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Quadras, une dramédie à l’américaine autour d’un mariage catastrophique

La quarantaine, c’est pas toujours facile. Une chose est sûre : ce ne sont pas les héros de Quadras qui vont prétendre le contraire.

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Un mariage, c’est l’union de deux êtres qui s’aiment et veulent passer le restant de leur vie ensemble. Oui, enfin ça, c’est en théorie. Du côté de Quadras, un mariage représente surtout l’occasion de déballer les secrets les plus gênants de tous les convives, à commencer par ceux des deux heureux élus. Juste équilibre entre comédie et drame, la dernière fiction de M6 s’attaque à une tranche d’âge souvent laissée pour compte et sujette aux a priori : les quadragénaires.

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Dans cette série aux (très légers) faux airs du film Les Petits Mouchoirs, les comédiens François-Xavier Demaison et Alix Poisson prêtent leurs traits à Alex et Agnès, un couple complètement raide dingue l’un de l’autre, sur le point de se passer la bague au doigt. Dès lors, les huit volets de Quadras nous entraînent dans la cérémonie de leur union… pour le moins tumultueuse. Chacun des épisodes se focalise sur un ou deux invités, creusant leur histoire à l’aide de flash-back. Le meilleur pote play-boy, la stalkeuse décérébrée, la trophy wife tout droit importée des pays de l’Est… Le show fait les présentations avec toute une galerie de personnages hauts en couleur, mais aussi étrangement familiers.

Car oui, sous son apparence de fiction gentillette bien de chez nous, Quadras ressemble à s’y méprendre à une dramédie made in USA (qu’on imaginerait d’ailleurs facilement rebootée de l’autre côté de l’Atlantique). La série de M6 s’amuse avec des stéréotypes habituellement américains pour conduire à des situations cocasses, mais parfois poussives. Le résultat n’est pas hilarant, principalement car le show sait instiller avec parcimonie une dose appréciable de mélodrame. L’influence des séries états-uniennes se fait également ressentir par un autre aspect : le plot twist.

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Au terme du second épisode, la série propose une révélation pour le moins désarçonnante, venant chambouler aussi bien la vie des personnages que l’opinion du téléspectateur. Cette nouvelle information fait office de rebondissement destiné à faire avancer l’intrigue, mais sert également de cliffhanger, incitant le téléspectateur à rempiler en deuxième semaine pour en apprendre davantage. Ce n’est pas nouveau, les fictions bleu-blanc-rouge ont toujours du mal à maîtriser ce genre de ressort scénaristique, et pourtant Quadras s’en tire avec les honneurs.

Mais ce n’est pas là où Quadras puise réellement sa force. Au-delà de son influence résolument américaine, la série de M6 excelle dans sa façon de traiter la quarantaine, trop souvent assimilée à une crise identitaire définitivement irrationnelle. Il est vrai qu’Alex, le futur marié, correspond dans un premier temps à ce stéréotype. Pour autant, le personnage gagne par la suite en profondeur, et en légitimité. 40 ans, ce n’est plus l’âge où on s’embourbe dans une relation routinière avec une flopée de prêts bancaires sur le dos.

Avec une simplicité qui fait du bien, le show dépeint une tranche d’âge où les attentes sociales ne sont pas toujours comblées. Dans Quadras, on a beau avoir la quarantaine révolue, on peut être célibataire, marié, enchaîner les conquêtes ou bien se montrer épanoui dans son domaine professionnel. Cette saison inaugurale de la série s'appuie sur les prestations louables de ses acteurs, dont certains sont déjà familiers des sériephiles comme Charlie Bruneau (Loin de chez nous) et Stéphan Wojtowicz (Engrenages). En clair, sans être innovante dans son ensemble, Quadras reste une charmante réussite pour M6 qui s’essaye à un genre différent de ce qu'elle offre habituellement. En ça, on ne peut qu’applaudir.

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Quadras est diffusée tous les mardis sur M6 à 21 heures, à partir du 19 septembre.

Par Florian Ques, publié le 19/09/2017

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