mais qu'ils se dépêchent, ils n'ont, après tout, que dix épisodes pour nous séduire et se développer.

Non, le cœur de cette mini-série ne peut pas reposer sur ces quelques citoyens lambdas tous plus creux les uns que les autres. La force de Containment, comme son titre l'indique, doit résider dans son concept. Sur dix épisodes, c'est non seulement faisable, mais c'est surtout recommandé.

Laissons le développement des personnages et le lien qu'ils créent avec le public aux séries au long cours. Ici, le temps est compté, il faut privilégier l'action et l'intrigue. En cela, Containment doit encore faire ses preuves. Elle laisse entrevoir les conséquences de l'épidémie et la gestion de crise en coulisses.

Containment 3

Probablement la partie la plus intéressante de ce pilote, le contraste cruel entre les blouses blanches et les officiels, qui décident, avec calme et résolution du sort des habitants depuis leur bunkers aseptisés, et les citoyens, isolés, paniqués, et en première ligne.

Involontairement pourtant, le pilote peut prêter à sourire. Une mise en scène maladroite dédramatise instantanément la menace de l'infection lorsqu'un contaminé éternue et que la caméra ralentit, fait un gros plan, pour se concentrer sur ce jet de postillon peut ragoûtant qui vient s'écraser sur la visière d'un policier.

D'ailleurs, les crachats et autres sécrétions corporelles bien dégueulasses, Containement aime bien ça. On lui pardonne, il s'agit après tout d'une épidémie virale, mais la mise en scène aurait pu trouver des moyens moins ridicules pour susciter la peur. On a du mal à prendre au sérieux un éternuement, si convaincant et plein de mucus soit-il.

Note du pilote : 2/5 (Disponible à la demande sur MyTF1 VOD)

Par Delphine Rivet, publié le 22/04/2016

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