On a rencontré Marco Ramirez, le showrunner débordé de Marvel’s The Defenders

Pour les fans de l’univers sériel des justiciers créé par Marvel et Netflix depuis 2015, le grand jour de la réunification est arrivé avec le lancement de la mini-série Marvel’s The Defenders, annoncée de longue date. Biiinge est allé à la rencontre de son showrunner, Marco Ramirez.

Marco Ramirez, le showrunner affable de Marvel’s The Defenders (©️Netflix)

Biiinge | Vous avez déjà travaillé sur Marvel’s Daredevil et des séries chorales comme Orange Is the New Black. Quelles étaient ici les challenges d’écriture spécifiques à un projet comme Marvel’s The Defenders ?

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Marco Ramirez | Concernant Orange Is the New Black, j’étais sur la première saison qui tournait beaucoup autour de Piper, avec des personnages secondaires à traiter. Sur Les Defenders, je me suis retrouvé avec quatre personnages principaux à gérer. L’un des défis compliqués sur ce show était de faire en sorte que la série appartienne à chacun d’entre eux. Il ne fallait surtout pas qu’on ait l’impression de regarder la série de Matt Murdock et ses trois sidekicks par exemple. Pour éviter cela à tout prix, nous devions garder chaque justicier actif, et veiller à ce que personne ne soit favorisé. C’était un vrai challenge, mais on était tous partants ! J’espère que nous avons réussi.

Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, vous avez déclaré que votre bureau ressemblait de plus en plus à celui de Claire Danes dans Homeland.

[Rires, ndlr.] Oui ! C’était compliqué au début. J’ai travaillé sur les deux saisons de Marvel’s Daredevil. Jessica Jones existait, et Luke Cage était sur le point d’arriver. Iron Fist en était à l’état d’écriture. Tout ce que nous avions, c’était les infos que nous transmettait Marvel : à quoi le show allait ressembler et les grandes lignes des intrigues. Il s’agissait de reprendre les personnages là où on les avait laissés dans leurs séries respectives.

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Nous avions donc des tableaux de bord de chaque justicier. Par exemple, on avait tout ce par quoi Matt était passé, où on avait laissé Jessica dans le dernier épisode, pareil pour les autres. À côté de ça, on avait aussi à gérer les personnages secondaires des différents shows. Quand avons-nous vu pour la dernière fois Foggy, Karen, Misty, Claire… ? C’était un puits sans fond ! Mais nous devions le faire pour les fans et pour les acteurs, qui sont très intelligents et n’hésiteraient pas à pointer du doigt une incohérence potentielle sur leur personnage. Il fallait donc bien savoir où ils en étaient du côté de l’intrigue mais aussi émotionnellement.

Je voulais aussi que dans dix ans, si une personne décide de se faire un super binge-watching de toutes les séries en un mois, elle puisse s’y retrouver et ne jamais penser : "Oh attends, ils ont un peu perdu leur chemin sur ce point…" On avait donc un sacré paquet de tableaux !

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Ça ressemble à un travail de détective…

Oui, mais nous n’avions pas de grand mystère à résoudre, il fallait seulement comprendre comment tout devait s’imbriquer. C’était du genre : OK, tout le monde est en place, maintenant, où les emmène-t-on ? Je ne sais pas si c’est plus dur que le boulot de Claire Danes dans Homeland, mais c’était en tout cas très compliqué et en même temps super fun.

Par exemple, nous avons dû bien réfléchir à la façon dont chaque justicier allait interagir avec les autres au moment des scènes de combat. Ils ont chacun leur style à eux. Et puis les réalisateurs de Marvel’s The Defenders ont parfois bossé sur une série Marvel, mais pas toutes. On avait donc des détails spécifiques sur la façon dont chacun se bat, ses singularités, etc. Au final, cette pièce donnait l’impression qu’on se préparait à un voyage dans l’espace alors qu’en réalité, on était seulement en train de créer une série [rires, ndlr] !

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"On compare les Defenders aux Avengers, mais nos références sont aussi Les Douze salopards ou Breakfast Club"

J’ai été marquée par une scène entre Luke Cage et Iron Fist dans l’épisode 3 des Defenders. Ils se disputent et Luke finit par dire à Danny qu’il est le symbole du mâle blanc privilégié. Était-ce une façon de répondre aux critiques concernant Marvel’s Iron Fist ?

C’est une des scènes que j’ai préféré écrire d’ailleurs. Là, il ne s’agit pas d’être fidèle à la relation entre les deux personnages dans les comics. On sait que la série sort à notre époque et que Luke Cage représente quelque chose de fort. Donc, dans ce contexte, il ne pouvait pas se taire. Ils se connaissent à peine. Sa réaction face à Danny m’a semblé naturelle, organique. Il fallait que cela arrive de cette façon.

D’ailleurs, la série ne parle pas de la façon dont ils se rencontrent puis deviennent les meilleurs amis du monde. Les premières scènes de la série montrent bien que leur premier instinct est de rejeter l’idée de travailler ensemble. Il y a donc pas mal de prises de tête au début qui sont assez fun à regarder. Beaucoup de gens comparent les Defenders aux Avengers, mais la série se rapproche d’autres genres en mettant en scène un groupe de personnes réticentes à bosser ensemble. Je pense à des films comme Les Sept samouraïs, Les Douze salopards ou Breakfast Club. Ce sont des personnages qui ne veulent rien avoir à faire ensemble, ne se font pas confiance, mais ils ont un but commun et vont apprendre à composer. C’est l’un des aspects les plus fun et importants du show.

Les huit épisodes de Marvel’s The Defenders sont disponibles en intégralité sur Netflix.

Par Marion Olité, publié le 18/08/2017

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