À lire : 5 comics pour prolonger l’expérience mortelle de Marvel’s The Punisher

Saviez-vous que Frank Castle a déjà tué TOUS les super-héros de l’univers Marvel dans un comics ?

© Netflix

Aux côtés de Wolverine et du Ghost Rider, le Punisher a toujours été l’un des personnages les plus violents et impitoyables de l’écurie Marvel. Créé par Gerry Conway, Ross Andru et John Romita Sr., Frank Castle est apparu pour la première fois dans le volume 129 de The Amazing Spider-Man, publié en février 1974. Reconnaissable entre mille par son logo en forme de crâne et son armada d’armes en tous genres, le Punisher fait partie des antihéros les plus sombres de la Maison des Idées avec sa tendance à la gâchette facile.

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La série Marvel’s The Punisher reprend cet aspect du personnage en piochant allègrement dans sa mythologie, notamment à travers son sidekick Micro ou encore le vilain Jigsaw. Mais bien évidemment, le showrunner Steve Lightfoot et ses scénaristes sont limités pour exploiter les meilleurs arcs du justicier en seulement une saison de treize épisodes.

Dans cette optique, Biiinge vous livre ses conseils de lecture pour assouvir votre curiosité et prolonger l’expérience de la série à travers le matériau de base, car les plus grands auteurs de comics se sont attaqués aux péripéties du Punisher. Attention aux âmes sensibles : vous en ressortirez avec des têtes de mort plein les yeux.

Born (2003)

© Marvel Comics

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De manière générale, sachez que les séries de Garth Ennis sur le Punisher (aux éditions MAX de Marvel) sont des must have tant l’auteur de Preacher a apporté une noirceur et une maturité désormais inhérentes au justicier. Dans Born, le scénariste revisite le quotidien de Frank Castle lorsqu’il était membre des Marines pendant la guerre du Viêt Nam. La particularité de l’œuvre réside dans sa narration, puisqu’on découvre l’histoire non à travers les yeux du Punisher mais ceux de Stevie Goodwin, un jeune frère d’armes terrorisé par les batailles à venir.

Comme on l’apprenait dans la saison 2 de Marvel’s Daredevil, Frank Castle a enfilé le costume du Punisher après le meurtre sanglant de sa famille. Mais Garth Ennis bouscule cette origin story dans Born : et si le Punisher était né au beau milieu de la guerre ? Dans son récit cynique et violent, l’auteur développe le concept du Punisher d’une manière novatrice, sans qu’aucun traumatisme ne vienne aliéner la pensée de Frank et bouleverser son sens de la justice. Ne reste que son désir pur et simple de tuer.

Le dessinateur Darick Robertson, fils d’un soldat tombé au cours de la Seconde Guerre mondiale, transcende la vision de Garth Ennis. Il propose des arrière-plans extrêmement fournis, respecte à la lettre l’arsenal de l’époque alors que son trait minutieux nous immerge complètement dans l’atrocité de la deuxième guerre d’Indochine. Une belle réussite intemporelle.

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Born est disponible sur Amazon en édition papier et sur Comixology au format numérique.

Punisher Kills the Marvel Universe (1995)

© Marvel Comics

Si vous continuez de débattre avec vos potes pour savoir qui est le plus puissant super-héros de Marvel, sachez que Frank Castle les a déjà tous éliminés dans un comics. À la manière d’un John Wick, le justicier devient assoiffé de sang dans le one shot Punisher kills the Marvel Universe de Garth Ennis et Doug Braithwaite et s’en prend à tous les personnages de la Maison des Idées dans une réalité alternative. En cause : sa famille (pour changer), qui cette fois est devenue un dommage collatéral d’un affrontement entre les Avengers, les X-Men, les insectes Brood et d’autres aliens à Central Park.

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Fou de rage et inconsolable, le Punisher commence sa vendetta en tuant Cyclope, Hawkeye et Kitty Pryde. Si Matt Murdock tente par tous les moyens de le défendre aux yeux de la justice et de l’apaiser, la colère de Frank ne cesse de gagner en intensité. Après s’être évadé de prison, et avec l’aide de son sidekick Micro, il élimine les plus puissants guerriers de Marvel : le Docteur Octopus, les Quatre Fantastiques, Captain America, le Ghost Rider, Nick Fury et même Hulk sous la forme de Bruce Banner.

Avec ce comics, Garth Ennis rend le personnage plus nihiliste que jamais. Absurde par sa thématique mais jouissif par sa mise en scène, quoique négligeant sur certains points (Thor n’est jamais mentionné dans le comics, comment Frank aurait-il pu vaincre un dieu ?), Punisher kills the Marvel Universe est une œuvre fataliste, over the top et inégalable dans le déchaînement de violence dont est capable le justicier.

Punisher Kills the Marvel Universe est disponible sur Amazon et Comixology au format numérique.

