Dix pour cent : les coulisses drôles et glamour du cinéma français

Mercredi 14 octobre, France 2 lance une nouvelle série, Dix pour cent, qui plonge dans les coulisses de la grande famille du cinéma français. Truculent. 

DIX POUR CENT

© Christophe BRACHET / FTV

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Après Chefs, la chaîne publique poursuit son renouveau côté fictions avec Dix pour cent, dramédie légère et impertinente qui nous ouvre les coulisses du showbiz parisien en s'immisçant dans la vie pleine de trous de quatre agents de star.

Il y a Andréa et Gabriel, les deux potes trentenaires, sérieusement paumés sentimentalement, Mathias le businessman et Arlette, la vétérante qui ne se déplace jamais sans Jean Gabin (son chien adoré). Chacun possède son carnet d'adresse d'acteurs, réalisateurs et scénaristes à soigner. Leur quotidien, déjà bien agité par leurs différents clients, est bousculé par la mort de leur boss et fondateur de l'agence.

"Je connais un super acupuncteur pour le mal de mer, il a fait L'Odyssée de Pi."

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Fanny Herrero, créatrice et showrunneuse de la série, a eu la bonne idée de structurer ses épisodes autour de la présence d'un ou deux guests forts. Ainsi, le premier épisode est consacré à Cécile de France et tourne autour des petits mensonges que racontent les acteurs pour être pris dans un casting. Les épisodes suivants mettent en scène une vieille rivalité entre Line Renaud et Françoise Fabian, les relations mère-fille entre Nathalie Baye et Laura Smet, les petits soucis pour concilier vie d'actrice et de famille pour Audrey Fleurot ou encore la difficulté de tourner ensemble pour deux partenaires qui ne peuvent pas se voir en peinture.

Cette dernière situation est illustrée par l'épisode 5, dans lequel JoeyStarr et Julie Gayet sont à mourir de rire. La plupart des anecdotes relatées dans la série ont été inspirées par la vraie vie. Derrière le projet de Dix pour cent (le tarif pris par les agents sur leurs poulains) se cache en effet Dominique Besnehard, agent de star depuis plus de 30 ans, qui avait envie de raconter l'envers du décor.

"Quand ça va pas, il y aura toujours le cinéma"

DIX POUR CENT

© Christophe BRACHET / FTV

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Réalisée par Cédric Klapisch, Lola Doillon et Antoine Garceau, cette série au ton moderne et aux punchlines irrésistibles – respect pour avoir fait dire à JoeyStarr "Je me sens comme un chaton puceau" – respire le travail collectif. Sa réussite indéniable tient à plusieurs paramètres : les scénaristes font matcher à merveille les storylines des différents acteurs principaux (Camille Cottin, Thibault de Montalembert, Grégory Montel et Liliane Rovère tous au diapason) et celles des guests.

Et les stars sautent les deux pieds dans l'autodérision, et prennent un vrai plaisir à jouer avec leur image (Audrey Fleurot objet de fantasme, François Berléand toujours partant pour des films déjantés avec de jeunes réal, etc.).

"Vous remarquerez que moi, au moins, je paie mes impôts en France !"

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DIX POUR CENT

© Christophe BRACHET / FTV

Même s'il n'y a nul besoin d'être critique aux Cahiers du cinéma pour l'apprécier, Dix pour cent est aussi un plaisir de cinéphile. Tout en restant sur une tonalité humoristique, la série évoque quelques petites combines du milieu comme les "ménages" des actrices, les arrangements avec le fisc, les fiches Allociné bidonnées pour améliorer les scores des films ou plus grave, le racisme latent à travers un second rôle attachant (Sophia jouée par Stéfi Celma) qui tente de percer dans le cinéma. Sans jamais donner dans le trash, la série se permet de mettre le doigt là où ça fait mal.

Ce n'est pas la moindre de ses qualités. L'air de rien, Dix pour cent impose en prime time sur France 2 un personnage principal lesbien (Camille Cottin). Ce qui n'arrive pas tous les quatre matins. Plus généralement, la dernière fois que des personnages de fiction étaients écrit avec autant de modernité sur la chaîne, c'était dans Clara Sheller (2005).

Note : 4/5, une série "feel good", qui déclare son amour au cinéma avec humour et tendresse pour ses acteurs.

Par Marion Olité, publié le 12/10/2015

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