Le générique de Narcos décrypté

S'il a connu des hauts et des bas dans son histoire, le générique est un art à part entière, qui introduit à sa façon le spectateur dans l'ambiance d'un show. Biiinge vous proposera régulièrement des décryptages des plus beaux "opening credits" de séries. Celui de Narcos inaugure le rendez-vous. 

Si la série de Netflix se penche dans sa première saison sur le parcours sanglant de Pablo Escobar, tout le challenge du générique était de ne pas s'auto-centrer sur le charismatique narco-trafiquant, mais d'ouvrir plus largement sur le trafic de drogue en Colombie, et l'implication des États-Unis pour tenter de l'endiguer. Créé par DK Studio sous la houlette du directeur artistique Tom O'Neill, le générique de Narcos fleure bon les excès des 80's.

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Sur l'excellente partition musicale, "Tuyo" de Rodrigo Amarante, les premières images mettent en scène le travail d'espionnage des flics pour traquer la bête, à travers une carte topographique de la Colombie quadrillée et annotée. Le trafic de coke est représenté par des plans artistiques de poudre jetée dans les airs. Un peu plus loin, on retrouve l'inévitable mallette remplie de dollars et les belles poupées colombiennes, pour illustrer le glam de l'époque. Les tons ocres et les couleurs vintage dominent ce générique, qui allie passé et présent, réalité et fiction. Les images d'archive se superposent à des plans aériens de Bogota.

Le tableau de références de l'équipe de DK Studio, qui a conçu le générique de Narcos (Source : Art of the Title)

Le tableau de références de l'équipe de DK Studio, qui a conçu le générique de Narcos (Source : Art of the Title)

La récolte d'images d'archive, exploitables en 4K et en termes de droit, a constitué le gros du travail. Certains clichés, comme celui du zoo personnel ou de l'entrée de la hacienda de Pablo Escobar, proviennent directement du photographe officiel du baron de la drogue, surnommé El Chino. "C'est la première fois qu'on payait des images en cash, mano à mano" se souvient Tom O'Neill dans une interview accordée au site Art of the title. Le designer cite aussi comme source d'inspiration le livre photo de James MollisonThe Memory of Pablo Escobar. "Ces clichés ont capturé une certaine époque, des armes cachées dans des bibles et autres détails. C'est un bouquin fantastique."

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À ses images d'époque particulièrement pertinentes (le même procédé est utilisé dans certains épisodes de la série), il faut ajouter des plans tournés dans les zones montagneuses de Bogota et des quartiers pauvres. "On a eu un grand luxe, celui de pouvoir venir visiter le tournage. Les photos aériennes, le matériel d'espionnage et l'idée des superpositions ont été inspirés par cette visite." confie O'Neil.

Le générique, comme la série, ne donne pas non plus dans la complaisance envers le personnage si fascinant de Pablo Escobar. Les images violentes se succèdent, conséquence de l'influence néfaste de l'homme sur la vie colombienne à cette époque. Le générique s'achève sur une voiture en feu, qui ne présage rien de bon.

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Par Marion Olité, publié le 07/10/2015

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