Fear the Walking Dead : une première saison en demi-teinte

Dimanche 4 octobre se terminait la première saison de Fear the Walking Dead, le spin-off du hit de AMC avec des bouts de zombies dedans. Un bilan s'impose. 

©AMC

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En plus de nous filer notre dose de zombies hebdomadaire en attendant le retour du grand frère The Walking Dead, le parti pris de Fear the Walking Dead s'annonçait intéressant. L'idée : s'intéresser à l'avant-apocalypse par le prisme d'une famille dysfonctionnelle. Un drama intimiste et réaliste, baigné par le soleil de la Californie, et bousculé par une mystérieuse infection qui tue tout le monde sur son passage. Why not ?

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Les premiers épisodes du show, diffusés fin août, ont toutefois refroidi pas mal de fans, qui reprochent déjà à grands coups de tweets assassins les moments de flottement de The Walking Dead. Sa petite sœur n'est pratiquement bâti que sur ce genre de séquences. Et si nos amis les zombies s'invitent dans la danse dès le pilote, ils ne sont pas le centre de l'intrigue.

C'est la famille Clark - la mère Madison, le beau-père Travis et leurs enfants respectifs (Nick, Alicia et Chris) – qui leur vole la vedette. D'autres personnages secondaires – la famille Salazar menée par un patriarche badass, quelques membres du premier foyer de Travis ou la pièce rapportée Victor Strand – viennent s'ajouter au fil des épisodes.

Une saison 1 mitigée...

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Si l'atmosphère "fin des temps", soulignée par une réalisation de qualité, fait partie des réussites du show, le bilan devient plus mitigé quant aux personnages, pour la plupart peu fouillés (notamment les jeunes) ou trop grossièrement dépeints.

Travis, le Rick (Cliff Curtis) de Fear the Walking Dead, est ainsi décrit comme un "hero dad" qui espère sauver tout le monde. Il refuse catégoriquement de tuer un zombie mais on le retrouve un épisode plus tard en train de défoncer à mains nues un jeune soldat de l'armée US. Ce parcours personnel a été autrement mieux dépeint, sur plusieurs saisons, concernant Rick. Pour que Fear fonctionne, on doit s'attacher et avoir peur pour ces personnages. Peu d'entre eux suscitent pour l'instant l'empathie générée par Carol, Daryl ou Glenn dans The Walking Dead.

Au gré des 6 épisodes de cette première saison, Dave Erickson et ses scénaristes en profitent aussi pour aborder avec plus ou moins de subtilité des thèmes éminemment contemporains : le capitalisme américain et ses conséquences, l'armée (qui en prend pour son grade) ou encore la place des armes dans le pays. Finalement,  la série devient sympa à suivre quand elle fait du The Walking Dead. Mieux rythmé que les précédents épisodes, le season final comporte en revanche quelques incohérences (papa Salazar murmure tellement bien à l'oreille des zombies qu'il peut en guider un petit millier avec sa torche) un peu bêtes. Attention à ne pas prendre son public, rompu au codes des œuvres de zombies, pour une truffe.

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... mais très suivie

Côté timing, cette fin de saison correspond au réveil de Rick dans The Walking Dead. Fini donc le concept de l'avant-apocalyspe : le spin-off va tout simplement suivre cette nouvelle bande de survivants à Los Angeles, tout en conservant ce ton plus intimiste qui la distingue (un peu) de son modèle. Les fans vont continuer de râler face à la lenteur de la série, mais côté audiences, AMC peut se frotter les mains. Le show a été suivi par 11.4 millions de téléspectateurs (moyenne des cinq premiers épisodes) et le season finale a réuni 15.8 millions de fans. Les scores sont même plus hauts que ceux de la première saison de TWD !

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Les scénaristes se sont payés le luxe de ne pas proposer de vrai cliffhanger en fin de saison 1. Seule une vague possibilité que la bande rejoigne un paquebot (et cette question brûlante : le zombie est-il waterproof ?) est évoquée. Une saison 2 de Fear the Walking Dead, composée de 15 épisodes, est déjà dans les tuyaux pour août 2016. Et histoire de se chauffer avant le retour de The Walking Dead (le 11 octobre), une web-série spin-off de Fear (vous suivez ?), baptisée Flight 462vient d'être mise en ligne. On frôlerait pas l'overdose de zombies, là ?

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Note de la saison : 2,5/5, une belle production, un rythme volontairement lent mais des personnages souvent insipides.

Par Marion Olité, publié le 06/10/2015

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