Hap and Leonard : des débuts prometteurs entre Banshee et Tarantino

Le duo James Purefoy et Michael K. Williams fait des étincelles dans la nouvelle série Hap and Leonard, où la coolitude d'un Justified rencontre l'extravagance d'un Banshee

Une voiture est lancée à toute berzingue à travers la végétation envahissante de l'Est du Texas. À son bord, quelques "white trash" à la trombine de voyous tentent d'échapper à la police. Ils finiront leur course-poursuite au fond d'un lac après un plongeon spectaculaire.

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Non loin de là, deux amis inséparables, Hap et Leonard, n'en peuvent plus de travailler pour des copecks dans un champ de rose. Quand l'ex-femme de Hap débarque pour leur proposer une affaire très lucrative, récupérer le million de dollars qui gît au fond du lac dans cette voiture que les flics n'ont pas réussi à localiser, les deux hommes se laissent tenter.

Un plan simple

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©SundanceTV

Les futurs orphelins de Banshee, dont la dernière saison sera bientôt diffusée sur Cinemax, on trouvé un potentiel successeur avec Hap and Leonard, librement adaptée par Nick Damici et Jim Mickle (cinéaste de Cold in July, également réalisateur sur ce show) des romans éponymes signés Joe R. Lansdale. Les deux séries partagent un goût pour l'action décomplexée, les méchants déjantés et les intrigues de Séries B qui tiennent dans un mouchoir de poche.

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Cela dit, on est sur Sundance Channel, et la série prend son temps pour poser son atmosphère. Ainsi, la première demi-heure du pilote colle aux basques de Hap et Leonard, les deux amis iconoclastes. L'un a passé quelques temps derrière les barreaux pour avoir refusé de servir au Viêt Nam, l'autre est un vétéran noir et gay : pas simple quand on vit dans le Texas des 80's.

Les deux potes, incarnés avec la décontraction adéquat par James Purefoy (Rome, The Following) et Michael Kenneth Williams (inoubliable Omar de The Wire, vu aussi dans Boardwalk Empire), sont une jolie idée de casting. La complicité entre les deux hommes est palpable, notamment dans une scène où les deux se taquinent dans un supermarché, comme un vieux couple. 

Hap et Leonard sont cools et badass si la situation le demande, mais ils ne sont pas trop en place non plus. Hap est visiblement le jouet de son ex-femme Trudy (Christina Hendricks), qui le mène par le bout du nez façon femme fatale. "He's come trouble" ("Les ennuis arrivent") lance Leonard en la voyant débarquer. Ce dernier vit dans une solitude pesante, qui le fait appeler son ami en pleine nuit. Il n'a pas franchement fait la paix avec son orientation sexuelle.

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Western pulp

©SundanceTV

©SundanceTV

On prend en tout cas un plaisir très tarantinesque à suivre les tribulations et les digressions de ces deux "buddies". La série emprunte ainsi autant au genre du western, que de la buddy comédie ou de la Série B, sans oublier l'indispensable touche d'humour noir. Les changements de rythme de ce pilote évoquent immanquablement le style de Quentin Tarantino (encore lui), qui a érigé le film "pulp" au rang d'oeuvre d'art. On pense aussi à Fargo, autre monument de comédie noire récemment importée sur le petit écran avec succès.

Le dernier tiers du pilote de Hap and Leonard sert de teasing à la suite de la série. Des méchants déjantés aux trognes patibulaires débarquent, le sang gicle dans tous les sens, et l'affaire criminelle reprend le dessus. Les changements de rythme de ce pilote évoquent immanquablement le style de Quentin Tarantino (encore lui), sa passion pour les westerns, les  séries B. et les personnages badass. On pense aussi à Fargo, autre monument de comédie noire récemment importée sur le petit écran avec succès.

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Série décomplexée mais non dénuée d'ambition, le western pulp Hap and Leonard impose son style sans forcer. On sera au rendez-vous la semaine prochaine pour suivre cette improbable et palpitante chasse au trésor.

Note : 3,5/5

Par Marion Olité, publié le 04/03/2016

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