My Year 12 Life : la série docu où les ados australiens filment leur dernière année de lycée

La chaîne australienne ABC a donné quatorze caméras à des adolescents qui vivent le moment le plus stressant de leur vie, celui de leur dernière année de lycée. 

En Australie, ce rite de passage correspond à la douzième année scolaire, d'où le titre de cette série documentaire pas comme les autres, créée et produite par Laura Waters. Chaque année, 200 000 jeunes Australiens vivent leurs derniers mois au sein du cocon scolaire. Entre promesse de liberté et stress face aux examens finaux (pour avoir son Higher School Certificate, équivalent du bac) qui détermineront leur futur estudiantin, quatorze lycéens ont accepté de se livrer sur leurs peurs et leurs espoirs, en se filmant chaque jour dans leur quotidien.

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"On leur a demandé de se filmer cinq minutes tous les soirs, c'est une façon d'utiliser la caméra comme un journal intime. Mais aussi d'amener leur caméra là où ils pensaient filmer quelque chose de fun, d'intéressant ou d'important pour eux", explique Laura Waters dans une interview making-of.

En plus du HSC, tous les efforts sont tournés vers l'ATAR, un système de classement qui permet d'intégrer l'université rêvée ou au contraire qui peut ruiner tous vos superbes plans. Le but pour tous les jeunes australiens du pays est d'avoir le score le plus haut, en particulier si l'idée est d'intégrer une fac compétitive, comme médecine ou droit. Pression quand tu nous tiens.

Après un joli travail côté montage, on obtient des épisodes d'un peu moins de 30 minutes, diffusés sur la chaîne australienne ABC, mais également mis en ligne (et ça c'est bien cool) sur YouTube. On plonge alors dans la vie de Shianna, passionnée de mode et de design, qui travaille à l'écriture d'un livre, prépare ses examens et a encore le temps d'avoir un boulot de mascotte pour un parc d'enfants.

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"Dans la vie, on peut être qui on veut. Mais à l'école, on te donne l'impression qu'il faut t'adapter pour te sentir intégrée. Et je ne me suis jamais vraiment sentie à l'aise" – Eden

Sur la côte ouest, il y a Tom, un jeune homme très indépendant, âgé de 17 ans, qui vit quasiment avec deux amis et ne fantasme pas des masses sur des études supérieures. À Sydney, Angela, une jeune femme très énergique et proche de ses racines asiatiques, veut aider ses parents à subvenir aux besoins de la famille. En tant qu'aînée, elle se sent responsable. De son côté, le pétillant Alfie avoue que dans l'ordre de ses priorités figurent sa famille et ses amis. Les études viennent après.

Zoe, Tommy, Kayla, Alex et les autres vous invitent aussi à découvrir leurs préoccupations et leur quotidien bien rempli, entre les études, les passions, les proches et les petits boulots. Comme les Américains, les Australiens conduisent et travaillent alors qu'ils n'ont pas encore 18 ans. Cette série docu est aussi l'occasion de mettre un bon coup de pied au cul d'un vieux préjugé qui dit que les ados seraient des gros paresseux en puissance. Faux.

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Trianna se confie dans My Year 12 Life. (©️ ABC)

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"J'ai dû me mettre dans des situations inconfortables, parce que le but était d'être honnête. Ça a été une expérience géniale, qui m'a permis de comprendre un peu mieux qui j'étais", explique dans le making-of Trianna, une des adolescentes à qui l'on a confié une caméra.

À travers ces portraits intimes, My Year 12 Life explore avec sensibilité et sincérité des thèmes comme le rapport à la religion, à la famille, à l'amitié, cette pression de dingue à gérer quant à l'avenir (si tu le foires, tu es un gros loser), la peur de décevoir les parents (très présente chez les enfants d'immigrés)...

Compétition, stress et réputation sont des mots qui reviennent souvent dans les réflexions de ses ados qui habitent aux quatre coins de l'Australie. On est touchés par des personnalités, des parcours et des blessures particulières. On retrouve ici et là quelques figures récurrentes des teen shows : le sportif, la fille qui voulait être parfaite, l'outsider, le rebelle à la vie de famille tordue... Tant et si bien qu'on se croirait parfois dans Freaks and Geeks ou My So-Called Life. La différence, c'est qu'ici tout est vrai. Et c'est tout aussi passionnant.

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Par Marion Olité, publié le 22/02/2017

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