Danny McBride et Walton Goggins sont bêtes et méchants dans Vice Principals

La nouvelle comédie de HBO n'arrivera jamais à la cheville d'Eastbound and Down, encore moins en deux saisons, mais elle a le mérite d'aller au bout de sa propre crétinerie.

Si vous êtes fan de feu Eastbound & Down, vous associez forcément le nom de Danny McBride avec des adjectifs comme "génial", "grossier", "Kenny fucking Powers", "couillu" et autres qualificatifs fleuris du même ordre.

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Sur le papier, ça faisait rêver...

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L'ancienne comédie de HBO n'était pas réputée pour la finesse de son vocabulaire, mais son écriture, elle, n'en manquait pas. Et c'est au même duo derrière Eastbound & Down, Jody Hill et Danny McBride, que l'on doit Vice Principals, à l'origine une idée du deuxième larron, qui venait de quitter la casquette de baseball de Kenny Powers.

Deux profs rivaux,  Neil Gamby (Danny McBride) et Lee Russell (Walton Goggins), se disputent le poste de principal du lycée dans lequel ils bossent, jusqu'au jour où une femme est embauchée à la place qu'ils convoitent tant. Et puisque les ennemis de vos ennemis sont vos amis, ou un truc du genre, ils vont unir leurs forces pour la détrôner.

Vice Principals, dont la saison 1 vient de commencer sur HBO, suivra ainsi deux semestres de la vie de ce lycée : neuf épisodes cet été, puis neuf autres (en saison 2) en 2017. La seule chose qui rassure un peu quant à l'avenir de cette comédie, c'est que Danny McBride a souhaité cette structure un peu particulière, et a déjà écrit, non seulement le début et le milieu, mais aussi la fin.

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... à l'écran, c'est tout de suite moins convaincant

Vice

On avait envie d'aimer, vraiment. Le caméo de Bill Murray dès le premier épisode étant l'argument ultime pour nous convaincre. Mais passé la rivalité entre ses deux héros, Vice Principals n'a pas grand-chose à raconter.

Elles ont beau être toujours plus créatives, ces insultes qui fusent et cette grossièreté gratuite tombent un peu à plat. On ne peut pas nier le talent de Danny McBride et Walton Goggins, chacun dans des registres différents, dont les joutes verbales portent à elles seules l'intérêt de la série.

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Mais à ce stade (nous n'avons vu que la poignée d'épisodes diffusés sur HBO à ce jour), Vice Principals mise beaucoup trop sur ses deux protagonistes constamment énervés, sur la surenchère, et leur alliance contre nature qui consiste à se liguer contre une femme qui a mieux réussi qu'eux.

Bien sûr, ils sont ridicules, ces mâles dont l'ego a été heurté parce que quelqu'un d'extérieur au lycée a décroché leur place, et dont la masculinité est égratignée parce que cette place est revenue à une femme. Mais méritent-ils seulement ce job et ses responsabilités ?

Une fois que le charme de ce cast en or massif se dissipe, ne reste que le gag, carrément éculé, des "sales types que tout oppose et qui trouvent un ennemi commun".

Laissons tout de même à Vice Principals le bénéfice du doute : puisque ses créateurs ont un plan, la suite rattrapera peut-être ces débuts rageurs mais plan-plan. Affaire à suivre...

Par Delphine Rivet, publié le 02/08/2016

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