The Five : la première série d'Harlan Coben est un polar efficace

Le maître du roman policier Harlan Coben se lance dans le game des séries avec The Five, un polar bien troussé, mais qui ne réinvente pas la roue. A découvrir dès ce soir sur Canal +. 

Les histoires haletantes mitonnées par Harlan Coben, jalonnées de twists en tous genres, constituaient en soi un matériau de base séduisant pour le grand comme le petit écran. Guillaume Canet s'y est essayé avec succès (Ne le dis à personne, 2006) au cinéma. Le récent hit d'audience d'Une chance de trop (2015), adaptation TF1 d'un de ses romans, confirmait la cote d'amour de l'écrivain.

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Rien d'étonnant alors de voir Harlan Coben retrousser ses manches, et se lancer lui-même dans l'univers des séries, particulièrement friand de polar atmosphérique depuis les succès de The Killing et Broadchurch. Dans l'anglaise The Five, histoire originale imaginée par le romancier, quatre vieux amis voient leurs fantômes du passé ressurgir dans leur vie. Dans leur jeunesse, ils ont été mêlés à la disparition d'un enfant. A la suite d'un rebondissement, l'enquête est réouverte.

"L'idée de The Five m'est venue de façon visuelle, contrairement à mes précédents romans. Comme si au lieu de peindre à l'huile, j'ai eu une envie soudaine de tester l'aquarelle." a expliqué Harlan Coben lors de son passage au Festival Séries Mania, où il présentait les deux premiers épisodes de la mini-série.

Un whodunit soigné

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Il manque à The Five un petit supplément d'âme et d'originalité pour être vraiment réussie. Mais on ne s'ennuie pas. Ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la grimace. Harlan Coben maîtrise l'art du polar haletant. Il s'est entouré d'un réalisateur appliqué, Mark Tonderai, doté d'un bon sens de la mise en scène, et d'acteurs qui font le taf.

"Mark et moi avions une vision très précise du show. On ne voulait pas que ce soit trop anglais, qu’il pleuve tout le temps et qu’on voit des trench coats partout (rires). Dès la première scène, on fait exploser le rouge d’un sweat sur le vert d’une forêt. On voulait des couleurs électriques pour un rendu cinématographique et unique."

Les intentions sont louables, mais dans un paysage sériel qui porte le "whodunit" ("qui l'a fait ?", soit un genre de polar classique où la question principale concerne la révélation du tueur) en étendard, il est bien difficile de vraiment révolutionner des codes désormais connus du grand public, après les succès de show comme Broadchurch, The Missing & co. Et d'ailleurs, on ne compte plus les polars soignés, inspirés du savoir-faire nordique en la matière, au pitch débutant par la disparition d'un enfant.

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Les fans du genre et du romancier arriveront donc en terrain connu. Ils pourront même s'amuser à dénicher de petits clins d'oeil à l'oeuvre littéraire foisonnante d'Harlan Coben, qui se cachent dans le nom d'établissements ou des personnages. L'écrivain promet en tout cas que l'on saura tout de ce qui est arrivé au jeune Jesse dans l'épisode final de The Five, qui en compte 10. Elle a vraiment été pensée comme une mini-série sans suite.

En cas de succès en France et au Royaume-Uni (la série est diffusée par Sky1), Harlan Coben ne ferme pas la porte à une nouvelle collaboration avec la même équipe créative, mais il promet une histoire et des personnages différents.

Note : 2,5/5, diffusion sur Canal + à partir du jeudi 28 avril. 

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Par Marion Olité, publié le 28/04/2016

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