Pourquoi The 100 mérite toute votre attention

Si vous ne connaissez pas encore The 100, dont la saison 3 vient de débuter sur la CW, le blogueur Hugo Clery vous explique pourquoi il est temps de vous y mettre.

Grosse surprise SF de ces deux dernières années, The 100 est une série qu’on aurait pu vite condamner par son traitement "yound adult" de l’univers post-apocalyptique. Au final, elle n'a pas manqué de nous surprendre au cours de ses deux premières saisons. Et la troisième arrive cette semaine sur la CW.

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La genèse

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Diffusée sur la CW, The 100 se déroule dans un monde post-apocalyptique où les humains ont fui une terre devenue inhabitable suite à une catastrophe nucléaire. Ce qu'il reste de l’humanité vit dans un vaisseau bibliquement nommé "L’Arche". L’oxygène venant à manquer, le gouvernement décide d’envoyer 100 délinquants juvéniles sur la Terre, juste pour vérifier, sans se mouiller, si elle est encore vivable.

Ces adolescents, qui portent des bracelets envoyant aux adultes dans l’espace leurs signes vitaux, doivent maintenant survivre seuls. Pensez à After Earth sans la famille Smith, mais avec des mannequins soigneusement maquillés à la boue. Car bien évidemment, tous ces teens hyper-canons tombent amoureux aussi vite que dans un épisode de Gossip Girl.

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On pourrait alors se dire que le cahier des charges de la CW est rempli : circulez, il n’y a rien à voir, non merci, je me suis endormi au bout de 5 minutes devant Divergente. Et pourtant, la série surprend par le traitement de son sujet et l’évolution de ses personnages.

Adaptée de la saga littéraire éponyme de Kass Morgan, The 100 était en projet avant même la publication du premier livre, le développement d’un film ou d’une série pouvant débuter sur la seule base d’un pitch aux US. Cette histoire d’adolescents survivant dans un milieu hostile et s’organisant en une société de plus en plus primitive évoque immanquablement le roman “Sa Majesté les mouches” de William Golding. Une influence manifeste (le showrunner Jason Rothenberg en a même parlé lors du dernier Comic-Con), dont The 100 s’émancipe pour suivre sa propre voie.

Les seuls points communs avec le matériel littéraire original sont les quelques gros twists de la série. Les personnages principaux ont été réécris, de nouveaux protagonistes voient le jour dans le show, et certains points de l’intrigue diffèrent par rapport aux livres. Pour le meilleur.

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Un survival sans concession

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The 100 est avant tout une histoire de survie. Cette thématique demeure le fil rouge des deux premières saisons : jusqu’où serait-on prêt à aller pour rester en vie ? La question se pose à la fois pour la société humaine dans l’espace, et surtout à nos 100 survivants débarqués sur Terre. Tout est question de compas moral, de compromis et de conséquences. Que juger, entre les actions et leurs conséquences, pour les définir moralement acceptables ?

The 100 ne lésine pas sur ses questions, les traitant sérieusement, avec des dénouements qui peuvent surprendre pour une série diffusée sur la chaîne de Vampire Diaries (et sur France 4 chez nous). Au fil des deux saisons, elle aborde des décisions politiques (et donc collectives), mais aussi individuelles, qui façonnent ses personnages avec des arcs narratifs forts.

On y parle aussi de religion, de stress post-traumatique, de sacrifice. Chaque décision devient un challenge, surtout quand le monde ne cesse de s’ouvrir et d’accueillir de nouveaux personnages et de nouvelles factions. Rien n’est figé, tout avance à cent à l’heure. L’intrigue distille un sentiment d’urgence permanent, sans oublier de proposer une grande diversité thématique.

Des personnages qui évoluent

On serait tenté de vite juger assez vite les personnages devant le pilote : exposer tout un monde en 40 minutes ne permet pas de s’appesantir sur leur caractérisation. Par la suite, The 100 s'attache à démontrer ce que ce monde post-apocalyptique inflige à ceux qui y (sur)vivent. L’instinct de survie change inévitablement les gens, leurs moralités mais aussi leurs motivations.

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Rien n’est figé. La limite entre les "bad guys" et les "good guys" devient de plus en plus en fine. Rien n’est simple : les actions et les conséquences des uns et des autres ont une influence notable sur la diégétique de l'histoire. Les personnages influencent leur monde et inversement.

Certains, discrets en première saison, prennent de l’ampleur dans la deuxième, parce que ce monde l’exige. Les personnages de The 100 évoluent sans cesse en démontant les clichés.

Alors oui, on y voit encore des adolescents s’entretuer, mais le show se démarque clairement des franchises "young adult" style Hunger Games ou Divergente grâce à sa vision politique et sociétale tout sauf manichéenne. Ici, pas question de mettre chacun dans des cases et d'articuler toute l’intrigue sur leur émancipation du système. La thématique est abordée avec ambiguïté et sans la grandiloquence simpliste et habituelle du genre.

La série n’évite pas certains poncifs : amourettes forcées et parfois insipides, grosses ficelles narratives pour faire avancer l’intrigue, sans oublier une réalisation pas franchement remarquable. Mais en persévérant, on se rend compte que The 100 mérite toute notre attention par ses choix d’écriture surprenants et audacieux. On ne saurait trop conseiller aux réfractaires d’y regarder à deux fois avant de condamner la série trop vite. De notre côté, on ne regrette pas d’avoir persévéré.

Par Hugo Clery, publié le 22/01/2016

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