Les Emmys célèbrent aussi les plus beaux génériques, et les nommés sont...

Chaque année, l'Académie des Emmy Awards récompense, parmi de nombreuses catégories techniques, les meilleurs génériques. Et les prétendants de l'édition 2016 n'ont pas volé leur place.

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L'un des merveilleux tableaux qui composent le générique de Marvel's Jessica Jones.

Le générique, une œuvre dans l'œuvre

Le générique, c'est cette petite porte par laquelle on entre dans l'univers d'une série. Car même s'il se tape l'incruste de plus en plus tard dans l'épisode (parfois jusqu'à dix minutes après le début !), il n'en reste pas moins un élément essentiel à toute série.

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Il peut être court et épuré, comme celui de Lost qui posait d'emblée l'atmosphère angoissante de l'île, ou bien plus long et travaillé, comme celui de Game of Thrones, véritable carte en 3D de son monde fantastique. Leur forme dépend de deux facteurs : la durée de l'épisode et les coupures pub. Sur ce terrain, les génériques de séries ne partent pas tous sur un pied d'égalité.

Sur les networks ou les chaînes dites "basic cable", les annonceurs sont nombreux et les épisodes sont découpés en fonction de ces interruptions. S'il ne reste que trente secondes pour se payer un générique, il va bien falloir s'y plier. Ça n'a pas empêché celui de Lost de passer à la postérité.

High Castle

Le générique de The Man in the High Castle, nommé aux prochains Emmys.

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Sur le câble (les chaînes à péage), il y a non seulement le temps, puisque la contrainte des publicités est absente de leurs grilles, mais aussi les moyens. Et certaines séries nous ont régalés visuellement, dès la fameuse "opening sequence". Chez Biiinge, on s'est d'ailleurs amusés à décortiquer le sublime générique de Flesh and Bone.

Et les nommés sont...

Chaque année, les Creative Arts Primetime Emmy Awards (les Emmys techniques, en gros) récompensent notamment ceux qui créent ces courts métrages, dans une catégorie appelée "Outstanding Main Title Design". Ce terme recouvre des œuvres à la fois totalement dépendantes de la série qu'elles présentent, mais qui peuvent exister à part entière et raconter une histoire.

Le 17 septembre 2016, l'Académie récompensera l'un de ces génériques et le moins que l'on puisse dire, c'est que le choix sera cornélien.

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The Man in the High Castle

The Man in the High Castle from Patrick Clair on Vimeo.

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La série d'Amazon, showrunnée par Frank Spotnitz, qui a eu la lourde tâche d'adapter l'œuvre éponyme de Philip K. Dick a fait appel aux talents du studio Elastic, sous la houlette de Patrick Clair, le directeur créatif. On lui doit déjà les génériques tout aussi sublimes de Game of Thrones, The Americans, True Detective et tant d'autres. Vous pouvez découvrir le travail de ces petits génies sur leur site.

Marvel's Jessica Jones

La super-héroïne reconvertie en détective privée arpente le bitume de Hell's Kitchen dans ce générique coloré et dark à la fois, au son d'une musique jazzy. Pas de doute, Marvel's Jessica Jones a su mêler le genre inspiré des comics à celui du film noir, le tout à travers les yeux d'une femme moderne et urbaine. Et la séquence d'ouverture s'en ressent, à chaque seconde, chaque note de musique.

Cette peinture animée, à dominante rose et violette, est la création d'Imaginary Forces, chapeautée par sa directrice créative Michelle Dougherty. Si le nom de ce studio ne vous dit rien, vous avez, en revanche, forcément vu leur travail : le générique de Mad Men, c'était eux, mais aussi Black Sails ou la toute récente Stranger Things, qui vient de sortir sur Netflix.

Narcos

Narcos Main Title from DIGITAL KITCHEN on Vimeo.

Le générique de Narcos, c'est la porte d'entrée dans le monde du célèbre Pablo Escobar et sa vie tumultueuse. Les écoutes téléphoniques, la traque d'agents du FBI bien décidés à le débusquer, la moiteur des nuits colombiennes et bien sûr, l'or blanc...

La cocaïne devient cinégénique, légère, jusqu'à ce que la caméra nous ramène sur Terre avec les photos de saisies et des soldats qui posent fièrement devant leur trésor de guerre. Ce langoureux générique est sorti tout droit des cerveaux de Digital Kitchen, avec Tom O'Neill à la direction artistique. Et si vous souhaitez en savoir plus sur les dessous de ce très chouette générique, on s'est amusés à le disséquer pour vous.

The Night Manager

La mini-série de la BBC, adaptée de l'œuvre de John Le Carré, opposait Tom Hiddelston, en agent sous couverture, à Hugh Laurie dans la peau d'un trafiquant d'armes. Et elle est a eu un générique à sa mesure. Une symétrie parfaite et des métamorphoses qui filent au rythme de la musique. Chaque tableau passe du luxe aux armes, de la beauté à la destruction. Une fresque confectionnée par Patrick Clair, encore lui, du studio Elastic.

Vinyl

Mick Jagger, Martin Scorsese, Rick Cohen et Terrence Winter derrière les platines de cette série HBO : comme disent nos amis anglophones, what could possibly go wrong ? Vinyl a divisé la critique. On a salué sa beauté et vilipendé sa lenteur et son manque de substance. Qu'on aime ou qu'on déteste, son générique, lui, fait l'unanimité.

Créée par Alan Williams, Michelle Dougherty du studio Imaginary Forces, cette vision en noir et blanc a laissé de côté le "sex" pour se concentrer sur le "drug & rock'n'roll". Le générique de Vinyl sortira-t-il vainqueur de la course aux Emmys ? La concurrence est rude.

Par Delphine Rivet, publié le 21/07/2016

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