Game of Thrones : Cersei Lannister est plus redoutable que jamais

Justice a été faite. Attention, spoilers.

Il est conseillé d’être à jour sur la septième saison de Game of Thrones avant de poursuivre la lecture de cet article.

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Après un season premiere d’introduction et un deuxième épisode de transition centré sur les vrais héros de la série, on passe enfin aux choses sérieuses dans ce nouveau chapitre. Diffusé ce dimanche 30 juillet, "The Queen’s Justice" fait la part belle à Cersei et à son autorité incontestable. Seule contre tous et nourrie par un puissant désir de vengeance, la reine du royaume des Sept Couronnes compte bien profiter du chaos amené par l’hiver pour décimer ses nombreux ennemis. Grâce à ses talents oratoires et ses plans machiavéliques, elle prouve à tous ceux qui l’affrontent qu’elle demeure une adversaire des plus redoutables.

Alors qu’il ne nous reste déjà plus que quatre épisodes à découvrir, le rythme de cette septième saison s’accélère, laissant peu de place à nos protagonistes pour une quelconque hésitation. S’il faut réfléchir en matière d’alliances et de conquêtes, la guerre est d’ores et déjà entamée pour les prétendants au Trône de Fer, les forçant à agir au plus vite. Avec trois femmes puissantes à la tête de leurs royaumes, Sansa au Nord, Cersei à Port-Réal et Daenerys au Sud, les batailles qui s’amorcent n’ont jamais été aussi jouissives.

Cersei mène la danse au royaume des Sept Couronnes…

S’il y a bien une chose à comprendre dans cette nouvelle saison de Game of Thrones, c’est qu’il n’y a plus de temps à perdre, l’hiver est là et les batailles vont s’enchaîner. Jon Snow arrive déjà à Peyredragon, accompagné de Ser Davos, et les retrouvailles avec Tyrion Lannister sont savoureuses. Entre bâtards, on se comprend, et leur profond respect mutuel entraîne des joutes verbales délicieuses. Enfin, la rencontre tant attendue entre le roi du Nord et la mère des dragons a lieu, et à mesure que Jon gravit les marches du château, notre excitation est à son comble. Sauf que Tyrion a omis de lui préciser dans sa missive que Daenerys avait expressément demandé qu’il ploie le genou devant sa reine. Et ce petit détail a donné une tout autre tournure à ce long entretien, dans lequel les deux protagonistes ont campé sur leurs positions.

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(© HBO)

Que ce soit Jon Snow, roi du Nord, ou Daenerys, et sa longue liste de nominations royales, chacun a défendu ses convictions et ses priorités, les Marcheurs blancs pour l’un, le Trône de Fer pour l’autre. Entre menaces, rappels historiques et petites piques bien placées, cette entrevue ressemble plus à une querelle enfantine, voire familiale, qu’à une discussion stratégique. Une pensée nous traverse fortement l’esprit au moment de cet entretien : "Si seulement ils savaient qu’ils font partie de la même famille". Mais il y a fort à parier que la véritable identité de Jon Snow sera révélée très prochainement, n’est-ce pas Bran ? Après avoir boudé chacun de leur côté, Jon et Daenerys finissent par s’entendre, et cette dernière lui accorde le droit d’extraire du verredragon afin de fabriquer des armes contre les Marcheurs blancs.

Une bonne chose de faite. Seulement, la menace la plus frontale reste encore et toujours Cersei, qui réussit à placer ses pions sur l’échiquier et déjouer les plans d’attaque de Daenerys. Après que le Mestre lui a fourni une arme contre les dragons, la reine autoproclamée du royaume des Sept Couronnes prouve à tous qu’elle est redoutable, et surtout qu’elle n’a rien à envier à son père. Réussissant à rassembler le peuple autour d’elle, Cersei peut aussi compter sur l’aide du machiavélique Euron, qui lui ramène Ellaria Sand et sa fille, Tyene. L’expression "œil pour œil, dent pour dent" prend tout son sens dans cet épisode, puisque après une longue et sombre tirade, comme Cersei nous en offre souvent, elle finit par embrasser Tyene pour l’empoisonner. En utilisant le même procédé qu’Ellaria, la reine du royaume venge enfin la mort de sa seule et unique fille, Myrcella.

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Toujours accompagnée de Gregor Clegane, autre ennemi des Sand qu’Ellaria aura du mal à regarder, Cersei, interprétée par l’excellente Lena Headey, rayonne de satisfaction. Avec les pleins pouvoirs, elle sait qu’elle domine le jeu et affiche un sourire de jouissance sur son visage en toutes circonstances. Elle profite de chaque instant de domination, comme lorsqu’elle couche avec son frère Jaime, ou qu’elle entame une discussion avec le représentant de la Banque de Fer, malgré le trou dans la caisse. Qu’importe, "un Lannister paie toujours ses dettes", et Cersei est définitivement pleine de ressources.

… mais jusqu’à quand ?

(© HBO)

Attention, tout de même, à ce qu’elle n’oublie pas les ennemis du Nord, les Marcheurs blancs, mais aussi et surtout les Stark. Pour une fois, la famille de Winterfell semble accorder leurs violons pour se retrouver. Sansa, qui contrôle le château d’une main de maître, est toujours parasitée par les chuchotements de Littlefinger. Néanmoins, le retour du fils prodigue, Bran, va venir casser cette dynamique et donner un second souffle à Winterfell. Il ne manque plus que l’intrépide Arya à l’appel, à moins qu’elle n’arrive encore une fois trop tard, comme lors du Red Wedding. Mais rappelons qu’avec le peu d’épisodes restant, le temps est compté et l’arrivée d’Arya à Winterfell paraît alors imminente, les étoiles semblant enfin être du côté des Stark.

