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Les Grands poussent les portes du lycée dans une saison 2 jubilatoire et addictive

Entrez dans la cour des Grands, notre coup de cœur francophone de l’année 2016 revenu nous combler avec une 2e saison surprenante.

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À l’heure où les collégiens retrouvent leur place sous le préau, où les lycéens français découvrent s’ils adhèrent (ou non) aux cours de philo, où les étudiants galèrent à joindre le Crous, une autre bande fait aussi sa rentrée, cette fois-ci sur nos écrans télé. Talonnant une première salve d’épisodes qui nous avait autant conquis qu’étonnés, Les Grands passent la (et entrent en) seconde sur OCS. Ceux qui étaient les grands deviennent alors les petits, laissant leur année de troisième mouvementée derrière eux pour s’attaquer à un challenge de taille : le lycée.

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Nouveau générique, nouveaux personnages, nouveaux décors : pas de place au doute, cette saison 2 signe les prémices d’un chapitre inédit. Alors, inévitablement, des changements s’opèrent à différents niveaux, même sur le plan capillaire. Dylan, la brute risible, hérite d’un mulet tandis qu’Ilyes, d’une précieuse sensibilité la cuvée précédente, a droit à une coupe extracourte. Jusqu’ici reléguée au second plan, Kenza, la provocatrice au franc-parler, témoigne du relooking le plus radical, troquant sa crinière de jais pour un carré blond platine avec racines apparentes (sinon c’est moins drôle).

"C’est moi qui l’ai voulu et j’ai un peu regretté après, admet Romane Lucas, son interprète, entre deux gloussements. Lors de la projection de la saison 1, j’avais suggéré que Kenza change de coupe lorsqu’elle passe au lycée et qu’elle se la pète encore plus. J’avais même donné une photo de Kristen Stewart à l’époque, et ça a marché". Nouveau look pour une nouvelle vie, c’est un peu l’idée. Un temps focalisée sur la clique centrale menée par MJ, cette saison 2 fait la part belle à ses personnages périphériques.

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En ligne de mire, Kenza, femme fatale en devenir qui assume tout et ne recule devant rien. Ancrée dans son époque, Les Grands lui confie une intrigue diablement contemporaine, mêlant slut-shaming et sexisme. "Kenza, c’est une fille qui a la vie sexuelle d’un tombeur et ça, ça n’est pas accepté, rétorque Pauline Serieys, alias Avril pour les téléspectateurs. Un garçon qui couche beaucoup au lycée ne se fait pas du tout emmerder, alors qu’une fille doit affronter ce genre de remarques dégradantes". La série d’OCS rejoint ses homologues internationaux, Skam ou Riverdale dernièrement, en prenant à bras-le-corps des sujets problématiques et symptomatiques d’une génération.

Si une influence américaine (pas toujours bienvenue) se fait ressentir à travers cette saison 2, notamment via une relation illicite entre un des protagonistes et son professeur, Les Grands continue de cultiver ce qui avait fait son charme l’année précédente. À l’instar de la regrettée Freaks and Geeks, qui est d’ailleurs l’une des références de Vianney Lebasque [le showrunner des Grands, ndlr], la série réussit à cerner les malaises de l’adolescence et à les retranscrire avec une fraîcheur inouïe. Oui, bien qu’ils accumulent les erreurs de parcours et les réactions juvéniles, Hugo, Avril, Boogie (surtout Boogie) et toute la clique sont l’un des meilleurs reflets de l’adolescence qu’on puisse trouver sur le petit écran.

Les Grands, c’est presque la réalité

Sur le tournage, qui a cette fois eu lieu dans un lycée de Tours, l’alchimie entre les jeunes comédiens est palpable. Ça discute un peu, ça se taquine beaucoup. "On est toujours content d’y retourner et de se retrouver, même si c’est vrai qu’on ne partage pas tous des scènes ensemble", reconnaît Adèle Wismes, aka MJ, la rebelle au grand cœur. S’il y a une telle osmose aussi bien devant que derrière la caméra, c’est probablement dû à la bienveillance des équipes créative et technique de la série.

