La Chine veut son House of Cards sur le Parti Communiste

Pékin a commandé une série centrée sur la corruption chinoise au Parti Communiste, qui se veut dans la lignée du succès américain House of Cards. Derrière cette histoire se cache surtout une nouvelle façon de faire de la propagande. 

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Intitulée In The Name of the People, cette mini-série made in China va s'intéresser au Parti Communiste, accusé à de nombreuses reprises de corruption dans le pays. Elle s'inspire en fait du pitch de House of Cards, selon le Guardian. Le show aura la particularité de traiter les personnages du gouvernement comme de vrais méchants vis-à-vis des héros du show.

Le drame suivra le quotidien de Hou Liangping, un enquêteur du gouvernement, joué par une idole du petit écran en Chine, Li Yu (Seven Swords). Il sera en charge de résoudre un meurtre dans une ville de fiction appelée Bianxi.

Dans sa quête de vérité, il sera rejoint par sa femme, un agent secret engagé par le Comité central pour l'Inspection disciplinaire du Parti communiste chinois, soit une organisation en charge de lutter contre la corruption au sein des leaders du parti politique.

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Xi Jinping, leader du mouvement anti-corruption

Xi Jinping

Xi Jinping est l'actuel président de la République populaire de Chine. Depuis le le 15 novembre 2012, il est aussi le secrétaire général et président du Parti communiste chinois. L'homme politique tente d'éradiquer la corruption présente depuis plusieurs décennies au sein du gouvernement.

Il en a d'ailleurs fait son sujet de campagne principal en 2012, utilisant une métaphore judicieuse pour parler aux plus jeunes.

"Si nous laissons ces problèmes se répandre comme le cannabis, les conséquences seront désastreuses."

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Sous l'influence du président Xi, des centaines de milliers de cadres ont subi la rigueur de ses décisions. Le cas le plus flagrant étant Zhou Yongkang. Pris la main dans le sac, ce dernier a été emprisonné à vie l'année dernière dans la plus grande discrétion.

Certains organismes du régime prennent des pincettes quant aux moyens utilisés pour lutter contre la corruption. Le Parquet populaire suprême, qui s'applique à faire respecter le pouvoir judiciaire, trouve par exemple que le sujet est bien trop sensible pour être abordé sous la forme du divertissement.

Dans une interview accordée au Beijing Youth Daily (exclusivement à l'attention des bilingues en mandarin), le réalisateur Xiaolong Zheng a expliqué que la série soulignera les efforts des leaders chinois pour éradiquer la corruption, plutôt que de simplement faire un état des lieux.

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Le dernier front de propagande

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In The Name of the People est conçue comme une utopie, qui a pour but de convaincre les 1,3 milliards de citoyens chinois que la bataille contre la corruption touche à sa fin. C'est Pékin, la capitale chinoise, qui est à l'origine du projet évalué à 120 millions de yuan (16,3 millions d'euros).

Le tournage devrait s'achever en juin, et la diffusion est prévue pour la fin de l'année. Après les films, le format de la série devient une nouvelle arme de propagande.

Par Adrien Delage, publié le 26/04/2016