Punisher (2012)

© Marvel Comics

Depuis quelques années déjà, Rick Remender est devenu une sorte de Midas du monde des comics. Tout ce que l’auteur touche se transforme en or. Ses productions indépendantes chez Image Comics (Fear Agent, Black Science, Deadly Class) ont mis en évidence son talent de conteur d’histoires hors pair. Alors quand l’homme a accepté de rejoindre la Maison des Idées en 2008 – débutant d’abord avec les mutants – les fans ont retenu leur souffle : Rick Remender a pris la relève de la deuxième version (v2) du Punisher, chapeautée par Matt Fraction (Hawkeye) et Ariel Olivetti depuis son lancement.

Le Frank Castle de Remender est une bouffée d’air frais. L’auteur renverse complètement l’univers de l’antihéros : pour une fois, le Punisher n’est pas le chasseur mais le gibier. En tentant de s’attaquer à Norman Osborn, devenu leader des Dark Avengers, Frank s’enferme dans une descente aux enfers où tout le monde essaie (voire parvient) à le tuer. Mais un justicier de sa trempe ne meurt jamais vraiment, et le vigilante reviendra sous une forme monstrueuse inspirée d’un certain Frankenstein…

Contrairement à certains de ses aînés, qui avait tendance à glorifier ou diaboliser la nature violente du personnage, Rick Remender parvient à un juste milieu. Plus complexe et duel que jamais, l’esprit du Punisher est hanté par ses démons intérieurs (il a d’ailleurs assassiné sa famille dans cette version), une facette visuellement exploitée par l’arrivée des monstres de Marvel dans l’histoire. Un must read, comme l’intégralité du "Remender universe".

Punisher est disponible sur Amazon et Comixology au format numérique.

Punisher: Year One (1994)

Collage du comics réalisé par Mrmumbles91. (© DeviantArt)

Plutôt friand des reboot en tous genres pour ouvrir ses productions à un nouveau lectorat, Marvel avait commandé en 1992 une réécriture des origines du Punisher. Au scénario, on retrouve Dan Abnett, l’homme derrière le cultissime crossover Annihilation des personnages cosmiques de la Maison des Idées. Cette série marque le début de sa collaboration avec le dessinateur Andy Lanning, alors que Dale Eaglesham vient leur prêter main-forte pour les cases de Punisher: Year One.

Leur comics propose probablement la version la plus badass du justicier avant les années 2000. C’est une parfaite entrée en matière pour les novices, puisque Punisher: Year One retrace la backstory du personnage. C’est aussi la version dans laquelle la série pioche le plus d’éléments (le point de vue du reporter à travers Karen, l’enquête de Madani, l’exploration du syndrome de stress post-traumatique, la naissance de Jigsaw…).

Bien que le ton du comics reste noir, on est loin de la maturité apportée par Garth Ennis quelques années plus tard. Le trait léché de Dale Eaglesham offre au Punisher une véritable palette d’expressions qui rend le personnage beaucoup plus humain, tout en restant extrêmement violent lors des explosions de colère de Frank Castle. Petit bonus : au cours de ce run (cette version du comics), Frank Castle s’associe avec… Peter Parker, aka Spider-Man, faisant contraster les méthodes expéditives et radicales du justicier avec le credo super-héroïque du Tisseur.

Punisher: Year One est disponible sur Amazon en édition papier et Comixology au format numérique.

Punisher: Circles of Blood (1986)

© Marvel Comics

Voilà un arc qui a fait polémique au sein de la Maison des Idées à l’époque de sa publication. Au début des eighties, Steven Grant et Mike Zeck proposent à Marvel une mini-série Punisher audacieuse et politiquement incorrecte : Circles of Blood (le premier arc du comics). Le problème, c’est que les États-Unis font face à une hausse du crime à cette époque et l’écurie a peur d’effrayer son public avec un tel déferlement de violence. Il faut dire que les cases des deux auteurs mettent en scène du jamais vu auparavant chez Marvel : un suicide, la mort d’un enfant et un héros qui a des rapports sexuels explicites.

Dans l’arc Circles of Blood, Frank s’évade de la prison Rykers à l’aide de Trust, une organisation d’anciens militaires qui souhaitent former une armée de mini-Punisher. Bien évidemment, ils veulent faire du vigilante leur leader afin de former la "Punisher Squad", un groupe censé laver le cerveau des criminels pour les remettre sur le droit chemin. Mais rapidement, l’unité choisit des méthodes plus radicales en tuant purement et simplement les brigands.

Malgré son caractère provoquant et anxiogène, Marvel publiera le run en janvier 1986, lequel deviendra donc la première mini-série de l’histoire du Punisher. Si les thématiques et le style de Mike Zeck (puis Mike Vosburg qui réalisa le dernier numéro) sont un peu vieillots désormais, la violence graphique représentée dans le comics et l’histoire de la "Punisher Squad" restent très prenants. Pas le meilleur arc, mais l’un des plus marquants du personnage, sans aucun doute.

Punisher: Circles of Blood est disponible sur Amazon en édition papier et Comixology au format numérique.

Par Adrien Delage, publié le 20/11/2017

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