"On ne sait pas si le Pingouin et l'Homme-Mystère vont s'allier ou se battre pour Gotham"

À l'occasion du Festival de télévision de Monte-Carlo, nous avons pu rencontrer une partie du casting de Gotham : Sean Pertwee aka le fidèle Alfred, Robin Lord Taylor, le Pingouin et Cory Michael Smith, le futur Homme-Mystère.

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Biiinge | Vous incarnez des personnages bien connus du public. Comment avez-vous appréhendé vos rôles respectifs, avec un peu d'appréhension ? 

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Robin Lord Taylor | Je pense que c’est logique de ressentir une certaine pression quand on reprend des personnages qui nourrissent l’imaginaire du public depuis des décennies. Tout le monde connait ces protagonistes. J’ai moi-même grandi en découvrant les différentes incarnations de Batman et j’ai vu ce qu’ont fait Burgess Meredith et Danny DeVito avec le personnage du Pingouin, mais nous racontons une histoire tellement différente.

Gotham, c'est l'histoire de ces jeunes gens qui se cherchent. Donc nous avons la chance d’avoir de la liberté et de pouvoir apposer notre patte sur ces personnages. Il n'y a donc pas eu ce sentiment de devoir recréer les excellentes performances qui nous ont précédées.

Cory Michael Smith | J’ai aussi eu l’impression d’avoir beaucoup de liberté pour composer ce personnage. En fait, découvrir le nombre d’acteurs qui avaient déjà incarné Edward Nygma de si différentes façons m’a libéré. Et puis j’avais l’assurance que le parcours d’Edward serait basé sur nos scripts et nos sources, et donc qu’il serait unique.

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"Sans Bruce, Alfred pourrait aisément tomber du côté obscur"

Sean Pertwee | Exactement. Nous avons l’opportunité de montrer ces personnages tels qu’on ne les avait jamais vus avant. L’une des premières questions que j’ai posé à Bruno Heller [le showrunner, ndlr], c'était pourquoi Alfred reste avec Bruce, dans cette maison ? Parce qu’il devient le partenaire, le confident et le protecteur de Bruce, la seule personne en laquelle il peut avoir confiance.

Thomas Wayne, le père de Batman, a confié à Alfred son bien le plus précieux. C’est un moment très important que nous n’avions pas eu l’occasion d’explorer avant Gotham. Ce sont les graines plantées à ce moment-là qui vont faire de Bruce l’homme qu’il devient. 

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L’un des éléments de la naissance de Batman est lié à Alfred. C’est lui qui lui dit de faire face à des jeunes de son école qui le harcèlent, de ne pas se laisser faire et de tenir bon. Ces deux personnages souffrent de stress post-traumatique. Et je pense au final qu’Alfred apprend autant du garçon que le contraire. Il va développer des capacités, celles d’aimer et de prendre de soin de quelqu’un.

Et comme on le découvre au fil de la série, si Bruce ne faisait pas partie de sa vie, il pourrait aisément tomber du côté obscur. 

"La saison 1 pourrait s'appeler 'La naissance du Pinguin' "

Avez-vous senti une grosse différence entre la première et la deuxième saison ?

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Cory | Absolument, la première saison était un procedural, centré sur James [Gordon] et Harvey [Bullock]. Même Bruce n’était pas censé être un personnage très important dans cette histoire. La relation entre Sean [Pertwee] et David [Mazouz, qui interprète le jeune Bruce Wayne] en a fait une des composantes centrales du show.

Les autres personnages, moi inclus, naviguions en périphérie. La saison 1 pourrait s'appeler "The Rise of the Pinguin". Je pense que c’était l'intention première des scénaristes. Les procedurals sont très populaires aux États-Unis et leur format permet d’atteindre rapidement un financement en syndication.

En saison 2, ils ont amené tellement de personnages et de storylines excitantes que tout a changé. Les intrigues font des va-et-vient et se complètent organiquement. C’était audacieux de leur part de faire venir tous ces personnages.

Que pensez-vous de l'évolution de vos personnages en saison 2 ? 

Cory | Je suis ravi. Quand on le voit à ses débuts, Edward n’est qu’un jeune homme un peu bizarre mais attentionné, qui recherche l’amitié. Il veut s’amuser et joue un peu avec les gens, mais rien de plus. À force d’être rejeté et méprisé, il change.

"Ma patience en saison 1 a été récompensée"

Maintenant que nous sommes rendus à plus de 40 heures de Gotham, ma patience en saison 1 a été récompensée [rires]. Je suis vraiment satisfait de la direction prise par mon personnage. On installait les choses pendant la première saison, et maintenant on peut enfin s’amuser. Et je sens qu’on peut aller encore bien plus loin.

Quand, en saison 2, il retourne l’enveloppe avec le symbole de la question, qui deviendra sa marque de fabrique pour tourmenter les gens, cela marque le point de départ d’une personnalité totalement différente. Il n’a pas encore cette identité, elle reste sous-jacente pour le moment.

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Robin | Ça a été aussi été extrêmement satisfaisant de mon côté. Oswald débute tout en bas de la chaîne alimentaire. Il est tout simplement insignifiant, sans aucun pouvoir, et quand on arrive à la fin de saison 2, il s’autoproclame roi de Gotham ! Son évolution s’est faite façon montagnes russes.

L’une de mes scènes préférées, c’est quand Oswald subit un lavage de cerveau par Hugo Strange. C’était un clin d’oeil au classique Orange mécanique. Mais tout ce qu’on voit du cerveau d’Oswald, c’est qu’il était une personne aimante et bienveillante, un vrai gentil. Il aurait pu être cette personne s’il n’avait pas été ostracisé et brutalisé depuis son plus jeune âge. À force de voir les gens tenter de profiter de lui, ou pire, de le tuer, il finit par répondre.

"On ne sait pas si Oswald et Edward vont s'allier ou se battre pour Gotham"

Cory | D'ailleurs, la seule personne avec laquelle j’ai une relation intéressante et honnête est Oswald. On va continuer d’explorer cela en saison 3. Il y a presque une relation de mentor avec lui. On ne sait pas vraiment s’ils vont s’allier ou se battre pour gagner Gotham.

En quoi Gotham se fait-elle le reflet de notre société ?

Robin | On peut se sentir impuissant parfois face au gouvernement et aux politiques, qui nous contrôlent sans vraiment parler en notre nom. Notre série, comme pas mal de shows de super-héros, montre que c’est le collectif qui peut aider à surmonter les grands maux de ce monde.

Cory |  Ce que nous explorons en terme de violence et de corruption est comparable à ce qu’il se passe dans certains pays, comme le Brésil. Je suis personnellement partisan de ne pas ignorer la réalité. Et je pense que notre série évoque des thèmes particulièrement réalistes, mais sans doute un peu cachés par nos personnages si iconiques.

Les sujets dont nous parlons dans Gotham ne sont pas sortis de nulle part. Vous verrez qu’au moment où les États-Unis seront en train de vivre leur élection présidentielle, la saison 3 fera face à cette question.

Propos recueillis par Marion Olité

Par Marion Olité, publié le 05/07/2016

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