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"En première saison, Vianney [Lebasque, ndlr] était plus strict qu’en saison 2, avoue Rio Vega, ou plutôt Dylan à l’écran. Il a appris à nous faire confiance, il savait qu’on pouvait gérer en improvisant sur certaines scènes et en assurant les autres où il y a davantage d’enjeux à respecter". Une liberté créative, qui semble faire des personnages des Grands un prolongement des acteurs dans la vie de tous les jours. C’est en tout cas ce qu’avance Pauline Serieys (Avril) :

"La seconde, c’est un énorme changement. On se reconnaît d’autant plus parce que Vianney [Lebasque, ndlr] et les scénaristes nous avaient vus jouer en saison 1 et nous avaient rencontrés sur le tournage. Du coup, lorsqu’ils écrivaient les scénarios, ils pensaient davantage à qui on était dans la vraie vie et ça se retrouve chez plusieurs personnages. Par exemple, MJ est beaucoup moins dark qu’en première saison, et ça, c’est aussi parce qu’Adèle n’est pas dark dans la vie de tous les jours."

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Grosso modo, une place prépondérante est accordée à l’improvisation, ce qui permet aux jeunes acteurs de mieux s’approprier leurs alter ego. "Toutes vos scènes, vous faites ce que vous voulez en vrai", fait remarquer Adèle Wismes au tandem diabolique, Rio Vega (Dylan) et Paul Scarfoglio (Enzo). "Quand on est tous les deux, on a vraiment un enjeu plus humoristique qui se prête davantage à l’impro", concède ce premier.

Il revient d’ailleurs spontanément sur ses plus gros fous rires sur le tournage. Leur point commun ? Tous ont été causés par ses interactions avec Esteban, le leader affirmé des Naive New Beaters, qui campe un professeur de musique farfelu dans Les Grand. "C’était vachement dur de ne pas rire parce que j’avais en face de moi un mec qui, sans même le vouloir, était drôle", se remémore Rio, s’essayant ensuite à une imitation plutôt crédible du musicien.

Et la suite ?

Autour d’un café et (beaucoup) de crêpes au Nutella, les stars des Grands bavardent, se charrient, se prennent en photo. C’est indéniable, leur entente dépasse l’écran. Une chance, alors, que leur noyau ne soit pas près d’éclater. "Il y aura une saison 3, elle a été annoncée il n’y a pas longtemps", nous apprend Romane Lucas après un temps d’hésitation. Le scénario de cette prochaine flopée d’épisodes n’étant pas encore bouclé, aucun d’entre eux ne connaît les directions que leurs personnages vont prendre. En revanche, ils ont bien quelques idées derrière la tête.

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"Tokyo. J’aimerais qu’on fasse un voyage à Tokyo", lâche Pauline Serieys tout de go. "Moi, je veux que Dylan couche avec Enzo", riposte Rio Vega, laissant son BFF à l’écran un peu sceptique. Plus sérieusement, apaisant le délire général, Sami Outalbali partage son souhait, plus réalisable : "Là on est en interview tous ensemble, mais en soi, dans la série, on n’est pas si proches que ça. On a tous envie de se retrouver à des endroits où on ne s’attend pas". Grégoire Montana-Haroche, l’hyperactif et sensible Boogie, est plus concis : "On veut juste être surpris".

Quoi qu’il advienne, tous sont fiers du travail fourni pour aboutir à cette saison 2 des Grands. Ils avancent d’ailleurs que bien que la série puisse être estampillée "pour ados", sa cible est plus large, comme le soutient Pauline Serieys :

"La série s’intéresse aux ados et elle les prend au sérieux. C’est un âge assez intense. Les émotions, tout ce qu’on ressent, c’est des montagnes russes. C’est jamais sur le ton de la blague. Je pense que tout le monde s’y retrouve, que tu aies l’âge des persos et que tu sois en plein dedans, ou que tu sois plus âgé et que tu l’aies déjà vécu."

En discutant avec la bande des séries pour ados, ils admettent en majorité n’en regarder que très peu, voire pas du tout. "Moi, je suis en train de regarder Skam, c’est chanmé", avoue tout de même Adèle Wismes (et on ne peut qu’acquiescer). "J’ai entendu dire qu’ils allaient faire un remake français de Skins", spécule dans la foulée Rio. "Ben c’est nous, en fait", réplique du tac au tac Pauline. Et ça, c’est plutôt vrai. Avec un format qui pousse à un visionnage frénétique, il serait sacrément dommage de passer à côté des Grands, de loin le meilleur teen drama que notre Hexagone ait pu produire.

La saison 2 des Grands entame sa diffusion sur OCS Max à compter du 12 octobre prochain.

Par Florian Ques, publié le 12/10/2017

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