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Toujours aussi démentielle, GLOW revient avec une saison 2 férocement jouissive

Après avoir conquis nos cœurs nostalgiques l’an passé, les catcheuses pailletées de GLOW continuent de faire leurs preuves dans une deuxième saison globalement maîtrisée. Attention, spoilers.

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Justaucorps enfilé, poitrine ajustée, brushing gonflé au max, les héroïnes de GLOW sont parées pour mettre KO le grand public américain. Pour ce second tour de piste ring, nos apprenties catcheuses s’attaquent à un défi de taille : réaliser une saison entière d’épisodes, diffusée à l’antenne de la chaîne fictive KDTV, avec toujours plus de rebondissements. Mais il faudra surtout composer avec les crises de nerfs intempestives de Sam, le réal lunatique du programme, la pression des investisseurs ainsi que, et surtout, les tensions au sein de ce groupe 100 % féminin.

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Révélation estivale inattendue de 2017, GLOW rempile et met clairement le paquet, cette deuxième saison se plaçant un cran au-dessus de la précédente grâce à des intrigues s’inscrivant dans les eighties qui ont une résonance toute particulière avec le contexte actuel. Entre la diffusion de la première salve et celle-ci, le mouvement #MeToo est passé par là, déliant les langues et éveillant les consciences, notamment celles des scénaristes du show (il faut croire). Plus qu’auparavant, Ruth, pilier de GLOW, se voit confrontée à la misogynie des 80’s, et plus encore à celle du milieu du show-biz régi par la gent masculine.

En plus d’avoir droit à une entrevue sordide faisant écho à l’affaire Weinstein, elle est constamment rabaissée par Sam, tout du moins en première partie de saison. Celui-ci bride volontairement sa créativité et met un point d’honneur à la rabrouer et l’évincer dès lors que ses prises d’initiatives ne sont pas à son goût. À de maintes reprises, les scènes qu’ils partagent font grincer des dents tant Ruth endosse le rôle de punching-ball, encaissant les sautes d’humeur du réalisateur sans broncher. Mais le calvaire ne s’arrête pas là pour la brune, qui doit aussi composer avec sa sempiternelle rivale : Debbie, aka Liberty Belle.

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Sans aucun doute, le rapport entre ces deux ex-BFF est l’attrait central de GLOW. Si la première cuvée d’épisodes se contentait de limiter leur relation houleuse à "tu t’es tapé mon mari et as détruit mon mariage", cette saison 2 a pour vocation d’aller au-delà. Lassée de la morosité de son quotidien, ouvertement esseulée, Debbie décharge sa frustration sur Ruth. Qui, elle, se complaît dans le rôle de martyr, jusqu’au moment où les choses dérapent.

"La seule fois où tu gardes tes cuisses fermées, on se fait tous baiser", balance la blonde à son ancienne confidente lors d’une conversation tendue. Les joutes verbales dans lesquelles s’affrontent les deux amies-ennemies sont le point culminant de GLOW, la série excellant dans des dialogues qui savent se montrer piquants, d’autant plus servis par des actrices à la hauteur. Bluffantes en saison 1, Alison Brie et Betty Gilpin confirment ce dont on avait déjà conscience, à savoir qu’elles sont parfaites dans ces rôles qui leur collent à la peau. Malheureusement, si l’on se contentait de la relation Ruth-Debbie, la série de Netflix serait plus un drame shakespearien qu’une dramédie déjantée.

Pour contrebalancer les mélodrames interpersonnels de nos deux lutteuses phares, on peut compter sur leurs potes de ring aux dynamiques plus galères (et souvent plus désopilantes). Melrose et Fortune Cookie héritent d’un running gag étendu sur la majorité de cette deuxième saison, partant d’une histoire… de constipation. L’humour de GLOW est à son comble avec le huitième volet, intitulé "The Good Twin", un bottle episode tellement ingénieux et décomplexé que son visionnage en devient purement jouissif.

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Au bout du compte, on en viendrait presque à regretter que les fighteuses secondaires de GLOW écopent d’un si maigre développement. En guise d’exemple, Welfare Queen et Beirut pâtissent d’intrigues trop vite pliées et qui, pourtant, auraient pu s’avérer diablement percutantes si elles étaient mieux construites et plus étalées. En clair, le format de la série (10 x 25 minutes, grosso modo) dessert la narration, qui bénéficierait d’une saison plus étendue pour faire davantage honneur à ces beaux portraits de femmes.

En saison 2, mine de rien, GLOW prend son envol. Si la première fournée mettait en place des bases solides et prometteuses, ces dix nouveaux épisodes font office de confirmation. La série estampillée Netflix a conscience de ses atouts (la relation Debbie-Ruth en tête de liste) et prouve qu’elle sait les mobiliser. Le gros point fort de ce come-back fulgurant reste tout de même son propos à résonance actuelle, au croisement entre #MeToo et une entrée timide dans la représentation des LGBTQ+. Encore une fois, GLOW nous a mis au tapis.

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Les deux saisons de GLOW sont disponibles dès maintenant sur Netflix en intégralité.

Par Florian Ques, publié le 06/07/2018

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