Aux Etats-Unis, Netflix et le streaming légal sont en train de tuer le piratage

Selon un rapport paru le 7 décembre, le streaming compte pour 70% du trafic Internet nord-américain, quand BitTorrent n'en représente plus que 5%.

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Nous avons basculé dans l'ère post-piraterie. Alors que les années 2000 étaient celles des grands méchants Napster, Kazaa et eMule qui devraient fracasser l'industrie du divertissement sous le poids du peer-to-peer, les années 2010 ont vu émerger, tardivement, son contre-pouvoir : le streaming, sous sa forme légale et payante. Aujourd'hui, majors et studios hollywoodiens peuvent souffler : leur petit business est sauf, et le streaming a vaincu l'hydre du téléchargement illégal.

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Dans un  rapport publié par le fournisseur de réseau de communication Sandvine et publié le 7 décembre, il apparaît qu'aux heures de pointe d'Internet (généralement, après une journée de boulot, sauf pour ceux qui matent tranquillement des séries dans leur open space), le streaming audio et vidéo rassemble 70% du trafic.

Il y a 5 ans, le streaming ne comptait que pour 35%. Une progression spectaculaire incarnée par trois plateformes qu'on peut déjà citer de tête : Amazon (3%), Youtube (18%) et, au-dessus de la mêlée, Netflix, avec 37% de part de trafic et un nom transformé en verbe, synonyme de "regarder une série sur une plateforme de streaming légal payante".

Salut à toi, peer-to-peer

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Du côté des gloires déchues de l'Internet à papa, la chute se poursuit : BitTorrent, dernière tête de gondole du téléchargement illégal par torrent, dépasse à peine les 5% de trafic. En 2008, la plateforme rassemblait 31% des activités. Et c'est à l'aune de ce chiffre que l'on mesure pleinement la révolution qu'ont apporté Netflix, Spotify, Amazon et les autres dans nos comportements de consommateurs.

Émerveillés par la prouesse de télécharger gratuitement un film ou un album, nous n'étions alors pas très regardants sur la qualité. Aujourd'hui, on préfère donner quelques euros à Netflix pour s'éviter un épisode de série en streaming illégal en 360p sur un lecteur au flux toussotant.

De même, la frénésie de téléchargement s'est essoufflée à mesure que les disques durs se sont remplis de films et d'albums obtenus mais jamais consommés, alors que le catalogue de streaming, lui, s'étoffe en permanence. Et le marché du streaming légal a encore faim, à l'image de son leader Netflix, qui vient d'annoncer qu'il doublait le nombre de ses séries originales, passant de 16 à 31.  Salut à toi, réseau peer-to-peer. On se sera quand même bien amusés.

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Par Thibault Prévost, publié le 10/12/2015

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