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Orange Is the New Black rebat les cartes dans une saison 5 addictive

Pour leur cinquième tour de piste, les prisonnières de Litchfield comptent bien nous faire passer du rire aux larmes. Attention, spoilers.

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Cinq ans, cinq saisons. Production pionnière de Netflix en tandem avec House of Cards, la série carcérale de Jenji Kohan squatte nos plannings depuis 2013. À chaque fin de printemps, le rendez-vous est pris et ce vendredi 9 juin a été attendu par beaucoup comme le messie. Mettant fin à son hiatus annuel, Orange Is the New Black fait son come-back et passe la cinquième. Un cap pas toujours facile à franchir dans le milieu des séries, d’autant plus dans une œuvre filmée en huis clos. Alors le défi est-il réussi haut la main ? Oui, mais avec quelques petites nuances.

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Au terme de la saison 4, le carton de Netflix nous laissait le souffle coupé alors qu’une révolte venait d’éclater à Litchfield, dans la foulée de la mort bouleversante de Poussey. Les ultimes secondes du season finale abandonnaient la jeune Daya qui mettaient en joue un garde à terre pendant que les autres détenues lui hurlaient d’appuyer sur la détente. Après un final monté en crescendo, Orange Is the New Black maintient la tension à son comble en adoptant un nouveau format. Cette année, l’intrigue, reprenant là où tout s’était arrêté, est condensée sur trois journées consécutives dans la vie des prisonnières.

On ne va pas se mentir : ce remaniement scénaristique représentait un pari risqué pour Jenji Kohan et son équipe. Le verdict ? Il y a des hauts et des bas. En étirant trois journées sur treize épisodes, des longueurs étaient inévitables. Des storylines périphériques, comme celle de Red et Rosa sous coke en plein bad trip paranoïaque, prennent trop de temps à avancer. D’autres, en revanche, auraient peut-être mérité davantage de temps à l’écran, à l’instar de la rivalité entre Pennsatucky et les néonazies aux crânes rasés.

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Dans la même perspective, cette cinquième salve est nettement plus avare en flash-back. Par le passé, ces courts instants permettaient d’approfondir les personnages et venaient souvent remettre en question les idées préconçues qu’on pouvait avoir à leur égard. S’ils venaient aérer la narration lors des cuvées précédentes, les flash-back de cette saison 5 paraissent superflus, prenant des airs d’embûches qui ralentissent l’action. Bref, ça, c’était pour les côtés moins reluisants. En dépit de ces légères imperfections, Orange Is the New Black nous sert une saison plus que convaincante.

Ces treize nouveaux épisodes font notamment la part belle à Taystee, toujours aussi solaire en plein deuil de son inséparable acolyte. Épaulée par Black Cindy et Watson (voire Chapman dans une moindre mesure), elle semble vouloir s’isoler de ses camarades, ces dernières ne souffrant pas de la même perte. Pour ça, il faudrait qu’elle se tourne vers Brook, girlfriend de Poussey avant son décès soudain. Évoluant en parallèle, ponctuellement en opposition, les deux personnages permettent à Orange Is the New Black d’évoquer le deuil et ses différentes manifestations.

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Au fil de la saison, une maigre poignée de détenues se détache des autres. On pense alors à Red et son histoire traumatisante avec Piscatella, ou encore à Crazy Eyes et son évolution graduelle vers la folie, se retrouvant sans médocs pour calmer ses nerfs pendant ces trois jours. Encore davantage qu’auparavant, son personnage bouleverse autant qu’il surprend. On prend très vite conscience qu’Uzo Aduba n’a pas décroché ses multiples Emmy Awards par l’opération du Saint-Esprit. L’actrice est bluffante dans les scènes émotionnelles, excellant à mettre en lumière la confusion de Crazy Eyes en cette période d’émeute.

Fidèle à son statut durement mérité de dramédie, Orange Is the New Black délivre une dose conséquente de moments désopilants. Pour Jenji Kohan, cette saison était de toute évidence un exutoire, lui permettant des folies que le milieu carcéral oppressant l’empêchait de faire. Les personnages sortent de leur train-train quotidien et se découvrent sous un nouveau jour, rendant parfois la série moins réaliste qu’à l’accoutumée. On pense tout de go à la compétition façon America’s Got Talent ou encore à une scène d’imitations à pleurer de rire. La palme de l’humour revient forcément à Flaca et Maritza, lesquelles deviennent youtubeuses beauté et bricolent une perche à selfies… avec une ventouse.

Au bout du compte, cette cinquième saison vient contrebalancer la précédente, beaucoup plus pesante et dure à digérer avec ses thématiques sombres. Cette cuvée 2017 se présente avant tout comme une immersion ingénieuse dans l’instinct de survie humain, où chaque détenue y va de ses propres motivations. Si certains moments paraissent brouillons, ce séjour temporaire à "Bitchfield" demeure plaisant et toujours aussi addictif. La saison se clôture sur un dénouement déchirant dont il est impossible de sortir indemne. Autrement dit, prévoyez la boîte de mouchoirs.

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L’intégralité d’Orange Is the New Black est disponible dès maintenant sur Netflix.

Par Florian Ques, publié le 09/06/2017

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