Hugo Becker

Hugo Becker, le nouveau visage des séries françaises

A l'affiche de la comédie Au service de la France, qui débute ce jeudi 29 octobre sur Arte, Hugo Becker est en train de devenir incontournable. Portrait d'un garçon plein d'avenir.

Au service de la France

Hugo Becker dans Au Service de la France (©Arte)

Si sa bouille de jeune premier vous dit quelque chose, ne cherchez plus. Hugo Becker est né à Metz, mais c'est de l'autre côté de l'Atlantique, dans la série Gossip Girl, qu'il s'est fait connaître auprès du grand public. Après des études bétons au Cours Florent et à la Royal Academy of Dramatic Art et quelques petits rôles au cinéma, il incarne entre 2010 et 2012 le Prince Grimaldi, soupirant de Blair et rival officiel de Chuck dans la série pour ados à succès. Il y est tellement charmant qu'on se demande bien pourquoi Queen B choisit le bad boy au lieu du prince charmant.

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"Gossip Girl était une machine très hiérarchisée et très bien huilée. La façon de travailler dépend du budget et là, la série était confortable car elle avait beaucoup de succès. Je pense que les process de travail ne dépendent pas tant des nationalités, mais plutôt des budgets et de ce que les gens en font." explique Hugo Becker.

En plus de posséder le physique parfait du jeune premier ténébreux, l'homme est trilingue (anglais, français, espagnol). Pendant Gossip Girl, il tournait aussi dans un film indépendant américain, Damsels in Distress, aux côtés de Greta Gerwig (Frances Ha, Eden) et Adam Brody.

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"Gossip Girl était une machine très huilée."

De retour en France, il apparaît dans l'oubliable Jo avant de se voir confier un rôle conséquent dans un double épisode d'Affaires non classées, un hit policier de la BBC où il incarne un footballeur pro. Une expérience marquante pour le jeune acteur, qui tourne une séquence à Emirates, le stade d'Arsenal, à la mi-temps d'un match, devant 60 000 personnes. "Je devais mettre un coup de tête, et une lucarne en 20 minutes, pour que le réalisateur Daniel O'hara puisse faire les plans nécessaires." se souvient-il.

Puis vient la série Chefs, sur France 2, dans laquelle il partage l'affiche avec Clovis Cornillac. "Je jouais un mec tourmenté, introverti, qui sort de prison. J'ai sauté sur l'occasion de faire l'exact opposé avec Au Service de la France." commente-t-il. Effectivement, difficile de faire plus éloigné avec ce personnage de André Merlaux, qu'il qualifie de "lunaire", "naïf", "aérien". Et qui vit accessoirement dans les années 60.

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Pour cette nouvelle série, Hugo n'a pas hésité longtemps, séduit par le fond historique du projet ("Cette série traverse l'histoire de la France. Le propos est corrosif et résonne avec l'actualité.") et par le potentiel ludique de son personnage.

" Dans Au Service de la France, il y a une volonté de faire péter les symboles"

Deux personnages principaux coup sur coup, pour deux chaînes très différentes (France 2 et Arte) qui tentent à chaque fois un coup de poker – un conte moderne dans le monde de la cuisine pour l'une, une comédie sixties pour l'autre. Si on compte sa participation à Baron noir, prochaine série événement de Canal + avec Ana Mouglalis, Kad Merad et Niels Arestrup, et son rôle de flic infiltré dans la saison 2 du hit Bajo sospechadont il nous parle avec des étoiles dans les yeux, on peut dire qu'Hugo Becker est l'homme du moment, non ? "J'ai de la chance, concède le principal intéressé. En ce moment, j'ai pas mal d'opportunités différentes. Je suis dans un cercle vertueux."

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"Les séries sont une super école pour un jeune comédien parce qu'on te propose des rôles intéressants."

Lui-même consommateur de séries ("Je termine Breaking Bad, j'adore The Last Man on Earth, tu as vu ?"), l'acteur est très conscient d'arriver au bon moment sur le petit écran. "Je crois que la télé française est vraiment en train de changer. Ça me plait d'arriver à ce moment de défrichage." Si le cinéma reste en ligne de mire – il sera à l'affiche en 2016 de City of lost love et Un jour mon prince – ce n'est pas une priorité absolue.

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Clovis Cornillac et Hugo Becker dans Chefs (©FTV)

"Les rôles de séries évoluent sur des longues périodes. On porte un vrai projet. Je passe quatre mois et demi sur un plateau, à travailler avec des auteurs de qualité. Je préfère largement faire ça qu'aller au cinéma jouer un petit rôle pourave, où je n'ai presque rien à défendre. Les séries sont une super école pour un jeune comédien parce qu'on te propose des rôles intéressants. Au cinéma, ça arrive beaucoup plus tard."

Contrairement à ses petits camarades, Hugo n'a pas vraiment de fantasmes de carrière américaine, probablement car il a tâté la réalité du terrain sur place pendant sa période Gossip Girl. Il ne dirait pas non, évidemment, si le projet en vaut la peine. "Je suis hyper content de tourner en France, explique-t-il, lui qui sera aussi seul en scène sur les planches dans une pièce de Wajdi Mouawad (Incendies). J'aime le cinéma français, allemand, danois... Il y a des réals qui tuent ici. Moi, je veux bien rester au service de la France (rires)."

Par Marion Olité, publié le 29/10/2015

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