Pretty Little Liars tire (enfin) sa révérence sur un final acceptable

Après sept ans de mauvais mais loyaux services, la série Pretty Little Liars s’est achevée ce mardi 27 juin sur un series finale loin d’être transcendant mais qui fait le job.

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Il est conseillé d’être à jour sur la série avant de poursuivre la lecture de cet article.

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Voilà, c’est fini. On a dû faire nos adieux à Aria, Hannah, Spencer, Emily et Alison, non sans une pointe de soulagement. Notre relation avait si bien commencé, Pretty Little Liars, mais tu nous as perdus dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres et la rupture semblait inévitable. Entre les déboires amoureux, les mensonges familiaux et les dangers fantasques, la vie de la bande de copines de Rosewood n’a jamais vraiment été de tout repos.

Cette dernière saison – la septième ! – laisse un goût amer, tant les twists qui se sont enchaînés étaient mauvais. Pretty Little Liars est certes un teen drama, mais à l’ère de la Peak TV, d’autres shows pour ados ont émergé, tels que Riverdale ou 13 Reasons Why, pour donner un coup de neuf à ce genre, souvent méprisé. La série des petites menteuses aurait pu suivre le mouvement en changeant sa trajectoire initiale, mais elle a préféré rester dans sa zone de confort, naviguant entre le drama et le soap opera. Et son series finale n’échappe pas à cette triste règle.

Une fin plutôt honnête mais sans grandes émotions

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Bon, au moins, avec ce series finale, on aura obtenu les réponses à nos plus grandes interrogations, c’est déjà ça. Après avoir découvert, dans l’épisode précédent, que Mona avait tué Charlotte, dans une bagarre digne des meilleurs films de kung-fu (c’est de l’ironie), la grosse question était de savoir qui était véritablement A.D. ? Et là, le final, qui commence par un petit bond dans le temps, a le mérite de nous fournir une histoire assez cohérente. Il s’agit, en fait, d’Alex Drake, la sœur jumelle maléfique de Spencer, et demi-sœur de Charlotte Drake, aka Charles Di Laurentis, demi-frère d’Alison. Vous suivez ? Si, si, ça tient debout, je vous jure.

Grâce à des easter eggs et des flash-back plutôt sympas, on comprend que les filles ont subi les méandres d’une sombre histoire de famille concernant les Hastings, les Di Laurentis et les Drake (pas le rappeur, hein). Mary Drake, la sœur de Jessica Di Laurentis, se faisait passer pour elle dans sa relation adultérine avec le père de Spencer. De cette histoire sont nées Spencer et Alex, qui ont été séparées malgré elles à la naissance, la première allant chez les Hastings, la deuxième terminant dans une famille anglaise puis en orphelinat. La résolution de l’intrigue n’a rien d’original en soi, puisqu’elle reprend la même trame que la vie de Charlotte. Cette dernière était la demi-sœur d’Alison et a été rejetée par sa famille, d’où sa soif de vengeance.

Avec Alex Drake, c’est un bis repetita que I. Marlene King nous a livré. Mais la showrunneuse a réussi à connecter la majorité des fils qu’elle a tissés dans la toile qu’est Pretty Little Liars en dévoilant que le sexy, mais moins charmant, Wren était dans le coup, et que le malheureux a trépassé, non sans avoir servi une dernière fois à Alex. En effet, on apprend que c’est lui le père des bébés d’Alison et Emily. Tout a été révélé et pourtant, cette fin est loin d’être transcendante. Même si l’intrigue en elle-même était trop alambiquée au fil des saisons, les révélations tant attendues dans cette dernière salve d’épisodes font chou blanc, pâtissant d’un désintérêt croissant pour la série et d’un étirement en longueur, qui ont laissé trop de place aux multiples théories des fans.

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Un sentiment de déjà-vu

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Le coup de la sœur ou jumelle maléfique, on le connaît par cœur puisque ce n’est pas la première fois que l’utilisation du dopplegänger intervient dans Pretty Little Liars. Seulement, n’est pas David Lynch qui veut. Et puis tous les retournements soapesques s’enchaînent trop rapidement dans ce dernier épisode, même si certains ne sont pas déplaisants : tout le monde se marie, tout le monde veut faire des bébés (sauf Aria, qui est stérile) et les parents, qui reviennent d’on ne sait où, se réveillent enfin.

Annoncé comme un long season finale, l'épisode a en fait duré 1 h 30. Ils ont dû bien capter qu’un final de deux heures serait trop, trop long. Certains faits sont plutôt risibles, comme le tout début WTF de l’épisode avec l’arrivée de Jena sur un cheval blanc et la danse de Lucas. Mais surtout, c’est le bunker d’Alex, oscillant entre un vaisseau spatial cheap et une baraque de savant fou, qui est le plus drôle, ainsi que la partie de cache-cache d’Ezra et Spencer dans le décor fictif de Rosewood. Mais avouons qu’on est habitués à ce genre de mises en scène ridicules depuis un bon moment.

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À force de nous embrouiller, I. Marlene King a quand même réussi l’exploit de proposer un season finale cohérent alors que beaucoup d’énigmes restent non résolues, tant notre mémoire sur sept ans nous joue des tours. Mais quand même, la showrunneuse nous a fait tout un flan avec l’inspecteur Tanner, Melissa, Jason, le NAT Club, Paige et autres petits sbires d'A et A.D. pour finalement les laisser totalement de côté. Puis Lucas, l’éternel outsider, qui était pourtant ultra-pote avec Charles, devenu Charlotte, est complètement passé à la trappe. Reste alors Jenna, qui deviendrait presque sympathique à la fin.

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Et puis, la toute fin est quand même assez facile avec le parallèle entre Alison et Addison, la nouvelle peste du lycée de Rosewood. La petite blonde et ses copines font une soirée dans une grange et Addison disparaît dans la nuit comme Alison avant elle. Rings a bell ? Enfin, Mona continue le jeu en s’amusant avec Alex et Mary dans une maison de poupées. Un sentiment de déjà-vu, peut-être ? Au moins, on peut dire que la boucle est bouclée, non ?

C’est donc avec ce final sobrement intitulé "Til DeAth Do Us PArt", qui est devenu l’épisode le plus tweeté de 2017, que Pretty Little Liars s’est enfin achevé. La série, qui a popularisé le live tweeting trend et qui peut se targuer d’avoir une fanbase solide, a malheureusement perdu de sa splendeur au fil des saisons. Pire qu’un plaisir coupable, le teen drama rentrait peu à peu dans la catégorie "hate-watching". Il est donc enfin temps pour toute une génération d’adolescents de dire au revoir à nos jolies petites menteuses, entre soulagement et petite tristesse tout de même, sauf si I. Marlene King se lance dans son projet de spin-off. Par pitié, non.

Par Mégane Choquet, publié le 29/06/2017

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