Stranger Things : David Harbour s’exprime sur ses troubles bipolaires

Un témoignage précieux.

David Harbour, désormais indissociable de son rôle du shérif Jim Hopper dans Stranger Things, était l’invité du podcast WTF de Marc Maron.

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L’occasion de revenir sur ses décennies de carrière dans le monde hollywoodien – qui l’ont rendues quelque peu cynique sur la profession –, puis sur ce rôle de Hopper, inattendu, auquel il ne croyait pas vraiment au début et qui lui a permis de goûter à un succès international inespéré.

Mais l’acteur, que l’on imagine super boute-en-train, notamment en raison de ses récents paris dingues lancés sur les réseaux sociaux, s’est aussi confié sur une partie méconnue de sa personnalité, et beaucoup moins joyeuse. Il souffre en effet de troubles bipolaires depuis de nombreuses années. Durant son adolescence, ses parents désemparés l’ont envoyé dans un hôpital psychiatrique, avant qu’il ne soit diagnostiqué bipolaire :

"J’ai romancé deux choses dans ma vie, et elles sont vite redescendues de leur piédestal. L’une d’elles, c’était de me retrouver dans un hôpital psychiatrique. C’est vraiment pas aussi fun qu’on peut le penser. Tu en as une idée romantique du genre : 'C’est un endroit avec que des génies !' Et en fait, c’est juste un endroit super triste qui ne sent vraiment pas bon !

L’autre chose, c’était de faire du bateau. J’étais sur un navire en pleine mer récemment, et j’ai lu Moby Dick des millions de fois. La réalité est loin d’être aussi sexy. C’est une expérience très similaire aux hôpitaux psy", a-t-il conclu avec humour.

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C’est à l’âge de 25 ans, après avoir abandonné la drogue et l'alcool et être devenu catholique, que David Harbour a fini par être diagnostiqué comme souffrant de troubles bipolaires : "À ce moment-là, les médicaments sont arrivés dans ma vie. Je suis un traitement médicamenteux pour les personnes bipolaires depuis longtemps. J’ai eu des problèmes avec ça, j’ai lutté, arrêté, puis repris le traitement."

L’acteur explique que ses troubles se manifestent souvent sous la forme d’expériences religieuses, qui sont en fait des hallucinations :

"Le truc marrant avec mon cerveau, c’est qu’à chaque fois que j’ai un épisode comme ça, c’est couplé avec de la spiritualité. En général, les gens me disent : 'Tu devrais méditer davantage' ou 'Tu devrais te mettre au yoga'. Mais en fait, j’ai besoin de manger un cheeseburger, de fumer des clopes et de traîner.

Parce que dès que je deviens proche de ça – de cette flamme –, je vois des 'réponses' et ce mysticisme [...]. C’est comme si j’avais perdu la tête. Donc, si je devais écrire un livre pour donner des conseils, je dirais : 'Pose-toi sur ton canap' et lance-toi un jeu vidéo.'"

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Le témoignage de David Harbour, à la fois intense et teinté d’un humour qui n’appartient qu’à lui, permet en tout cas d’évoquer cette maladie mentale mal connue, au-delà de l’imaginaire que l’on s’en fait. Peu d’actrices et d’acteurs osent s’exprimer sur ce sujet, sans doute de peur de nuire à leur carrière.

Par Marion Olité, publié le 08/06/2018

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