Idiotsitter : la bêtise au féminin

Nouvelle venue sur la chaîne Comedy Central, la série déjantée Idiotsitter mérite le détour. 

Quelque part sur une route de la Côte Ouest américaine. Gene, la vingtaine, chevauche Icecream, un double poney presque trop petit pour sa taille. Sa bouteille de whisky à la main, elle s’approche d’un véhicule de police, frappe à la fenêtre et s’adresse aux deux agents : "C’est combien pour coucher avec vous deux ?". Le décor est planté.

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Idiotsitter ne s’adresse pas à un public conservateur et puritain. Elle raconte l’histoire d’une adulescente plus ado qu’adulte, assignée à résidence dans une villa luxueuse. Ses parents individualistes et démissionnaires engagent les services d’une babysitter surdiplômée mais surendettée pour jouer leur rôle d’éducateur.

L’hédonisme à tout crin

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©ComedyCentral

Idiotsitter est bien dans l’air du temps : connectée, consommée gratuitement, puis portée vers un public plus large. Jillian Bell et Charlotte Newhouse, les deux créatrices de la série, ont en effet d’abord lancé leur projet sur le web, avant que leur producteur CC studios n’annonce sa diffusion sur Comedy Central, pour une saison entière.

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Sur la forme comme sur le fond, le show dépeint cette société contemporaine qui porte l’hédonisme en étendard. Elle s’inscrit dans la veine des potaches American Pie, Very Bad Trip ou encore de la série Workaholic, diffusée sur la même chaîne. Toutes ces comédies racontent une jeunesse qui revisite le crédo "sexe, drogue et rock’n’roll", ou le rock’n’roll a été remplacé par le hip hop et constitue plutôt un art de vivre à la mode.

Une série vraiment féministe

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©ComedyCentral

Si la thématique de l’hédonisme social a déjà bien été usée jusqu'à la corde sur les écrans, Idiotsitter porte, comme encore peu de séries, deux jeunes femmes dans des rôles de boute-en-train aux mœurs décomplexées. Elle dépasse en cela la très célèbre série Girls au féminisme très féminin, même si le personnage de Billie, la babysitter, reste très attaché à ses tenues vestimentaires et ses histoires de couple foireuses.

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Les héroïnes de Broad City avaient déjà tenté de s’affranchir de l’étiquette classique du genre féminin. Mais on imaginait bien que leur liaison naissait d’une espèce de complicité de femmes. Ici, Billie et Gene (un clin d’œil à Michael Jackson) construisent une amitié dans l’altérité, singulière, loin des normes sociales.

Note : 3/5

Par Willy Alliot Jacques, publié le 13/02/2016

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