Man in an Orange Shirt, une ode à l'amour dévorant multigénérationnelle

Quatre amants, deux époques, pas tellement de possibilités.

Au-delà de leurs comédies à l’humour bien particulier, nos voisins d’outre-Manche ont une autre spécialité, à savoir les drames d’époque à la Downton Abbey. La BBC, figure de proue de ce type de fiction, entreprend de dépoussiérer le genre avec sa mini-série Man in an Orange Shirt. Le twist ? Composé de seulement deux épisodes, le show britannique se déroule sur deux périodes distinctes de l’histoire, pourtant liées par un même point d’ancrage répondant au doux nom de Flora Berryman. On vous explique.

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La première partie de ce diptyque se déroule à l’issue de la seconde guerre mondiale, juste après la capitulation des ennemis. Michael et Thomas, deux amis d’enfance et soldats enrôlés pour défendre leur patrie, se retrouvent par hasard. Démarre alors une idylle aussi passionnée qu’interdite, contraire aux mœurs de la société de l’époque. Pour ne rien arranger, Michael a prévu de se marier et d’avoir des enfants avec Flora, une jeune institutrice.

© BBC

Marche rapide jusqu’en 2017 pour le second volet, focalisé sur Adam, un trentenaire bossant dans une clinique vétérinaire. Ouvertement homosexuel auprès de ses amis, il cumule les plans cul risqués et fait preuve d’une utilisation (un peu trop) assidue des applications de rencontres. Tout est chamboulé lorsqu’il tombe sur Steve, un architecte qu’il embauche finalement pour rénover un cottage abandonné appartenant à sa famille. Les choses se compliquent lorsqu’il doit faire son coming out à sa grand-mère, qui n’est autre que la même Flora.

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En soi, les deux épisodes de Man in an Orange Shirt peuvent se visionner individuellement, sans qu’il soit tout à fait nécessaire de voir la mini-série dans son entièreté. Elle le mérite pourtant, puisque ce diptyque complet accorde une profondeur bienvenue au personnage de Flora, pivot de l’histoire. Toute en subtilité, et en grande partie grâce à l’interprétation irréprochable de Vanessa Redgrave (Call the Midwife), Flora incarne l’évolution des mentalités à travers les époques. D’abord réfractaire et ouvertement homophobe, elle finit par éprouver des remords quant à ses actions passées.

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Attention cela dit, Man in an Orange Shirt ne fait pas dans le sensationnel et rentrerait plutôt dans la case "tranche de vie". La série opte pour un réalisme saisissant, notamment dans sa seconde partie via le personnage d’Adam, rongé par la solitude et ayant du mal à maîtriser son addiction aux rencontres sans lendemain. Pour autant, la mini-série ne verse jamais dans le mélodrame larmoyant.

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Aidée par une réalisation et des décors soignés, la dernière production de la BBC se présente comme une ode à l’amour et aux regrets tout en poésie. Un léger bémol à souligner serait éventuellement la bande-son trop attendue, qui donne à la série des airs de téléfilm M6 là où elle aurait pu faire dans l’originalité. Il faudra reconnaître que Man with an Orange Shirt ne conviendra pas à tous les sériephiles, en raison de sa lenteur et son manque de rebondissements. Cela risque par ailleurs de la rendre trop vite oubliable, mais il serait tout de même dommage de passer à côté de cette mini-série juste et sans prétention.

Par Florian Ques, publié le 10/08/2017

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