Netflix : l'avenir de la télévision?

House of Cards était la première pierre du succès de Netflix côté services de vidéos à la demande. Pour autant, est-ce que l'avenir de la télévision réside dans ce type de système de streaming ?

netflix

En terme de VOD, Netflix est la référence. Le site de vidéo à la demande américain continue de séduire de plus en plus de consommateurs : avec trois millions de nouveaux abonnés au 1er trimestre de cette année, le site, disponible dans 40 pays, compte maintenant 36 millions de membres.

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Netflix a d’ailleurs récemment dévoilé ses chiffres pour le 1er trimestre de 2013, et ils sont très bons : un bénéfice net de 2,7 millions de dollars, ce qui revient à une progression de 18% du chiffre d’affaire de l’entreprise. Avec ses 29,2 millions d’abonnés américains, le site dépasse ainsi, en nombre d’abonnements, la chaine HBO, pourtant spécialiste des séries à succès.

Et pour cause : tout est disponible, sans publicité, et sans attendre une semaine pour regarder les épisodes suivants. Un rêve pour ceux qui sont des binge-watchers, soit ceux qui adorent les marathons d'une saison par jour. Netflix, à raison d'un abonnement à payer au mois, est un sésame à la demande ouvrant les portes d'un paradis télévisuel.

De loueur à producteur : Netflix se développe

Mais l'entreprise, forte de son énorme succès aux États-Unis, ne s'arrête pas là. En plus d'être un loueur généralisé de la multitude de séries existantes, elle s'est lancée dans la production de séries originales. Pour attirer des abonnés, Netflix sort le grand jeu. Sa première production originale, House of Cards, réalisée par David Fincher avec Kevin Spacey, étant une grande réussite, le service de streaming a remis ça avec Hemlock Grove, une série d’horreur réalisée par Eli Roth (Cabin Fever, Hostel) qui sera diffusée à partir du 19 avril.

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Bande-annonce de House of Cards

Pour la suite de ses projets, elle reprendra également la culte Arrested Development, la série s’étant arrêté en 2006 après quatre saisons, plusieurs Emmy Awards et un Golden Globe du meilleur acteur (Jason Baterman) en 2005. Netflix a aussi prévu la production d’une série réalisée par Andy et Lana Wachowski (Matrix, Cloud Atlas), mise en ligne d’ici 2014.

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Avec de tels chiffres et de tels projets, le service de streaming cherche à s’exporter et tente une - timide - implantation en Europe. Le site est pour l’instant disponible, entre autres, en Grande-Bretagne, en Norvège, en Suède et au Danemark. Il va encore falloir encore attendre avant de pouvoir en profiter en France.

En France, l'offre de VOD à la demande est faible

Car les systèmes de vidéo à la demande ne sont pas encore légion dans l'hexagone et la plupart d'entre eux sont soumis à un abonnement à une chaîne de télévision câblée. Un exemple ? Orange Cinéma Séries, développée par Orange, proposait il y a un mois les nouveaux épisodes de Game of Thrones, un jour seulement après leur diffusion aux Etats-Unis.

D’autres chaînes comme Canal Play Infinity (200 000 abonnés) proposent également de tels services. Mais cela ne concerne seulement des entreprises qui tentent de s'adapter à la demande d'immédiateté de diffusion des séries. Aucune en France n'a encore développé de service de vidéo à la demande sans s'appuyer sur les droits que pourraient procurer une chaîne de télé.

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Comme le précise Gilles Pezet du cabinet NPA, spécialisé dans le secteur des médias et des services numériques :

 En France, à l'heure actuelle c'est assez brouillon. C'est plutôt difficile pour un consommateur de s'y retrouver, le marché n'est pas stabilisé et on est loin d'un Netflix ou d'un LoveFilm.

Derrière l'offre à la demande, il faut aussi prendre en compte des divergences structurelles en les États-Unis et la France : aux USA, il ne faut que 11 à 12 mois d'attente avant qu'un film soit disponible à la demande. En France, c'est 36 mois, soit trois ans d'attente. Ceci explique la faiblesse de l'offre de SVOD en France et des comportements de consommateurs peu enclins à se précipiter sur ce type de service vidéo.

L'objectif de Netflix : 90 millions de clients

Netflix fait pour l'instant figure d'exception..., ou d'avenir ? Difficile de prévoir, mais son modèle est suffisamment efficace, prometteur et bénéficiaire pour que d'autres s'y conforment et essaient de suivre son chemin. Pour l'instant, les créateurs de l'entreprise profitent de cette position monopolistique pour gagner de l'argent, beaucoup d'argent.

Affiche de Hemlock Grove, la nouvelle série d'horreur produite par Netflix

Même s’ils ont dépassé le milliard de recettes en chiffre d’affaire, leur but est d’aller encore plus loin. Selon l’objectif fixé par le patron du service, Reed Hastings, ils veulent en arriver à 90 millions de clients dans le monde à terme.

La question reste posée : l'avenir de la télévision de divertissement, se joue t'elle dans la VOD ? Dans un monde où les emplois du temps en terme de divertissement sont bouleversés (tout, tout de suite), il semblerait que cette situation soit la plus adaptée aux nouveaux besoins générationnels. Avec une offre légale au catalogue fourni, un tel service permettrait de contourner le problème posé par le piratage. Et de concilier les besoins des spectateurs avec ceux des chefs d’entreprise.

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Par Lorraine Besse, publié le 28/04/2013

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