Flesh and Bone : des débuts dans l'ombre de Black Swan

Une nouvelle série sur le monde sans pitié de la danse classique vient de débuter sur la chaîne Starz et en US + 24 sur OCS City. Un petit air de Black Swan, mais pas que.

Après quelques tâtonnements sur sa ligne éditoriale, la chaîne Starz revient très en forme en cette rentrée globalement morose côtés fictions. Elle nous a offert la délirante Ash vs Evil Dead, et en attendant Girlfriend Experience, voici venir Flesh and Bone, mini-série artistiquement ambitieuse qui plonge dans un univers assez peu exploré à la télévision : la danse classique.

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Le show suit la trajectoire de Claire, une jeune ballerine prometteuse et très sensible, qui intègre in extremis la prestigieuse "American Ballet Company" à New-York après s'être échappée d'un foyer familial à priori oppressant. Propulsée dans la ville qui ne dort jamais, la jeune femme découvre le milieu ultra-compétitif des ballets professionnels. Entre brimades et rêves de gloire, elle va devoir composer avec ses traumatismes du passé, et subir un entraînement moralement et physiquement éprouvant.

 Danse avec l'horreur

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Le pitch vous rappelle quelque chose ? Ne cherchez plus : ce pilote où l'horreur côtoie la beauté renvoie immanquablement à Black Swan (2010), le chef-d'oeuvre de Darren Aronofsky avec une Nathalie Portman à son meilleur. Le rôle de l'oie blanche qui martyrise son corps pour atteindre la perfection a été confié à une vraie ballerine, Sarah Hay, vue dans le corps de ballet de... Black Swan.

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Actrice débutante, la jeune femme impressionne dans la peau de Claire, aussi bien dans les scènes de danse (elle a été soliste au Semperoper Ballett de Dresden en Allemagne) que dans les moments plus intimes où elle doit composer une jeune femme traumatisée, qui manque de confiance en elle et s'auto-flagelle régulièrement.

De très bonne facture, dans son interprétation comme sa réalisation au cordeau et son atmosphère tendue, ce pilote a pour seul défaut de beaucoup trop ressembler à Black Swan, que ce soit dans l'exposition des personnages  - l'oie blanche, le mentor  possessif et ombrageux, la copine délurée qui vit mieux sa passion pour la danse - que dans la storyline. Claire va être la star d'une nouvelle chorégraphie, comme Nina est choisie dans le film d'Aronofsy pour incarner la Reine des Cygnes. Au programme : ongles de pied décomposés, grève de la faim et regard de travers.

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Si l'on compare les deux oeuvres, le seul élément notable ajouté dans la série se dévoile dans le twist final, qui révèle une direction intéressante. Le sujet en question, l'inceste, bien tabou, ne sera pas survolé. La showrunneuse de Flesh and Bone, Moira Walley-Beckett (productrice et scénariste sur Breaking Badexpliquait à ce propos à Variety : "En tant que femme, nous parlons avec nos amis de ces sujets. C'est horrible, mais tout le monde a une histoire d'agression sexuelle ou de viol à raconter. C'est malheureusement banal.

"Mais l'inceste est une situation encore différente, car la victime connait et aime son bourreau. J'ai voulu mettre ce tabou en lumière, l'exporer à fond [...]. Je veux comprendre comment naissent les monstres. Pour cela, il faut revenir à la complexité de la situation d'origine." détaille la scénariste.

Avec un peu de chance, il se pourrait donc que Flesh and Bone réussisse à acquérir un ton plus personnel dans les prochaines épisodes, et s'éloigne aussi bien de son écrasant modèle ciné que des clichés rebattus sur le monde de la danse classique. C'est tout ce qu'on souhaite à cette mini-série sombre, intimiste et dérangeante.

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Note : 3,5 / 5 ( à noter que la série est dispo en intégrale (8 épisodes) sur OCS GO jusqu'au 26 janvier)

Par Marion Olité, publié le 10/11/2015

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