Ghosted ou la rencontre loufoque de X-Files et Scooby-Doo

Quand Mulder et Scully se retrouvent dans l’univers déjanté de Scooby-Doo. Attention, spoilers.

Comme chaque année, la rentrée sérielle est chargée et les networks américains se font concurrence avec de nouveaux projets pour s’emparer de l’audience. Si elles ont du mal à véritablement innover en termes de genre, les chaînes tentent tant bien que mal d’adapter leurs valeurs sûres à travers des pitchs originaux. Pour la Fox, ce sera un cop show surnaturel intitulé Ghosted où un tandem dysfonctionnel se retrouve à enquêter sur des affaires paranormales impliquant univers parallèles, revenants et créatures en tout genre, non sans une certaine dose de second degré.

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Les deux protagonistes sont des habitués du petit écran. Le premier est Adam Scott, rock star américaine du monde des séries, vu récemment dans Big Little Lies mais principalement connu pour son rôle de geek tendre dans Parks and Recreation. Le second est Craig Robinson, qui a roulé sa bosse dans les séries comiques (Brooklyn Nine-Nine, The Office, Kenny Powers). Si l’alchimie entre le duo est plutôt bonne et prometteuse dans le pilote, leurs vannes tombent souvent à plat et la narration de Ghosted répète le schéma du procedural, usé jusqu’à la corde.

Plus Scooby-Doo que X-Files

©️ Fox

La nouvelle série de la Fox est très clairement une parodie de X-Files. Au sérieux de Mulder et Scully, Adam Scott et Craig Robinson répondent par la déconnade et un certain penchant pour l’humour zinzin. En réalité, l’intrigue de Ghosted se rapproche davantage d’un Scooby-Doo en live action, avec des spectres en guise d’animaux de compagnie. Le premier incarne Max, un prof surdiplômé passionné par les rencontres du troisième type et que tout le monde pense dingue. Son acolyte prête ses traits à Leroy, un ancien flic spécialisé dans les affaires de personnes disparues, désormais agent de sécurité dans un centre commercial.

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Avec son joli phrasé et ses répliques cinglantes, Craig Robinson sort clairement du lot malgré la réputation de son confrère Adam Scott. Les personnages de Max et Leroy sont suffisamment déjantés pour nous faire esquisser un sourire. Mais on ne tombe jamais dans un éclat de rire franc. L’humour oscille entre blagues grasses – voire franchement débiles – et situations burlesques qui fonctionnent bien mais sentent le réchauffé. C’est dommage, car les deux comédiens ont clairement le potentiel comique pour faire de Ghosted plus qu’un énième cop show délirant.

Un peu bateau sur le papier, la série n’est pas aidée par sa mise en scène plate et formatée qui fait toujours aussi défaut au genre. Si les effets spéciaux restent décents pour une comédie avec peu de budget, la réalisation se limite à des prises de vues en champ-contrechamp accompagnées d’un enchaînement de vannes. Le pilote reste une scène d’exposition efficace mais malheureusement trop classique dans sa mise en place. Par son aspect surnaturel, Ghosted avait pourtant une carte à jouer là-dessus. La BO de Matt Hill et Jeff Russo, dont les notes de synthé évoquent S.O.S. Fantômes et Kavinsky, est par exemple excellente et apporte un peu plus d’esthétique et de densité à l’ensemble.

Avec Ghosted, la Fox est loin de dépoussiérer le genre du procedural. Même l’intrigue paranormale peine à nous captiver pleinement dans les mésaventures de Max et Leroy. Malgré ce classicisme et des vannes en demi-teinte, le casting est solide et l’intrigue possède le potentiel pour exploser par la suite. Le show rejoint la longue liste des œuvres facilement oubliables mais toujours agréables à regarder après le boulot ou avant de tomber dans les bras de Morphée. Sauf qu’avec les réussites critiques et publiques des comédies Young Sheldon, The Mayor et Kevin (Probably) Saves The World, Ghosted devra confirmer rapidement sous peine de se faire "ghoster" par les sériephiles.

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En France, la saison 1 de Ghosted reste inédite.

Par Adrien Delage, publié le 04/10/2017

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