HEROES REBORN — « Brave New World / Odessa » Episode 101 — Pictured: Kiki Sukezane as Miko Otomo — (Photo by:… Lire la suite

Heroes Reborn : renaissance ou clonage ?

La tendance est au revival côté séries. En attendant les retours des shows cultes X-Files et Twin Peaks, la série Heroes s'est offert une cure de jouvence en cette rentrée américaine. Premières impressions. 

Série phénomène des années 2000, Heroes a compris avant tout le monde l'intérêt de mondialiser son intrigue. Ses personnages japonais, américains ou espagnols ont préfiguré un show comme Sense8. Avec son pitch universel – des personnes développent des capacités extraordinaires aux quatre coins de la planète – la série de Tim Kring jouissait d'un potentiel dingue, gâché par des incohérences scénaristiques et des personnages maladroitement esquissés. Après quatre saisons et des audiences divisées par deux, Heroes se terminait en 2010 dans l'indifférence générale. Cinq ans plus tard, les super-héros et les séries globales n'ont jamais été aussi tendance. Le retour des Heroes était presque inévitable.

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Heroes Reborn reprend un an après un attentat meurtrier à Odessa, Texas, revendiqué par Mohinder Suresh. L'espoir de voir humains et "Evos" (le petit nom des surhumains) avancer main dans la main a été réduit à néant. Jugés dangereux, traqués, ces êtres dotés de capacités surnaturelles sont poussés à la clandestinité. Le parallèle avec la situation actuelle des réfugiés est assez évident.

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Parmi les traqueurs, on s'intéresse à Luke (Zachary Levi) et Joanne (Judi Shekoni) qui poursuivent tous les Evos, jeunes ou vieux, et sont en quête de vengeance. Le pilote présente une poignée de nouveaux Heroes, tandis que Noah Bennet finit par découvrir qu'un nouveau danger mortel menace notre bonne vieille planète Terre.

Heroes Reborn - Season 1

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Vous avez une impression de déjà vu ? Rien de plus normal. Le pitch de cette suite a été cloné sur la saison 1 de Heroes. Les fans de la série originale se retrouvent dans une zone de confort qui manque de surprise. Les nouveaux "evos" sont plutôt cool, en particulier la jeune japonaise badass Miko, qui doit combattre ses ennemis dans un jeu vidéo pour sauver son père, kidnappé (pour qui, pourquoi ? Mystère). C'est sans doute la meilleure idée de ce revival, qui pèche par manque d'audace et de modernité. En cinq ans, les séries ont bien changé. Si le concept de Heroes reste sympa, il fallait y apporter des idées neuves pour le rendre vraiment attrayant.

Tim Kring, aux manettes depuis la saison 1, sait créer des personnages aux potentialités intéressantes, mais il a toujours autant de mal à les intégrer dans un scénario qui tienne la route. Les premières minutes et leurs trois sauts dans le temps, qui embrouillent le spectateur sans se montrer utiles, témoignent de l'ampleur du problème. Il est donc encore question de complot et de sauver un monde qui a déjà été menacé un peu trop de fois dans l'univers de Heroes pour qu'on en ait vraiment quelque chose à faire aujourd'hui. Ajoutons à cela que le tout est conté avec un ton premier degré assez effarant.

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Avec ses arcs narratifs franchement séparés, Heroes Reborn n'évite pas l'écueil de la série chorale : se retrouver avec des storylines plus faiblardes que d'autres. L'intrigue américaine est une variante de l'histoire de la pom-pom girl en saison 1, remplacée par un jeune weirdo qui veut lui aussi vivre "une vie normale". Les séquences en Espagne peinent à convaincre tandis que la jeune Miko s'en tire mieux à Tokyo, aidée par l'imaginaire pop japonais et son histoire de jeux vidéo IRL. Pour apprécier ce Heroes Reborn, il faut donc faire le deuil des (énormes) défauts du show. Tim Kring n'a visiblement pas retenu les leçons des critiques sur la première série.

Note : 2,5 / 5  la série se regarde comme un divertissement bancal où les bonnes idées côtoient les trous scénaristiques. 

Par Marion Olité, publié le 29/09/2015

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