Game of Zones ou la rencontre improbable entre la NBA et Game of Thrones

Quand les Spurs de Gregg Popovich deviennent des Marcheurs blancs pour des grandes barres de rire.

Dans le monde du petit écran, imaginer des crossovers de l’extrême est l’une des activités préférées des sériephiles. On se prend à rêver de voir les zombies de The Walking Dead débarquer dans l’après Breaking Bad, d’assister à la rencontre de Chandler et compagnie dans le MacLaren’s de la bande de How I Met Your Mother ou encore d’apprécier le plan de Michael Scofield pour aider les détenues de Litchfield à s’échapper. En revanche, on n’aurait jamais pensé que les joueurs de la NBA pourraient un jour s’insérer parfaitement dans l’univers de Game of Thrones.

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C’est pourtant l’idée géniale, quoique particulièrement improbable, des frères Malamut, Adam et Craig. Ce tandem de scénaristes, dessinateurs et réalisateurs a entièrement créé de A à Z la websérie Game of Zones, disponible gratuitement sur YouTube et dans son intégralité. Un jeu de mots évident entre le titre de la série d’heroic fantasy et la zone de défense des basketteurs située sous le panier. Drôle, irrévérencieuse et remarquablement à jour sur l’actualité de la NBA, Game of Zones reprend les formats des shortcoms de moins de 5 minutes, un schéma narratif plutôt agréable à regarder sur le Net et repéré par nos confrères de Slate.

Dans cette websérie, on voyage dans différentes régions de Westeros. Pour l’occasion, elles sont renommées selon les grandes villes américaines où sont basées les franchises NBA. Si les symboles des multiples maisons collent plutôt bien avec les logos des équipes, on apprécie surtout l’effort des créateurs pour identifier les personnages de Game of Thrones à des joueurs.

King James Lannister et Carlos "Hodor" Boozer

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©️ Bleacher Report/YouTube

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Parmi les meilleures associations, on dégage les vieillissants mais toujours terrifiants Spurs de San Antonio, menés par Gregg Popovich, Tony Parker, Kawhi Leonard et Manu Ginóbili façon Marcheurs blancs. Dans la première saison de la websérie, Chris Bosh est ridiculement parodié en dragon de Daenerys. Par la suite, Stephen Curry est identifié comme la Khaleesi. Un choix qui s’impose vu sa domination sur la NBA l’année dernière. De son côté, "His Airness" incarne la sagesse à travers la Corneille à trois yeux. Mais le plus drôle d’entre tous reste Mark Cuban, le propriétaire des Mavericks de Dallas, qui interprète une effrayante et irrésistible Olenna Tyrell.

Servis par une écriture inventive et pétillante, les épisodes nous font revivre les plus grands moments du show de HBO comme le "Red Wedding" et le "Purple Wedding". Ils sont joliment détournés par les périodes des playoffs et des transferts ("trade" en VO) de la saison NBA, ou encore par l’hégémonie de LeBron James et ses Cavs sur la conférence Est. La saison 4 de Game of Zones vient juste d’être diffusée et accumule déjà près de 2 millions de vues par épisode. Bien entendu, il vaut mieux être à jour sur la série et la fin de la saison NBA pour éviter de se faire spoiler sur les deux tableaux.

Au milieu des épisodes "officiels", on vous conseille de ne pas louper les courts bonus qui rassemblent les meilleures vannes pour la plupart. Il faut toutefois avoir une petite culture basket pour comprendre toutes les blagues et les clins d’œil glissés dans Game of Zones. Un bon niveau d’anglais est également nécessaire puisque les sous-titres ne sont pas disponibles dans les vidéos. Quoi qu’il en soit, les frères Malamut nous ont offert un superbe "catch and shoot" entre deux univers complètement différents mais pas si opposés finalement.

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Par Adrien Delage, publié le 15/06/2017

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