Orange Is the New Black : la série du moment ?

Et si la nouvelle série Netflix, Orange is The New Black, était actuellement la meilleure de la rentrée ? Plongée dans l'univers carcéral de cette première saison de qualité.

Piper Chapman au centre de Orange is The New Black (Crédit Image : Netflix)

A ma droite, un politicien imposant, racoleur, un ambitieux de première classe : le génial Kevin Spacey au sommet de son art. A ma droite, une femme, blonde, veste orange qui pète et large pantalon beige : Kate Mulgrew, mèche sur un œil, option actrice qui débarque. Elle, elle incarne une jeune femme qui intègre une prison pour… femmes.

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La première histoire, vous la connaissez bien : House of Cards. Primée aux Emmy Awards grâce au travail de David Fincher. Les personnages sont puissants, bien habillés, la logorrhée est maîtrisée. Derrière leurs sourires carnassiers se cache une violence politique.

La deuxième est arrivée au mois de juillet. Il s’agit de Orange is The New Black et elle n’a qu’un seul point commun avec House of Cards, son géniteur, Netflix. Pas de réalisateur(s) ou d’acteur(s) star(s) pour un sujet qui plonge dans un décor peu exploité dans les séries, la prison. On se retrouve dans les dessous de la société américaine.

Piper Chapman, parfaite héroïne

Place aux « cas » sociaux, à la dureté des barreaux, aux parloirs frustrants et à une prison qui a ses petites histoires comme une vieille dame aurait ses petites manies. On suit Piper Chapman, fraîchement fiancée, petite bourgeoise qui voit son passé la rattraper. Un épisode « drogue » l’a renvoyé par la case prison. A deux ans près, elle y aurait échappé. C’est con.

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Avec Orange is The New Black, on ne fuit pas la prison (cf. Prison Break) : on l’embrasse, on essaie de la comprendre, on y reste. La créatrice Jenji Kohan nous fait signe de nous asseoir à côté d'elle. On évalue. On regarde défiler les personnages secondaires pour saisir leurs implications différenciées dans le système pénitencier de Chielfed, miroir non déformé d’une société américaine schizo.

Jenji Kohan réussit ici le pari de s’immiscer dans un lieu fermé pour mieux aborder, ouvertement, des thématiques. Tout y passe, sans que les tribulations de Piper et de ses camarades n’en soient affaiblies : le communautarisme prégnant, le fanatisme religieux, le mensonge et les dérives à la tête des responsables, une justice qui ne veut rien savoir.

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Le vernis des relations entre les filles et le personnel de la prison est recouvert de ces dimensions qui vont bien au-delà d’une simple rencontre entre une femme et des barreaux.

Une mini-société encadrée

Car ce n’est pas une prison qu’on approche mais une communauté régie par ses us et ses règles. On est impuissant quand Piper ne bouffe pas. Mais c’est le jeu. On est impuissant quand une détenue meurt. Mais c’est le jeu. Sartre (tout comme Youssoupha), dans son Huis clos, disait que « l’enfer [c’était] les autres ». Dans Orange is The New Black est d'accord : les « autres » sont autant le problème que la solution. La clé pour vivre ou la clé pour voir son identité être détruite à coup de passages au trou.

Bien jouée, bien tournée, la série de Jenji Kohan trouve son rythme de croisière dans une première saison surprenante de réalisme.

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Par Louis Lepron, publié le 14/10/2013

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