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Midnight, Texas : le True Blood du pauvre est arrivé

Quand tu veux rebooter True Blood sans budget, ça donne ça.

Pendant plusieurs étés, la très mielleuse Sookie Stackhouse nous proposait de la rejoindre dans ses péripéties (souvent) sanglantes aux quatre coins de la Louisiane. Des vampires sexy, un second degré omniprésent et des thématiques sous-jacentes engagées ont fait de True Blood un must-see tout au long de sa diffusion. Et depuis sa disparition de nos écrans, plus rien. Aucune autre série n’a tenté de devenir son successeur. Du moins, jusqu’à Midnight, Texas, pour notre plus grand (dé)plaisir.

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Zappez la ville de Bon Temps, on déménage à Midnight, une petite bourgade texane devenue un havre de paix pour toutes sortes d’entités surnaturelles. Des suceurs de sang, des sorcières et même des anges : tous font partie du bestiaire de Midnight, Texas. Pourchassé par des mafieux à qui il doit vraisemblablement de la thune, le jeune Manfred trouve refuge dans ce lieu-dit mystérieux sur les conseils avisés de sa grand-mère décédée. Ah oui, précisons que notre héros est une sorte de médium capable de communiquer avec les défunts.

Alors oui, sur le papier, la série a l’air sacrément divertissante et a tout d’une potentielle héritière à True Blood. Après tout, elle est elle aussi adaptée de romans de l’autrice américaine Charlaine Harris, ce qui explique les nombreuses similitudes entre les deux shows. Mais quand on y regarde de plus près, Midnight, Texas n’est rien de plus qu’un concentré d’influences diverses, qui fonctionne par moments et se rate complètement à d’autres.

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En souhaitant entrer en contact avec un esprit, Manfred ouvre par mégarde une porte vers l’au-delà, permettant à diverses âmes torturées de s’échapper. Pas très étonnant lorsque l’on apprend de la bouche d’un autre personnage que Midnight est la zone géographique où le voile entre le monde des morts et des vivants est le plus mince. On tient là une référence peu subtile à Buffy contre les vampires et plus précisément à la Bouche de l’Enfer située sous Sunnydale.

En milieu d’épisode, alors que des festivités locales se préparent, le cadavre en décomposition d’une habitante portée disparue est découvert au bord d’une rivière. Inutile de faire un dessin, le parallèle avec Twin Peaks et le corps inerte de Laura Palmer ne passe pas inaperçu. S'il est loin d’être déplaisant par bien des aspects, le pilote de Midnight, Texas laisse un arrière-goût de déjà-vu, faisant le strict minimum pour ne pas faire regretter son visionnage au spectateur après coup.

Pour accroître encore davantage ce sentiment de familiarité, le casting du show est essentiellement composé de visages qu’on a tous aperçus ailleurs. Arielle Kebbel (Lexi de The Vampire Diaries) incarne une tueuse à gages constamment vénère tandis que Peter Mensah (Oenomaus de Spartacus) est son amant régulier, un vampire charismatique qu’il ne faut pas trop chercher. Répondent également à l’appel Dylan Bruce (Orphan Black) et Parisa Fitz-Henley (la défunte girlfriend du héros de Luke Cage). En définitive, difficile de faire moins innovant en matière de série.

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Cerise sur le gâteau, Midnight, Texas est desservie par un budget riquiqui, en témoigne des effets spéciaux risibles et une poignée de fonds verts grillés en deux-deux. À première vue, le show ne démontre aucune volonté de s’élever au-delà de la banale série fantastique. Allergique aux prises de risque, Midnight, Texas se présente comme une version aseptisée de True Blood. Elle peut au moins se vanter d’avoir parmi ses personnages un chat qui parle, dans la même veine que Salem dans Sabrina, l’apprentie sorcière. Peut-être l’un des seuls rares arguments qui poussent à rempiler pour la suite.

Midnight, Texas est diffusée sur NBC outre-Atlantique depuis le 24 juillet dernier.

Par Florian Ques, publié le 26/07/2017

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