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Panthers, une mini-série ambitieuse sur les traces de la criminalité internationale

Ambitieuse fresque de la criminalité européenne mêlée à des trajectoires intimes, la mini-série Panthers débute ce lundi 26 octobre sur Canal +. Review. 

Jérôme Pierrat, journaliste d'investigation français spécialiste des questions de criminalité organisée, se trouve à l'origine de ce projet de fiction sur le grand banditisme international, représenté par les Pink Panthers. L'homme a enquêté sur ce gang de braqueurs venu des Balkans, qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, en attaquant des bijouteries dans les grandes capitales européennes. Devenus très médiatiques à la suite d'opérations spectaculaires, ils opéraient à visage découvert, prenant la fuite en moto ou en bateau, le tout en évitant d'avoir du sang sur les mains.

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La série prend place à notre époque, alors que les Panthers sont sur le déclin. On suit trois trajectoires liées les unes aux autres après que le casse d'une bijouterie à Marseille remette sur le devant de la scène le fameux gang de braqueurs. Sur place, le flic Khalil (Tahar Rahim) tente d'y voir plus clair. À Londres, Naomi (Samantha Morton), une experte travaillant au service d'une compagnie d'assurance, est chargée de retrouver la trace des diamants. Milan (Goran Bogdan), un ex-soldat des Balkans et ex-Panthers, se retrouve au coeur du braquage, et refait face à son passé en se rendant à Belgrade, en Serbie.

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John Hurt et Samantha Morton assurent le côté anglais de la narration dans Panthers. (©Haut et Court / Canal+)

Puzzle géopolitique

Écrite par Jack Thorne (Skins, Glue, This is England 90') avec la collaboration de Jérôme Pierrat, cette mini-série composée de six épisodes peine quelque peu à démarrer après une impressionnante scène de braquage. Les connections entre les personnages et leurs véritables motivations n'apparaissent que tardivement. Cela peut donner l'impression d'un manque de cohérence générale.Et puis si les Pink Panthers, leurs origines et leurs codes d'honneur, sont bien présents en filigrane, ils ne constituent que la partie émergée de l'iceberg (le nouveau visage de la criminalité européenne) auquel s'intéresse réellement cette fiction. 

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Pour peu que l'on s'accroche, la deuxième partie de Panthers révèle tout son potentiel, de la peinture de la nouvelle criminalité organisée - où les voyous s'infiltrent dans les milieux de pouvoir et s'achètent une nouvelle virginité - aux trajectoires dramatiques des trois protagonistes principaux. Les cas de Milan et Khalil, chacun entretenant une relation chargée en émotion avec son frère, sont assez proches. Quant à Naomi, un épisode flashback (le cinquième) se déroulant en 1995 - alors que la guerre fait rage en Bosnie-Herzégovine entre Serbes, Croates et Bosniaques - permet enfin de la replacer dans ce puzzle.

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Milan (Goran Bogdan), l'ex-Panthers entraîné malgré lui dans un engrenage. (©Haut et Court / Canal+)

Interprétée avec justesse par un trio d'acteurs impeccables (la trop rare Samantha Morton, Tahar Rahim et Goran Bogdan), réalisée avec une vraie ampleur cinématographique par Johan Renck, Panthers a de la gueule. La série a bénéficié d'un budget de 20 millions d'euros pour ses six épisodes, et ça se voit. Alors certes, ce thriller clinique sacrifie par moments la psychologie des personnages à son obsession de réalisme géopolitique. Certains arcs narratifs, notamment celui qui suit Tahar Rahim à Marseille, auraient mérité plus de temps pour se développer correctement, voir presque une série à part.

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Mais une fois visionnée dans sa globalité, force est de constater que Panthers a réussi son pari : nous faire comprendre les enjeux et les rouages de la nouvelle criminalité internationale.

Note : 3/5

Par Marion Olité, publié le 26/10/2015

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