Le colonel Amanullah assure le show dans la saison 3 de Kaboul Kitchen

Les expats de Kaboul Kitchen reviennent (enfin) dans une saison 3 qui débute ce lundi 20 février sur Canal +, et accueille un petit nouveau, Stéphane De Groodt. 

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Vous l'aviez oubliée ? Eh bien elle revient ! Trois ans après sa sympathique saison 2, la comédie Kaboul Kitchen est enfin de retour alors que plus personne ne l'attendait vraiment. Mais qu'à cela ne tienne, on est prêts à lui accorder le bénéfice du doute, ne serait-ce que par courtoisie pour le nouveau venu. Exit Gilbert Melki, dont le duo avec Simon Abkarian (l'inénarrable colonel Amanullah) faisait pourtant des étincelles. Bonjour Stéphane De Groodt : vous connaissez sa trombine de "Pierrot La Lune" sur Canal +, où il égayait les dimanches de l'émission Le Supplément avec ses chroniques humoristiques riches en calembours. L'humoriste, auteur et acteur est en pleine bourre depuis : il alterne projets théâtraux, ciné et le voici donc fraîchement débarqué dans le monde des séries.

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Dans cette nouvelle saison de Kaboul Kitchen, il a la lourde tâche de remplir le vide laissé par Melki. Il incarne avec la désinvolture qui le caractérise Michel Caulaincourt, un escroc mondain qui débarque sur le seuil de l'hôtel-restaurant de la capitale afghane, désormais tenu par Sophie. Il semble qu'il ait été le dernier à voir Jacky vivant. Au milieu des expats et des membres des ONG, Michel flaire une bonne affaire et va faire en sorte de s'incruster bien comme il faut.

Mais on ne peut pas rester longtemps à Kaboul sans tomber sur le colonel Amanullah (Abkarian). Tout juste sorti de prison, ce dernier  ne donne plus dans le trafic de drogue. Non, il a eu une idée lumineuse : se lancer en politique. Son chemin va immanquablement croiser celui de Michel, pour le meilleur et surtout pour le pire.

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Le choix de casting se défend : Stéphane De Groodt s'en tire avec les honneurs dans ce rôle de mec pseudo sympa, qui ne pense en fait qu'à sa gueule et peut s'avérer plus dangereux qu'il n'y paraît. Son personnage n'étant pas aussi exubérant que celui tenu auparavant par Melki et évoluant à sa façon, un peu en marge même s'il est intégré à l'intrigue principale, Kaboul Kitchen version 2017 est devenue une vraie série chorale. Point positif : les personnages féminins ont ainsi un peu plus d'espace pour exister. On pense notamment à Sophie (Stéphanie Pasterkamp), promue gérante des lieux, ou à la volcanique Lala Amanullah (Karina Testa), aussi too much et drôle que son géniteur.

Logiquement, les scénaristes Allan Mauduit, Camille Pouzol et Jean-Patrick Benes ont eu la bonne idée de creuser du côté de la délicieuse famille Amanullah, clairement devenue l'attraction principale de la série. Les situations comiques fonctionnent sans forcer quand la joyeuse tribu est en mouvement. On retrouve sans peine le ton singulier de Kaboul Kitchen, un mélange d'impertinence et de légèreté, qui rappelle qu'on peut aussi parler de l'Afghanistan avec humour et espoir, sans se voiler la face sur ses problèmes endémiques.

Cela dit, la série n'a pas vraiment choisi son camp entre drame et comédie, et ça pose un petit souci. Si elle penche plutôt pour un traitement par l'humour, on ne rit jamais à gorge déployée et certaines situations tombent quelque peu à plat. De l'autre côté du spectre, les moments dramatiques, notamment les problèmes de couple entre Sophie et Damien, ne passionnent pas forcément non plus.

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Kaboul Kitchen pourrait donc être une excellent série, mais elle ne va pas au-delà de sympathique et originale. Elle se laisse regarder sans déplaisir mais n'en demeure pas moins anecdotique, en particulier en cette ère de Peak TV, où le spectateur se retrouve face à un choix pléthorique de shows à mater. Votre décision d'allumer la télé (ou votre ordi) pour découvrir cette troisième saison dépendra donc fortement de votre degré d'attachement au colonel Amanullah.

La saison 3 de Kaboul Kitchen débute ce lundi 20 février sur Canal +.

Par Marion Olité, publié le 20/02/2017

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