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Seulement, si les retrouvailles entre Sansa et Bran sont émouvantes, au premier abord, le jeune Stark revient chamboulé par les expériences traumatisantes qu’il a vécues, la mort d’Hodor et l’attaque des Marcheurs blancs, entre autres. Le regard impassible, il explique à Sansa qu’il est devenu la Corneille à trois yeux et qu’il voit des choses du passé. Si on se réjouit d’avance lorsqu’il annonce qu’il doit parler à Jon (la révélation sur ses véritables origines, souvenez-vous), on déchante aussitôt lorsqu’il rappelle à Sansa son atroce souvenir du mariage avec Ramsay Bolton. Sérieusement, Bran, on n’avait pas besoin de ça. Ce moment rappelle la faille de Sansa et peut faire remonter à la surface la théorie qui la voudrait enceinte du bâtard Bolton. On prie les anciens dieux pour que cette hypothèse soit fausse.

(© HBO)

Si l’armée des Stark s’est renforcée grâce à leurs bannerets, il y en a bien une qui semble invincible : l’armada de ce cher Euron Greyjoy. Du côté de Cersei (pour l’instant), en attendant un futur mariage, il est arrivé comme une rockstar, acclamé par la foule de Port-Réal pour lui livrer ses cadeaux. Son arrogance le poussera même à taquiner Jaime quant aux pratiques sexuelles de Cersei, mais le diablotin a une autre femme en tête pour le moment, sa nièce Yara, qu’il retient prisonnière. On ne donne vraiment pas cher de sa peau, et pourtant, un espoir subsiste en la personne de Theon. Oui, tout le monde l’a clashé pour sa lâcheté lors de la Silent Ship Battle, et pourtant, le jeune Greyjoy est toujours en vie, et il pourrait bien nous surprendre. Du moins, on l’espère.

Cersei a vraiment toutes les cartes en main, dans cet épisode, puisqu’elle aura droit, sans le savoir, à une deuxième vengeance. Contrecarrant les plans de Daenerys, déjà affaiblie par la perte de la flotte de Yara et Theon, la reine du royaume a ordonné à Jaime et son armée d’attaquer Hautjardin afin de voler l’argent des Tyrell, l’une des familles les plus riches, pour rembourser la Banque de Fer. Le frère de Cersei va, par ailleurs, se confronter à la grande Olenna pour la tuer. Le poison faisant fureur à Westeros en ce moment, il en verse dans le vin de la mère Tyrell, qui accepte son destin, non sans balancer quelques piques savoureuses envers Jaime, Cersei et ce "petit con" de Joffrey. Surtout, elle révèle avant de mourir que c’est elle qui a empoisonné le fils diabolique des Lannister. RIP Olenna Tyrell, tu vas nous manquer.

Pendant ce temps-là, les Immaculés prennent d’assaut Castral Roc et réussissent à s’en emparer grâce à un plan ingénieux de Tyrion, sur qui on peut toujours compter. Malheureusement pour lui et Daenerys, Cersei a bien plus d’expériences en la matière et les Immaculés finissent par être pris au piège par l’armada du méchant Euron, toujours là où il faut. Si on se réjouit de voir les évènements s’enchaîner plus rapidement, nous offrant des scènes de confrontations verbales délicieuses, on peut toutefois être un peu déconcertés de ne pas assister plus en profondeur aux scènes de batailles.

© HBO

Espérons que cela augure d’autres luttes encore plus impressionnantes, qu’on aura le temps de savourer dans les prochains épisodes, sachant qu’il faudra compter sur la reine du royaume des Sept Couronnes, dont il est difficile de se débarrasser. Car Cersei, aussi redoutable qu’elle puisse paraître, a surtout une grande confiance en elle. Mais elle n’est pas la seule à faire preuve de certitudes, et cet épisode, placé sous le signe de la foi, questionne les chances de survie de chacun des personnages. D’un côté, Daenerys et Tyrion croient en Jon, qui semble désemparé sans l’intervention de Ser Davos, en acceptant l’existence des Marcheurs blancs. De l’autre, Sam se fait suffisamment confiance pour sauver Jorah Mormont de la greyscale. Quant à Sansa, elle doit croire en elle et en son frère pour affronter sa destinée.

S’il faut croire à l’invasion des Marcheurs blancs et à l’hiver qui s’installe, il faut aussi croire en soi et en ses adversaires pour mener la guerre. Les personnages sont à un tournant de leur accomplissement personnel et on sent que la fin est proche. Il leur faudra, toutefois, être sur leurs gardes, car, comme le rappelle Littlefinger, "n’importe qui est ton ennemi, n’importe qui est ton ami". Et l’une des grandes menaces reste Cersei, qui est clairement sortie triomphante de ce troisième épisode, remportant des batailles et obtenant justice contre trois de ses plus grands adversaires. Reste à savoir si elle remportera la guerre, et connaissant Game of Thrones, rien n’est moins sûr, sachant que la sorcière Melisandre a désormais accompli son devoir, à savoir "réunir la glace et le feu".

La septième saison de Game of Thrones est en cours de diffusion sur HBO et sur OCS City en France.

Par Mégane Choquet, publié le 31/07/2017

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