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Dark, le puzzle magnétique de Netflix dont on ne ressort pas indemne

Belle, rude et exigeante, la dernière production de la plateforme est un pari ambitieux qui risque de séduire autant que diviser.

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Un peu comme un trouble de stress post-traumatique, on se remémore encore aujourd’hui la salve inaugurale de The OA, fiction débarquée en soum-soum sur Netflix à l’automne 2016. Son intrigue capillotractée et souvent délicieusement perchée avait fait travailler nos méninges avant de laisser notre cerveau en PLS. Mais ça, c’était avant qu’on ne découvre Dark, la production toute fraîche de la plateforme de streaming et, par-dessus tout, la série la plus mindfuck de cette année qui s’achève. Un conseil : accrochez-vous.

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Rien ne va plus outre-Rhin, alors que la petite ville allemande de Winden est secouée par la disparition mystérieuse d’un adolescent. Pendant que les autorités s’efforcent de mettre tous les moyens en œuvre pour retrouver sa trace, un nouveau gamin se volatilise un soir d’orage. Ulrich Nielsen, officier de police et père de ce dernier, se met en tête de résoudre l’affaire, de même que Jonas, un ado dont le père s’est récemment suicidé en laissant une étrange lettre derrière lui. Dès lors, les secrets des multiples habitants vont être percés à jour et des révélations bouleversantes seront faites.

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En vérité, il est dur de développer davantage le fil rouge de Dark sans tomber dans le spoil, mais également sans prendre le risque de balancer des énormités. Indubitablement, la toute première fiction allemande de Netflix est aussi sa plus complexe tous territoires confondus. À tel point que, par moments, son visionnage en devient exigeant et parfois physiquement éreintant. Une concentration d’acier est nécessaire : non seulement pour ne pas rater les sous-titres (comme souvent, la VO est à privilégier), mais principalement pour ne pas perdre une miette des bouts d’intrigue disséminés çà et là.

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La première raison d’être happé par l’univers de Dark, c’est sa photographie tout bonnement bluffante. Sans avoir l’esthétique millimétrée d’un The Handmaid’s Tale, la série germanique a de quoi se défendre, si tant est qu’on n’est pas allergique aux imports nordiques visuellement froids. On se doit également de mentionner son générique, qui sans être totalement innovant n’en demeure pas moins subjuguant. Pas de doute, Baran bo Odar et Jantje Friese, les deux showrunners, se sont donnés à fond.

Avant sa mise à dispo dans le catalogue Netflix, Dark était déjà fortement comparée à un hit du géant américain, j’ai nommé Stranger Things. Pourtant, avec du recul, les deux séries n’ont que peu de choses en commun. En revanche, Dark fait écho à bon nombre d’autres piliers du petit écran, Twin Peaks en tête. Ces deux séries partagent un nombre étourdissant de personnages et, par certains aspects, comme l’hôtel de la ville, Winden rappelle Twin Peaks. Difficile de croire à une coïncidence. Au-delà de ça, il y a aussi une petite touche de Lost, pour le côté Rubik’s Cube énigmatique, et Les Revenants, pour l’atmosphère pesante.

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Et pourtant, en dépit de cette foultitude de références, la production allemande de Netflix réussit à façonner son propre univers. Un univers étendu, parfois fouillis, souvent déstabilisant. Sans en dévoiler plus sur l’intrigue principale de Dark, plusieurs strates narratives s’entrelacent et se superposent, à tel point qu’on est continuellement à deux doigts de frôler l’overdose cérébrale. Au fil des épisodes, la série se montre volontairement balbutiante, se joue de nous et, forcément, on ne cerne jamais vraiment quelle voie celle-ci va prendre. Même le grand final, surprenant, nous laisse pantois.

Résultat des courses, il est temps de faire preuve de franchise : on n’est pas certains d’avoir absolument tout saisi à Dark. Comme The OA auparavant, certains crieront au génie, d’autres à l’imposture et à la prétention. En seulement dix épisodes, cette série germanique est une véritable expérience franchement rude, nécessitant une rigueur inébranlable. En tout cas, ne faites pas la même erreur : évitez le binge-watching intensif et prenez votre temps. Pour savourer, mais surtout pour comprendre.

La première saison de Dark est disponible dès maintenant en intégralité sur Netflix.

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Par Florian Ques, publié le 04/12/2017

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